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Rorate Caeli

Le chant de l’Avent Rorate Caeli a été publié pour la première fois en 1634 dans le Directorium chori de l’Oratoire de Paris, où il était chanté depuis 1610-1615. On en attribue la paternité à « P. Bourget », prêtre de l’Oratoire. Ce prêtre est curieusement inconnu de Google… et du site de l’Oratoire de France, alors que le Rorate Caeli est un extraordinaire chef-d’œuvre, d’agencement poétique de diverses citations d’Isaïe, mais aussi des Lamentations et de l’Exode, et musical, avec cette brusque montée sur… le ciel, et la lente descente jusqu’à l’octave inférieure, la descente sur notre terre du « Juste » qui vient nous sauver. Le récitatif des strophes est lui-même de toute beauté, et il n’est pas étonnant que même des communautés protestantes (à commencer par les anglicans) l’aient adopté.

Roráte caéli désuper,et núbes plúant jústum. (bis)

Cieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.

Ne irascáris Dómine, ne ultra memíneris iniquitátis: ecce cívitas Sáncti fácta est desérta: Síon desérta fácta est: Jerúsalem desoláta est: dómus sanctificatiónis túæ et glóriæ túæ, ubi laudavérunt te pátres nóstri.

Ne vous irritez plus, Seigneur, ne vous souvenez plus désormais de notre iniquité. Voilà que la cité du Saint est devenue déserte, Sion est dans la solitude, Jérusalem est désolée, cette maison consacrée à votre culte et à votre gloire, où nos pères ont chanté vos louanges.

Peccávimus, et fácti súmus tamquam immúndus nos, et cecídimus quasi fólium univérsi: et iniquitátes nóstræ quasi véntus abstulérunt nos: abscondísti faciem túam a nóbis, et allisísti nos in mánu iniquitátis nóstræ.

Nous avons péché, et nous sommes devenus comme le lépreux ; et nous sommes tous tombés comme la feuille ; et comme un vent impétueux, nos iniquités nous ont enlevés et dispersés. Vous avez caché votre face à nos regards, et vous nous avez brisés par la main de notre iniquité.

Víde Dómine afflictiónem pópuli túi, et mítte quem missúrus es: emítte Agnum dominatórem térræ, de Pétra desérti ad móntem fíliæ Síon: ut áuferat ípse júgum captivitátis nóstræ.

Voyez, Seigneur, l'affliction de votre peuple, et envoyez Celui que vous devez envoyer. Faites sortir l'Agneau qui doit dominer sur la terre; qu'il s'élance de la pierre du désert sur la montagne de la fille de Sion, afin qu'il enlève lui-même le joug de notre captivité.

Consolámini, consolámini, pópule méus: cito véniet sálus túa: quare mæróre consúmeris, quia innovávit te dólor? Salvábo te, nóli timére, égo enim sum Dóminus Déus túus,
Sánctus Israël, Redémptor túus.

Console-toi, console-toi, ô mon peuple ! bientôt viendra ton salut: pourquoi te consumes-tu dans la tristesse? Pourquoi la douleur s'est-elle emparée de toi ? Je te sauverai, ne crains point : car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Rédempteur.

Voici ce chant par les moines de l’abbaye Saint-Benoît du Lac (congrégation de Solesmes, Québec) :


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Commentaires

  • Je découvre cette information. J'étais persuadé que la composition de ce chant était bien plus ancienne.

    Mais je suis entièrement d'accord pour le considérer comme un "extraordinaire chef-d’œuvre" !

  • Magnifique article ! Merci.

    En 1857, le compositeur polonais Teofil Klonowski,fit paraître à Poznań un recueil de chant religieux ("Les échelons vers le ciel") dans lequel il proposa une adaptation polonaise de Roráte caéli: "Niebiosa, rosę."
    Ce chant est devenu si populaire qu'il est toujours chanté de nos jours chaque matin à la messe "rorate" dans chaque paroisse du pays.(Dans la mienne l'église est pleine).

    Voici une interprétation de ce Rorate caeli polonais : https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=WSF9YPsAjbA&feature=emb_title

    J'ai traduit (rapidement) le texte pour que vous puissiez comparer avec l'original. la langue en polonais est belle.

    1.Niebiosa, rosę spuśćcie nam z góry,
    Sprawiedliwego wylejcie chmury:
    O, wstrzymaj, wstrzymaj, Twoje zagniewanie,
    I grzechów naszych zapomnij, już Panie.

    Cieux, déversez-nous depuis les hauteurs, votre rosée ;
    Nuages faites pleuvoir le Juste.
    Ô retiens, retiens ta colère
    Et oublie déjà nos pêchés, Seigneur,

    2.Niebiosa, rosę spuście nam z góry,
    Sprawiedliwego wylejcie chmury.
    Grzech nas oszpecił w nędznej postaci,
    Stoim przed Tobą, jakby trędowaci.

    Cieux, déversez-nous depuis les hauteurs, votre rosée ;
    Nuages faites pleuvoir le Juste.
    Le pêché nous a mutilé [et transformé] en un personnage misérable
    Nous nous tenons devant Toi comme si nous étions des lépreux

    3.Niebiosa, rosę spuśćcie nam z góry,
    Sprawiedliwego wylejcie ćhmury.
    O, spojrzyj, spojrzyj na lud Twój znękany,
    I ześlij Tego, co ma być zesłany.

    Cieux, déversez-nous depuis les hauteurs, votre rosée ;
    Nuages faites pleuvoir le Juste.
    Ô regarde, regarde ton peuple tourmenté
    Et envoie Celui qui doit être envoyé.

    4. Niebiosa, rosę spuśćcie nam z góry,
    Sprawiedliwego wylejcie ćhmury.
    Pociesz się, ludu, pociesz w tej niedoli,
    Już się przybliża kres twojej niewoli.

    Cieux, déversez-nous depuis les hauteurs, votre rosée ;
    Nuages faites pleuvoir le Juste.
    Rassure-toi ô peuple, rassure -toi dans cette détresse,
    Voici que s'approche déjà la fin de ton esclavage.

    5. Niebiosa, rosę spuśćcie nam z góry,
    Sprawiedliwego wylejcie ćhmury.
    Roztwórz się, ziemio, i z łona Twojego,
    Wydaj nam, wydaj już Zbawcę naszego

    Cieux, déversez-nous depuis les hauteurs, votre rosée ;
    Nuages faites pleuvoir le Juste.
    Ouvre-toi ô Terre et de Ton sein,
    Donne-nous, donne déjà notre Sauveur.

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