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Dimanche dans l’octave de l’Assomption

En réalité, pour voir une mention du « dimanche dans l’octave de l’Assomption », il faut remonter non pas avant 1955 mais avant 1911. Et si le 20 août est la fête de saint Bernard, en ce dimanche on célébrait, depuis 1738, la fête de saint Joachim, fixée au dimanche dans l’octave de l’Assomption par Clément XII. Elle primait celle de saint Bernard (qui aurait primé le dimanche avant 1911 s’il n’y avait pas eu Joachim).

Depuis la réforme de saint Pie X, on fait aujourd’hui l’office et la messe du 11e dimanche après la Pentecôte (avec mémoire de l’octave de l’Assomption jusqu’en 1955 et mémoire de saint Bernard jusqu’en 1960).

Quoi qu’il en soit j’ai voulu garder l’octave de l’Assomption cette année sur mon blog parce que l’Assomption méritait son octave, et à cause de saint Bernard et de son sermon pour le dimanche dans l’octave de l’Assomption, jour qui est cette année celui de sa fête même si le calendrier de 1960 le passe sous silence.

Ce sermon est parfois intitulé « Les douze prérogatives de la bienheureuse Vierge Marie », ou « Le sermon des douze étoiles ». En voici la fin.

Quant au martyre de la Vierge qui est, comme vous vous le rappelez, la douzième étoile de sa couronne, je le trouve dans la prophétie de Siméon, et dans toute l'histoire de la passion de Notre Seigneur. En parlant de l'enfant Jésus, Siméon dit : « Cet enfant est destiné à se trouver en butte à la contradiction, » puis, s'adressant à Marie, il continue : « Et vous, votre âme sera percée d'un glaive. » On peut bien dire, en effet, qu'un glaive a percé votre âme, ô bienheureuse mère, car ce n'est qu'en passant par votre cœur qu'il pouvait pénétrer dans la chair de votre Fils. Et même quand votre Jésus, le vôtre par excellence, en même temps que le nôtre, eut rendu l'esprit, ce n'est plus son âme qu'atteignit la lance qui, n'épargnant pas même dans les bras de la mort, la victime à qui elle ne pouvait plus faire de mal, ouvrit son côté de son fer cruel, mais c'est votre âme elle-même qu’elle transperça. Car, pour lui, son âme n'était déjà plus là, mais la vôtre ne pouvait s'arracher de ces lieux. Sa douleur, comme un glaive violent, a donc transpercé votre cœur, et nous pouvons vous appeler, avec raison, plus que martyre, puisque, en vous, le sentiment de la compassion l'emporta si fort sur celui de la passion endurée par le corps.

N'était-ce point une parole plus pénétrante qu'un glaive, qui transperça, en effet, votre âme et atteignit jusqu’à la division de l'âme et de l'esprit, que celle-ci : « Femme, voici ton fils ? » Quel échange ! Jean substitué à Jésus, le serviteur au Seigneur, le disciple au maître, le fils de Zébédée au Fils de Dieu, un pur homme au vrai Dieu ! Comment ce langage n'aurait-il pas percé, comme d'un glaive, votre âme si aimante, quand son souvenir seul déchire nos cœurs de pierre ou de fer ? Ne vous étonnez point, mes frères, que Marie soit dite martyre en son âme, il faudrait pour en être surpris que vous eussiez oublié que le plus grand crime que saint Paul ait reproché aux Gentils c'est d'avoir été sans affection. Cette absence de sentiment était loin de se trouver dans les entrailles de Marie, puisse-t-elle être aussi étrangère à ses humbles serviteurs. Mais peut-être demanderez-vous si elle ne savait pas d'avance qu'il devait mourir ? Elle n'en doutait point ; si elle espérait qu'il ressusciterait peu de temps après ? avec confiance. Et, malgré cela, elle souffrit de le voir attaché à la croix ? énormément (1). Après tout, qui êtes-vous, mon frère, et à quelle source puisez-vous votre sagesse pour vous étonner davantage de voir Marie compatir que de voir le fils de Marie pâtir ? Il aurait pu souffrir la mort du corps, et elle n'aurait pu ressentir celle du cœur ? (2) Ce fut une charité en comparaison de laquelle nul ne saurait en avoir une plus grande qui fit endurer l'une au fils ; ce fut une charité aussi à laquelle on ne saurait en comparer une autre qui fit souffrir l'autre à la mère.

Et maintenant, ô mère de miséricorde, au nom de l'affection de votre âme très pure, la lune qui se tient à vos pieds vous invoque avec les accents de la plus grande dévotion comme une médiatrice entre elle et le Soleil de justice ; que dans votre lumière elle voie sa lumière, et que, par votre intercession, elle mérite la grâce du Soleil qu'elle a véritablement aimé par dessus tout, et qu'elle a orné, en le revêtant d'une robe de gloire, et en lui mettant sur la tête une couronne de beauté. Vous êtes pleine de grâces, pleine de la rosée du ciel, appuyée sur votre bien-aimé et comblée de délices. Nourrissez aujourd'hui vos pauvres, ô vous Notre Dame; que les petits chiens eux-mêmes mangent des miettes de la table du Maître, et, de votre vase qui déborde, donnez à boire non seulement au serviteur d'Abraham, mais encore à ses chameaux, Car c'est vous qui êtes, en vérité, la fiancée choisie et préparée pour le Fils du Très-Haut, qui est Dieu et béni par dessus tout dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

(1) Sed forte quis dicat: Nunquid non eum praescierat moriturum ?
- Et indubitanter.
Numquid non sperabat continuo resurrecturum ?
- Et fidenter.
Super haec doluit crucifixum ?
- Et vehementer.

(2) Ille etiam mori corpore potuit,
     ista commori corde non potuit ?

Commentaires

  • La fête de saint Joachim a été "dédominicalisée" en 1913, pas en 1911.

    Cela dit, merci beaucoup de nous donner les textes du Bréviaire monastique pour cette octave. Ils correspondent au deuxième nocturne du Romain avant 1951 (1944 pour le jour octave) et avant l'introduction des fêtes des saints Joachim, Hyacinthe et Jean Eudes et avant celle de sainte Jeanne de Chantal.

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