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François et le schisme

Lu ici :

Le pape François s’est attardé sur l’histoire des schismes, nombreux dans l’histoire du christianisme et du catholicisme. De ce survol, il a tiré une conclusion : « Les schismatiques, systématiquement, se coupent du peuple, de la foi du peuple. » Selon lui, « le chemin du schisme n’est pas chrétien ». Mais, a-t-il répété sans se lasser : « Moi, je n’ai pas peur des schismes. » Cependant, il dit « prier pour qu’il n’y en ait pas », par sollicitude pour la santé spirituelle de ceux qui seraient tentés d’en provoquer un. « Je prie pour qu’il n’y ait pas de schisme, mais je n’ai pas peur », a-t-il résumé.

Pour faire bonne mesure, François s’en est pris au contenu des critiques qui lui sont faites par ces cercles conservateurs. Il leur a reproché d’avoir une « idéologie ascétique » consistant à donner « le primat d’une morale ascétique sur la morale du peuple de Dieu ». Comme souvent, il les a qualifiés de « rigides ». « Aujourd’hui, a-t-il ajouté, nous avons tellement d’écoles de rigidité dans l’Eglise, qui ne sont pas des schismes mais qui sont des chemins chrétiens de type schismatique. Et, à la fin, ils finiront mal. »

Et là :

A la question directe de savoir s’il a peur d’un schisme, il a répondu: « Dans l’Eglise, il y a eu beaucoup de schismes ». Le pontife mentionne ce qui s’est passé avec les vieux-catholiques (« aujourd’hui, ils ordonnent des femmes mais à l’époque ils étaient rigides ») après Vatican I, et « la séparation post-conciliaire la plus connue, celle de Lefèbvre » après Vatican II. « Je n’ai pas peur des schismes, dit-il, je prie pour qu’il n’y en ait pas, parce que la santé spirituelle de beaucoup de personnes est en jeu », invoquant le dialogue et aussi « la correction s’il y a une erreur », pour éviter le « chemin du schisme » qui « n’est pas chrétien ».

Selon lui, ce qui sauve de cette possibilité qui existe toujours dans l’Église, c’est « le peuple de Dieu » qui « ajuste et aide », alors que « le schisme est toujours une séparation élitiste provoquée par une idéologie détachée de la doctrine ». « Une idéologie – a-t-il observé – peut-être juste, mais qui entre dans la doctrine et la détache ». C’est pourquoi il a dit de prier pour éviter cette éventualité, mais de ne pas la craindre parce que « c’est le résultat de Vatican II, et non de tel ou tel Pape ».

Addendum

Lire l'excellent et très argumenté article des "Chroniques du pape François".

Commentaires

  • Si le juif Jésus avait eu peur des schismes au sein de la religion du peuple de Dieu, il n'aurait jamais fondé le Christianisme...

  • Ce n'est pas juste un criminel. Il a un côté fin stratège. Il réussit dans ses entreprises. Comme Judas, Caïphe ou Attila, il laissera un nom dans l'histoire.

  • Le personnage n'est pas un intellectuel mais il a une sorte d'aura surnaturelle...malsaine.

  • Le Saint Père pour parler de" schisme" tient lui même un discours de division. On emploie aujourd'hui le mot "clivant". La vérité se trouverait dans le peuple de par lui même à l'abri de l'hérésie. La philosophie hégélienne n'est pas loin. L'élite ( étymologiquement : le chemin de Dieu) est condamnée. Les conservateurs de la doctrine ou de la Tradition sont les tenants d'une morale ascétique. On ne comprend pas la justification d'une affirmation aussi gratuite qui relève de la caricature grossière. Le Pape se réfère une fois de plus à sa propre personne( le fameux "moi je" ). Tout cela est attristant et laisse entrevoir un avenir bien sombre. Certes, la démagogie peut s'avérer payante auprès des organes de presse et des personnes mal informées. C'est toujours à très court terme. Certains commentaires de lecteurs ne suscitent pas l'approbation en ce qu'ils sont insultants pour le Pape qui est le Pape malgré tout.. Cependant le catholique qui pend sa religion un peu à cœur ne peut que souffrir d'in tel effondrement. La révolution liturgique issue du Concile Vatican II avait été douloureuse. Un petit espoir né du Pontificat de Benoit XV,I semble devoir être abandonné. Il est vrai que l'Espérance se trouve cependant dans la boîte de Pandore.

  • Même si le mot a connu des applications religieuses (désignant certains catéchumènes), étymologiquement, élite vient du latin eligere qui signifie choisir.

