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Translation de saint Benoît

Dans le calendrier romain, c’est un jour de férie, avec éventuellement mémoire du pape saint Pie Ier. Dans les monastères bénédictins, c’est la grande « solennité de saint Benoît », pendant estival et plus festif de la fête de saint Benoît qui tombe toujours pendant le carême. Dans les monastères français, c’est plus précisément, et cela depuis le VIIIe siècle, la fête de la « translation des reliques de notre saint Père Benoît » à l’abbaye de Fleury, c’est-à-dire de Saint-Benoît sur Loire.

Il y a donc pour les monastères français un office propre (outre le propre bénédictin), qui comporte notamment une hymne des vêpres, qu’on doit à Pierre le Vénérable, abbé de Cluny au XIIe siècle. Voici cette hymne chantée par les moines de Solesmes en 1953, sous la direction de dom Gajard qui écrivait : « Le Claris conjubila, 3e mode, qui d’abord couvre d’un trait toute une octave dans un élan que rien ne saurait arrêter, est une hymne de louange, magnifique de légèreté. Tout y est mouvement, sveltesse, joie, enthousiasme, même à la cadence finale, où malgré le resserrement de la mélodie, les rythmes ternaires maintiennent jusqu’au bout la légèreté du mouvement. »


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Claris conjubila, Gallia, laudibus,
Laeteris Benedicti Patris ossibus,
Felix, quae gremio condita proprio
Servas membra celebria.

Que ta joie éclate, ô Gaule, en hymnes de louanges,
Réjouis-toi pour les ossements de Benoît !
Heureuse es-tu, car tu gardes en ton sein
Ses membres illustres.

Miris Italia fulserat actibus :
Gallos irradiat corpore mortuus ;
Signis ad tumulum crebrius emicat,
lllustrans patriam novam.

Ses actions admirables brillaient en Italie,
Mort, son corps illumine la Gaule :
Son tombeau brille de nombreux miracles
Pour honorer sa nouvelle Patrie.

Hinc vatum veterum facta resuscitat,
Morti quod libuit, mortuus imperat,
Extinctum propriis ossibus excitat :
O quam mira potentia !

Des prophètes anciens, il reproduit les gestes,
Mort, il commande en maître à la mort :
Ses ossements raniment un cadavre,
Admirable puissance !

Jam caelo residens, o Pater optime !
Divinis famulos imbue regulis,
Angustum per iter scandere largiens,
Dona regna perennia.

Père plein de bonté qui résidez au ciel,
Pénétrez vos serviteurs des règles divines,
Accordez-leur de gravir la voie étroite,
Et donnez-leur le royaume éternel.

Cunctorum dominans omnipotentia,
Tu, qui sede Poli conspicis omnia,
Psallentum placide suscipe cantica,
Votis voce precantia. Amen.

Dieu tout-puissant qui dominez l'univers,
Vous qui du ciel contemplez toutes choses,
Accueillez avec bonté les cantiques de ceux qui psalmodient,
Par leurs vœux et les prières de leur bouche. Amen.

(Traduction abbaye Sainte Madeleine du Barroux)

Commentaires

  • Cette hymne se trouve dans la Patrologie latine de Migne (page 8 du pdf suivant : http://www.documentacatholicaomnia.eu/02m/1122-1156,_Petrus_Venerabilis_Cluniacensis_Abbas,_Rhytmi._Prosae._Versus_Et_Hymni,_MLT.pdf )

    La version complète comporte deux autres strophes consacrées au miracle de l'illation, célébrée jadis le 4 décembre par la Congrégation de France. Voici le texte de ces strophes, intercalées entre la troisième et la quatrième ci-dessus reproduites :

    Navis per flúvium nat sine rémige,
    Mirándo gláciem díssecat ímpetu :
    Sancti membra ferens óbvia flúmini,
    Undas retro revérberat.

    L’esquif sur les flots glisse sans rames,
    D’un merveilleux élan il brise les glaces,
    Portant le saint corps, il remonte le fleuve,
    Il en refoule les eaux.


    Edúctum flúvio sensit ut árida,
    Non curans gélidi frígora témporis,
    Vestit cuncta novis íllico flóribus,
    Mutáta fácie soli.

    Dès qu’au sortir des flots la terre l’a reçu,
    Oubliant la saison, les frimas, la gelée,
    Elle s’orne de fleurs nouvelles,
    Changeant le vêtement du sol.

    (Traduction française du Diurnal Monastique, Beauchesne, Paris, 1928, p. 16*-17*)

    Saint Benoît, priez pour la France qui abrite aujourd'hui vos restes mortels et héberge nombre de vos fils !

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