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Samedi saint

Le texte du troisième répons des matines (des « Ténèbres ») évoque la mort du Christ comme en parle Isaïe au début de son chapitre 57 (dans la version de la Septante). Le verset est pris quant à lui du chapitre 53.

℟. Ecce quómodo móritur justus, et nemo pércipit corde: et viri justi tollúntur, et nemo consíderat: a fácie iniquitátis sublátus est justus: * Et erit in pace memória ejus.
. Tamquam agnus coram tondénte se obmútuit, et non apéruit os suum: de angústia et de judício sublátus est.
℟. Et erit in pace memória eius.
℟. Ecce quómodo móritur justus, et nemo pércipit corde: et viri justi tollúntur, et nemo consíderat: a fácie iniquitátis sublátus est justus: * Et erit in pace memória eius.

Voilà comment meurt le juste, et personne ne le perçoit en son cœur : et les hommes justes sont emportés, et personne n’y fait attention : c’est à la face de l’iniquité que le juste a été emporté : et en paix sera sa mémoire. Comme un agneau devant ceux qui le tondent il s’est tu, et il n’a pas ouvert la bouche. il a été enlevé dans l’angoisse et le jugement.

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Par les maîtres de chœur réunis à Sénanque sous la direction du chanoine Jean Jeanneteau, le 26 juillet 1977. Chef-d’œuvre absolu.


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Commentaires

  • Cette pièce du quatrième mode (délicieuse à écouter) montre assez bien le caractère artificiel de la théorie de l'octoéchos.
    La corde modale sur le Mi est normale, mais la pièce proprement dite affirme son autre corde modale sur le La, particulièrement clairement dans le passage "et viri justi tolluntur". C'est courant pour un quatrième mode, mais d'autres pièces du quatrième mode ont une teneur supérieure sur le Sol.
    Là dessus, la composition rajoute le verset en suivant le ton commun du quatrième mode, qui a au contraire un long récitatif sur le Sol - ce qui semble une aberration par rapport à l'esthétique modale, mais c'est bien ce que dicte le "toni communes in responsoriis" pour le "quatrième mode".
    En même temps, on peut aussi arguer que structurellement, le début de ce verset est ici un court récitatif sur le La ("tamquam agnus"), alors que le récitatif sur le Sol (qui n'est orné que par des podatus d'accent) peut passer pour une teneur d'attente, suspendue entre le La d'où elle part et le Mi où elle trouve sa résolution.
    Donc, pour répondre aux deux types de pièces en quatrième mode, le ton du verset est lui-même ambivalent : quand la teneur de l'antienne est en La l'introduction est sur la corde modale et le récitatif est d'attente ; mais pour une pièce en Sol c'est l'introduction qui sera un petit récitatif d'attente et le récitatif qui est sur la teneur. C'est génial. Mais s'il n'y avait pas eu la contrainte arbitraire de l'octoéchos, la solution naturelle eût été de disposer d'un ton de verset pour chaque combinaison de teneur - la résolution géniale de la difficulté ne fait pas disparaître le fait qu'il y a une difficulté intrinsèque au système.

    Par ailleurs, par rapport à une teneur en la, quand apparaît un Si bémol c'est que cette teneur est de type "mi", avec un demi-ton supérieur", et dans ce cas le Si ne devient bécarre que lorsqu'il constitue une variation par rapport à la corde supérieure du Do. Ici, la restitution n'est pas cohérente. Il faudrait donc rétablir un bémol sur le si de "viri justi" et celui de "iniquitatis" (ou supprimer celui de "et erit").

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