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Orbán tient au PPE…

Viktor Orbán a écrit une lettre aux présidents des 13 partis du PPE qui demandent son exclusion.

« Je souhaite par la présente exprimer mes excuses, si vous avez trouvé ma citation personnellement offensante », écrit-il. La citation, c’était de les traiter d’« idiots utiles » (à la solde de Juncker), mais, souligne-t-il, il ne faisait que citer Lénine de façon générale et n’avait pas l’intention de blesser qui que ce soit en particulier.

Il poursuit :

« Ce n’est un secret pour personne qu’il existe de graves désaccords (...) sur la question des migrations, de la protection de la culture chrétienne et de l’avenir de l’Europe. Ce n'est également un secret pour personne que nous ne souhaitons pas changer notre position sur ces questions. Cependant, je ne pense pas qu'il soit raisonnable de résoudre de tels différends en expulsant un parti de notre famille politique. Je souhaite donc respectueusement vous demander de réexaminer votre demande d’exclusion, si possible. »

Le président des chrétiens-démocrates flamands, Wouter Beke, qui a révélé l’existence de la lettre et sa teneur, a aussitôt répondu qu’il acceptait les excuses mais que « la question ne concerne pas l’offense faite à Wouter Beke, elle concerne le respect des valeurs européennes et une meilleure coopération pour la protection des frontières extérieures de l’UE. Et là je ne vois aucun changement. Le CD&V s'en tient à sa position : il n’y a pas de place pour le Fidesz dans le PPE. » (Juste comme ça en passant : Beke a 2 députés européens, Orbán, Premier ministre élu trois fois avec les deux tiers des suffrages, en a 20).

Cette lettre montre que Viktor Orbán tient à rester au PPE. Ce qui est bizarre. Car même si le PPE a édulcoré sa « doctrine » (à l’origine ouvertement fédéraliste) pour ratisser aussi large que possible, son approche de la construction européenne est à l’évidence très différente de celle d’Orbán, pour ne pas dire incompatible. On peut imaginer que Viktor Orbán pense pouvoir infléchir la doctrine du PPE, mais c’est une perspective hautement improbable, pour la bonne raison qu’il y est ultra-minoritaire et qu’il n’a guère d'alliés (en dehors du SDS slovène). L’approche du 15 mars, fête nationale de la Hongrie, ne fait que le souligner. Une fois encore, l’invité privilégié sera le Premier ministre polonais. L’amitié entre les deux gouvernements est toujours au zénith. Mais le PiS polonais, qui est de fait le parti le plus proche du Fidesz, ne fait pas partie du PPE. C’est l’opposition polonaise qui est au PPE…

Les 14 députés du PiS font partie du groupe ECR, le groupe des… conservateurs britanniques, qui risque de ne plus exister sans eux. Viktor Orbán voudrait-il que le PiS intègre le PPE à la suite des prochaines élections ? Mais on ne voit vraiment pas le PPE accueillir ces députés polonais dans le contexte actuel (au nom des « valeurs européennes », bien sûr)…

Commentaires

  • Il n'y a pas que le PPE dans la vie. Ne peut-on pas créer un nouveau groupe avec les partis souverainistes de plusieurs pays (Fidesz, Pis, Liga, RN etc...)? Y a-t-il un obstacle juridique? Ce groupe serait-il trop faible en voix?

  • Il y a déjà le groupe Europe des nations, avec le RN, la Ligue, le FPÖ, le parti de la liberté néerlandais et l'Ukip.

  • Le PPE est un attrappe nigauds. Les Polonais l'ont compris. Orban se dégonfle? C'est bien dommage pour les Hongrois.

  • Rien ne s'oppose à la création d'un groupe au PE, il faut simplement respecter les conditions en nombre de pays et d'élus, et surtout attendre le résultat des élections avant de tirer des plans sur les comètes.

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