31 juillet 2014

Mosco et le « french bashing »

François Hollande a officiellement désigné hier Pierre Moscovici comme le prochain commissaire européen français. Théoriquement comme commissaire chargé des questions économiques et monétaires, l’un des postes les plus prestigieux, qui donne rang de vice-président de la Commission. Mais cette nomination, annoncée depuis longtemps, suscite une levée de boucliers un peu partout, particulièrement en Allemagne.

Hier soir sur France 2, « Mosco » a fait semblant de croire que les Allemands et les autres en avaient contre la France. « Arrêtons le french bashing », a-t-il dit, d’abord pour répondre à la « tendance française » de l’auto-dénigrement, puis en tentant de montrer que la France n’est pas un « mauvais élève » mais a une économie performante, qu’elle est « un pays crédible, un pays sérieux, un pays qui fait des réformes »…

En réalité, si les Allemands, et d’autres, ne veulent pas de Moscovici, ce n’est pas parce qu’il est français, mais parce qu’il est le représentant de la politique économique désastreuse du gouvernement socialiste, et parce qu’il a été personnellement, comme ministre de l’Economie, le premier responsable de cette politique désastreuse, de la hausse des déficits, de la dette et du chômage, quémandant auprès de la Commission européenne toujours plus d’aménagements et de délais. Un ministre tellement calamiteux que Hollande a dû en changer…

C’est pourquoi la perspective de voir ce personnage commissaire à l’Economie a conduit les Allemands à l’appeler « Mosco-Witz » : Mosco, c’est une blague… (Le jeu de mots est d'autant plus facile que de fait si Moscovici avait été d'origine "russe" et non "roumaine" il s'appellerait Moscowitz.)

Il se dit d’autre part que le Parlement européen pourrait bien refuser d’entériner une Commission où Moscovici aurait le premier rôle économique…

Commentaires

En tant que français je ma découvre européen pour être d'accord avec les allemands. Moi non plus je ne veux pas de ce bonhomme pour représenter mon pays à Bruxelles.

Écrit par : Irénée | 31 juillet 2014

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On ne peut que saluer chapeau bas la sagesse et la clairvoyance de nos amis Teutons.

Mais… mais… pour liquider l’Eurofédérastie au plus vite, n’a-t-on pas plutôt besoin d’un Mosco-Witz à chaque poste de cette hydre ?… Alors je vote Mosco, et vite le Déluge.

Écrit par : Budelberger | 01 août 2014

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Si on suivait les propositions de la France et de l’Italie, on relacerait inutilement l'inflation avec l'espoir fallacieux de réduire le chômage.
La croissance de la France est nulle car la main d’œuvre est trop chère et rend complètement impossible les fabrications en France à des prix concurrentiels.
En outre les prélèvements fiscaux et parafiscaux étouffent beaucoup d'entreprises.
Il n'y a aucun espoir de voir Hollande et ses apparatchiks socialistes complètement enfermé dans leur idéologie sans contact avec la réalité changer de cap.
HOLLANDE DÉMISSION pour sauver la France.

Écrit par : Shimon | 01 août 2014

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Bonjour,

Il en est question ici :

http://www.marianne.net/Moscovici-a-Bruxelles-la-recompense-d-un-double-echec_a240400.html

L'ampleur de l'épargne privée des Français, le fait que nos voisins d'Europe du Sud aillent plus mal que nous, sont vraisemblablement les deux seules raisons pour lesquelles la France a encore un peu de crédibilité, sur la scène économique et financière internationale et européenne ; même l'aptitude de l'Etat à transformer l'augmentation de la pression fiscale en augmentation, à due proportion, des recettes fiscales, commence à être interrogée dans sa réalité.

François HOLLANDE me fait penser à quelqu'un qui se dirait en permanence : "Je ne peux, ne sais ou ne veux rien faire, pour que la situation s'améliore, et elle a même plutôt tendance à se détériorer, mais CHAQUE JOUR GAGNE EST UN JOUR DE GAGNE"...

Nos dirigeants nominaux SAVENT qu'il y a une incompatibilité absolue entre le maintien en vigueur de l'Etat Providence à la française (social-clientéliste, social-corporatiste) et le maintien de la France dans la zone Euro, qui plus est dans le contexte actuel, marqué par la soumission des Etats, des entreprises, des particuliers, au capitalisme déréglementé et financiarisé.

A partir de là, de trois choses l'une :

- ou bien l'on fait en sorte que l'Euro disparaisse, quitte à ce que l'on impute la charge de cette faute à Bruxelles, à Francfort, ou à Berlin, et là j'entends déjà le soupir de lâche soulagement de certains Eurolâtres hexagonaux,

- ou bien l'on fait en sorte que les réformes se fassent, d'une manière totalement post-démocratique, à laquelle nous commençons à être habitués, à grands coups d'accords multilatéraux transatlantiques de dérégulation propice à la privatisation de services publics (l'Education, la Santé),

- ou bien l'on réduit la dépense publique française, en volume, de 1 % par an, pendant cinq à dix ans, tout en réformant la fiscalité, pour la rendre moins anti-économique, donc plus propice à l'investissement des entreprises, quitte à ce qu'elle soit moins propice à la consommation des particuliers.

Je trouve que l'arrivée de Pierre MOSCOVICI au sein de la Commission serait "une excellente nouvelle", en vue de la concrétisation ultérieure de la première des "solutions" : avec son volontarisme incantatoire, il réussirait à faire croire à toute l'UE, sauf aux Allemands, que plus on modifie le mode de calcul des déficits et dettes publics, et moins ils augmentent vite...

Je n'insiste pas sur la deuxième des solutions, il faut et il suffit que chacun s'informe sur les négociations en cours sur le TAFTA et le TISA.

J'en viens à la troisième solution, la plus courageuse, la plus réaliste, donc celle qui ne sera pas mise en oeuvre ; les Français savent-ils où nous en sommes ? La dépense publique totale est de l'ordre de 1 200 milliards par an ; il suffirait de la réduire, mais pas n'importe comment, bien sûr, de 1 % par an, en volume, pendant cinq à dix ans, pour sortir de l'ornière.

Je crois inutile de dire que si nous ne le faisons pas, c'est parce que nos dirigeants nominaux ne le veulent pas, et d'ailleurs, même s'ils le voulaient, comment le pourraient-ils, puisque François HOLLANDE et Manuel VALLS ne disposent plus de majorité digne de ce nom, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Sénat ?

Ce pays, à la tête duquel ON NE VEUT PAS faire ce qu'il faudrait faire pour que l'économie et la société fonctionnent un peu moins mal (je n'ose dire : un peu mieux), en réduisant la dépense publique, y compris la dépense publique sociale, de 1 % par an, pendant cinq à dix ans, adore la bonne cuisine, et prépare une salade grecque, au moyen de laquelle il sera obligé de réduire la dépense publique, y compris la dépense publique sociale, de 10 % par an pendant au moins trois ans.

Mais voilà, puisque CHAQUE JOUR GAGNE EST UN JOUR DE GAGNE, y compris grâce à la présence de Pierre MOSCOVICI à Bruxelles, cette salade grecque sera servie aux François après le départ de François HOLLANDE et de Manuel VALLS.

N'est-ce pas là le plus important ?

Bonne journée.

A Z

Écrit par : A Z | 02 août 2014

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