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7e jour dans l’octave

En ce jour, dans l'Année liturgique, dom Guéranger donne la séquence suivante, qu’il présente ainsi : « Célébrons encore la joyeuse Naissance, en empruntant à nos anciens Missels Romains-Français cette antique Prose, où respire la piété des siècles de foi. » Le site Cantus nous montre que cette pièce était très répandue, et chantée le plus souvent à la messe de minuit (il y a "nocte media" dans le texte), mais aussi en un certain nombre d’endroits à la messe de l’octave de Noël.

Nato canunt omnia
Domino pie agmina,

Au Seigneur nouveau-né, tous les êtres en chœur chantent un pieux hommage.

Syllabatim neumata
Perstringendo organica.

Chaque parole a pour accord la mélodie de l’orgue. (1)

Haec dies sacrata
In qua nova sunt gaudia
Mundo plene dedita.

Jour sacré, dans lequel des joies nouvelles sont accordées au monde avec plénitude.

Hac nocte praecelsa
Intonuit et Gloria,
In voce angelica.

En cette nuit sublime, le Gloire à Dieu a retenti par la voix des Anges.

Fulserunt immania,
Nocte media,
Pastoribus lumina.

Au milieu de la nuit, des clartés inouïes ont éclaté aux yeux des bergers.

Dum fovent sua pecora,
Subito divina
Percipiunt monita :

Pendant qu’ils gardent leurs troupeaux, soudain ils entendent le message divin :

Est immensa
In coelo gloria,
Pax et in terra:

Au ciel, gloire immense, et paix sur la terre.

Natus alma Virgine
Qui exstat ante saecula.

Il est né de la Vierge féconde, Celui qui est avant les siècles.

Sic ergo coeli caterva
Altissime jubila,

Donc, milice des cieux, éclate dans les plus bruyants transports.

Ut tanto canore tremat alma
Poli machina.

A ces cris de triomphe, que le monde et ses pôles soient ébranlés.

Confracta sunt imperia
Hostis crudelissima.

Brisé est le sceptre oppresseur de l’ennemi.

Humana concrepant cuncta
Deum natum in terra.

L’humanité tout entière célèbre le Dieu né en terre.

Pax in terra reddita,
Nunc laetentur omnia
Nati per exordia.

La paix est rendue à la terre ; que tout se réjouisse de la naissance de cet enfant.

Sonet et per omnia
Hac in die gloria,
Voce clara reddita.

En ce jour que tout rende gloire, d’une voix mélodieuse et retentissante.

Solus qui tuetur omnia,
Solus qui gubernat omnia,

 Seul, il protège toutes choses ; seul, il gouverne tout ;

Ipse sua pietate
Salvet omnia
Pacata regna Amen.

Dans sa bonté, qu’il daigne sauver tous les royaumes, et qu’il les pacifie. Amen.

(1) La traduction de dom Guéranger est ici certainement fautive. Le mot « organum », d’où vient le mot « organicus », désigne d’abord tout instrument à vent, puis l’orgue. Mais au moyen âge il désigne la toute première technique polyphonique. Et c’est de cela qu’il est question ici, comme l’a montré la spécialiste Sarah Fuller (dans la New Oxford History of music), et comme l’indique explicitement le « Novum glossarium mediae Latinitiatis » (Pr. Yves Lefèvre) en citant plusieurs sources. La séquence demande donc que tout le monde, toute la création, chante la Nativité par des « neumes » qui respectent les principes harmoniques de l’organum (syllabatim: syllabe contre syllabe, c'est-à-dire note contre note), au sens large, évidemment, et notre mot harmonieux s’impose (et on peut le supprimer dans la strophe antépénultième).

Commentaires

  • Bonjour,
    Existe-t-il une partition de ce chant ? Impossible à trouver sur internet
    Merci !

  • Je ne sais pas s'il existe une partition spécifique. Le plus souvent les séquences étaient chantées sur un air déjà connu...

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