  • Est-il pape ?
    Il est pape si son élection en 2013 s'est déroulée sur base des règles prévues (Universi dominici gregis).
    Or, dès la sortie du conclave 2005, le sabotage du pontificat de Benoît XVI a commencé.
    Souvenez de la colère publique de Danneels devant les caméras de télé.
    Et de l'évocation des loups par Benoît XVI.

    Sur l'élection de 2013, rien ne paraît acquis.

  • J'ai vu l'interview. Et alors? par elle-même elle ne révèle rien de problématique (mais je ne suis pas docteur en théologie, juste fidèle de base).

  • Tout est au mieux dans le meilleur des mondes alors, Pangloss!

  • ... et alors ?
    Bah, ça commence à faire une sacré liste de signaux rouges...
    Heureusement qu'il y a encore Benoit XVI sinon je me ferai bouddhiste ou surtout : le Très-Haut sifflerai la fin de la partie...

    Jetez un coup d'oeil là dessus : où l'on voit que François ne se prend pas pour le Pape...
    40 s affligeantes

    https://www.youtube.com/watchtime_continue=40&v=2afNALvQq5E

  • https://www.youtube.com/watch?time_continue=40&v=2afNALvQq5E

  • Exiger des évêques qu'ils ne transforment pas les séminaires en terrains de chasse (voir rapport Vigano), c'est faire preuve d'une morale rigide qui se coupe du peuple !

  • Ainsi donc, le pape n'a pas peur des schismes. Moi non plus Car à choisir entre une "Eglise Bergoglienne" et une Eglise catholique qui se veut fidèle à sa tradition, je n'hésite pas. Car c'est bien là que se joue d'un côté une Eglise apostate et de l'autre un petit troupeau qui n'acceptera pas de se plier aux diktats des sans Dieu (dont fait partie la bande de Bergoglio). En bref en et positif, , que nous annoncent les temps d'apostasie que nous vivions, sinon le retour glorieux de notre Seigneur Jésus-Christ?

  • Bonsoir,

    En fait, il y a déjà eu l'équivalent d'un "schisme", c'est-à-dire une scission, à caractère moderniste ou d'inspiration progressiste, de grande ampleur, au minimum à partir de la publication de la célèbre déclaration de Cologne de janvier 1989.

    Et, depuis lors, les uns profitent des conséquences et les autres subissent les répercussions de cette déclaration de Cologne, qui a été une véritable déclaration de guerre de quelques centaines de théologiens européens occidentaux contre le recentrage conservateur qui a été piloté par Jean-Paul II et par le futur Benoît XVI, puis par Benoît XVI lui-même.

    Depuis mars 2013, nous ne sommes donc pas avant tout témoins et victimes des antécédents situés en amont d'un improbable schisme conservateur qui n'a pas encore eu lieu, mais nous sommes avant tout témoins et victimes de l'aggravation des conséquences d'un "schisme" anti-conservateur, ou plutôt d'une scission anti-conservatrice qui, elle, a déjà eu lieu.

    Cette scission anti-conservatrice s'est tellement affichée et assumée, en tant que telle, qu'elle a cherché une alternative pontificale et programmatique, à la fois anti-wojtylienne et post-wojtylienne, qu'elle a longtemps cru avoir trouvée en la personne du cardinal Martini, notamment entre 1993 et 2004, avant de la chercher et de la trouver en une autre personne...

    Ce sont les continuateurs et les imitateurs actuels des "scissionnistes" de janvier 1989 qui ont une lourde part de responsabilité dans les difficultés actuelles de l'Eglise catholique (d'autant plus qu'ils sont souvent "aux commandes", dans les organismes de formation et de sélection des clercs), et non les fidèles catholiques qui essaient de leur résister, pour pouvoir être et rester fidèles aux fondamentaux du catholicisme, notamment dans les domaines de la liturgie et des sacrements.

    Ainsi, tous ceux qui, parmi les catholiques, ne cessent pas de penser, voire de dire, depuis le début du pontificat actuel : "Si cela continue dans cette direction, cela va déboucher sur un schisme", devraient vraiment se demander par quoi l'année 1989 a réellement commencé, avant de se demander par quoi l'année 2019, ou l'une des années suivantes, va être éventuellement impactée : ils comprendront mieux le fil conducteur significatif qui relie les origines aux composantes de la situation actuelle.

    Bonne soirée.

    A Z

  • Un rappel très intéressant à mettre en lien avec la numérologie des huit, qui nous amène en 2021 depuis la fin du concile Vatican II : 1965, 1973, 1981 (attentat contre Jean-Paul II), 1989 (que vous venez de mentionner), 1997, 2005 (élection de Benoît XVI), 2013 (élection de Bergoglio), 2021. Cela fait 7 x 8. Si vous mettez 16, un temps, deux temps et la moitié d'un temps.

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