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Saint Barthélémy

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Omnípotens sempitérne Deus, qui hujus diei venerándam sanctámque lætítiam in beáti Apóstoli tui Bartholomǽi festivitáte tribuísti : da Ecclésiæ tuæ, quǽsumus ; et amáre quod crédidit, et prædicáre quod dócuit. Per Dóminum.

Dieu tout-puissant et éternel, de qui nous vient la religieuse et sainte joie que nous éprouvons à célébrer aujourd’hui la fête de votre bienheureux Apôtre Barthélémy, accordez à votre Église, nous vous en prions, la grâce d’aimer ce qu’il a cru et de prêcher ce qu’il a enseigné.

Cette magnifique oraison est depuis toujours la collecte de la fête de saint Barthélémy (elle était aussi une des collectes du Sacramentaire de Vérone pour la fête de saint Jean l’évangéliste). On remarque d’abord l’expression « venerándam sanctámque lætítiam ». Le mot « veneranda » veut dire vénérable, digne de vénération, de grand respect. Il qualifie soit une fête, soit une personne. Ici, et seulement ici, il qualifie… la joie. Par cette fête, Dieu nous donne une joie sainte, une joie… vénérable ? Une joie qui soit digne de la fête que nous célébrons, une joie qui procède de l’honneur que nous rendons à l’apôtre.

Puis il y a, en deuxième partie, la demande, formule parfaitement balancée en deux parties (chaque partie articulant « nous » et « lui ») qui se répondent par assonances et allitérations.

et amare              quod            credidit
et prædicare        quod            docuit.

C’est saint Augustin qu’on voit d’abord ciseler des formules de ce genre. Saint Bernard en produira des quantités phénoménales.

(Saint Barthélémy écorché portant sa peau, par Matteo di Giovanni, Sienne, vers 1480. L'œuvre se trouve au musée de Budapest.)

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