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Saints Corneille et Cyprien

Lorsque le calendrier liturgique fête deux saints, c’est soit qu’ils étaient proches et sont morts martyrs en même temps, soit qu’ils sont tout simplement les deux premiers sur la liste du martyrologe. Pour ce qui est de Corneille et de Cyprien ce n’est ni l’un ni l’autre. Le pape et l’évêque de Carthage étaient contemporains, mais ils ne se sont jamais rencontrés, et ils sont morts à cinq ans d’intervalle. Toutefois ils étaient en constante relation. La papauté de Corneille étant contestée, Cyprien convoqua un synode, fit faire une enquête et montra que Corneille était le pape légitime et était innocent de ce dont l’accusait celui qui s’était fait pape à sa place. Puis il mit sa grande influence de primat d’Afrique, en quelque sorte, au service du pape. Les deux hommes échangèrent des lettres qui sont émouvantes quand elles évoquent le martyre imminent.

Ce qui est peu banal dans le martyrologe de ce jour est qu’on y trouve deux autres papes. L’un est saint Martin Ier :

« Ayant assemblé à Rome un concile où il condamna les hérétiques Sergius, Paul et Pyrrhus, il fut saisi par ruse, sur l'ordre de l'empereur hérétique Constant, conduit à Constantinople et relégué dans la Chersonèse ; épuisé par les peines qu'il avait endurées pour la Foi Catholique, il y finit ses jours et devint illustre par ses nombreux miracles. Son corps fut, dans la suite, porté à Rome, et placé dans l'église des saints Silvestre et Martin. »

Ce saint Martin pape, mort un 16 septembre, a sa fête le 12 novembre, qui était d’abord la fête de saint Martin… de Tours.

L’autre est Victor III, mort le 16 septembre 1087, inscrit au martyrologe par… Léon XIII, alors qu’il bénéficiait d’un culte déjà 60 ans après sa mort, particulièrement au Mont Cassin. En réalité Victor III fut d’abord un des grands abbés du Mont Cassin, sous le nom de Desiderius. Abbé de 200 moines, il construisit la basilique, consacrée par le pape Alexandre II dont il fut le légat pour une grande partie de l’Italie, avec pleins pouvoirs pour nommer évêques et abbés. Puis il fut conseiller et diplomate de saint Grégoire VII, et à la mort de celui-ci il fut élu pape, contre son gré. Il résista tellement que finalement on le kidnappa dans l’église où il s’était réfugié, on le revêtit des ornements pontificaux et on lui donna le nom de Victor. Mais Rome était aux mains d’un antipape soutenu par l’empereur. Ce n’est qu’un an plus tard qu’il put entrer dans la Ville et être intronisé. Une semaine plus tard il retournait au Mont Cassin. Puis il revint pendant un mois, jusqu’à ce que revienne à son tour l’antipape. Le 5 août 1087, alors qu’il présidait un concile destiné à renouveler l’excommunication de l’antipape, à condamner des hérétiques et les investitures laïques, une armée constituée par les grandes villes marchandes, sous la bannière de saint Pierre, prit la ville de Madhia en Tunisie, détruisit les installations des pirates et libéra les prisonniers chrétiens. Certains historiens font de cette expédition le début des croisades. Intronisé le 24 mai 1086, Victor III mourut au Mont Cassin le 16 septembre 1087. Selon l’historien Orderic Vital, il tomba malade en devenant pape, au point que « c’est à peine s’il put terminer une seule messe ».

Le martyrologe dit :

« Au Mont Cassin, le bienheureux pape Victor III, successeur de saint Grégoire VII. Il illustra d'un nouvel éclat le siège apostolique et, avec le secours divin, obtint un magnifique triomphe sur les Sarrasins. Le souverain pontife Léon XIII a approuvé et confirmé le culte qu'on lui rendait de temps immémorial. »

C’est cet « insignem de Saracenis triumphum » qui m’a incité à aller voir de plus près.

C’est aussi le jour du martyre de sainte Cécile, dont la fête fut fixée au 22 novembre.

Commentaires

  • Saint Cyprien ne voudrait-il pas nous faire un miracle ?

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