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Ce n’est pas vrai

Lors de sa dernière audience, mercredi, le pape, à sa façon de bateleur de foire, a fait répéter deux fois à la foule : « Qui fait preuve de miséricorde ne craint pas la mort ».

Je ne voulais pas commenter cette phrase, mais, la voyant partout recopiée comme si c’était une révélation du Saint-Esprit, je ne peux plus m’empêcher de réagir.

Le propos est évidemment faux. On aimerait que ce soit vrai, mais il ne sert à rien de se cacher la réalité. La réalité est que la vie est tragique – il ne sert à rien non plus de jouer les ravis en permanence quand on est en représentation – parce que la mort est tragique. Elle est tragique aussi pour le chrétien, malgré la foi et l’espérance. Parce qu’elle est CONTRE NATURE. L’homme n’a pas été créé pour la mort, mais pour la vie. La mort détruit le composé humain. Et quelle que soit la foi et l’espérance du mourant, elle est un saut dans l’inconnu.

La mort est, en outre, la dernière épreuve. Donc la dernière tentation. Le moment où le diable va essayer une dernière fois, avec l’énergie du désespoir, de récupérer l’âme du fidèle, au moment où celui-ci est terriblement affaibli par la maladie, par la vieillesse, par la douleur…

Voir la scène saisissante de la mort de la prieure dans le Dialogue des carmélites. Et l’entendre dans la musique de Poulenc. Et comprendre que la mort terrifiante et terrifiée de la prieure est ce qui permet, dans la communion des saints, aux autres religieuses de subir le martyre dans la paix.

Ce n’est pas pour rien, ce n’est pas pour rire, que la Salutation mariale nous faire dire « Priez pour nous (…) à l’heure de notre mort ». Ce n’est pas pour rien, ce n’est pas pour rire, que le chapelet nous fait demander 50 fois, et même 53 fois, à Notre Dame, de prier pour nous à l’heure de notre mort.

« Ma Mère, est-ce l'agonie?... Comment vais-je faire pour mourir? Jamais je ne vais savoir mourir!... » (sainte Thérèse de l’Enfant Jésus)

Et cet homme qui était Dieu, qui était la Miséricorde en personne, n'a-t-il pas eu peur de la mort ?

Cor Jesu in agonia factum, miserere morientium.

Commentaires

  • "18. Le mystère de la mort

    1. C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet. L’homme n’est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps, mais plus encore, par la peur d’une destruction définitive. Et c’est par une inspiration juste de son cœur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d’éternité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort. Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu’elles soient, sont impuissantes à calmer son anxiété : car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut satisfaire ce désir d’une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son cœur.

    2. Mais si toute imagination ici défaille, l’Église, instruite par la Révélation divine, affirme que Dieu a créé l’homme en vue d’une fin bienheureuse, au-delà des misères du temps présent. De plus, la foi chrétienne enseigne que cette mort corporelle, à laquelle l’homme aurait été soustrait s’il n’avait pas péché [21], sera un jour vaincue, lorsque le salut, perdu par la faute de l’homme, lui sera rendu par son tout-puissant et miséricordieux Sauveur. Car Dieu a appelé et appelle l’homme à adhérer à lui de tout son être, dans la communion éternelle d’une vie divine inaltérable. Cette victoire, le Christ l’a acquise en ressuscitant [22], libérant l’homme de la mort par sa propre mort. À partir des titres sérieux qu’elle offre à l’examen de tout homme, la foi est ainsi en mesure de répondre à son interrogation angoissée sur son propre avenir. Elle nous offre en même temps la possibilité d’une communion dans le Christ avec nos frères bien-aimés qui sont déjà morts, en nous donnant l’espérance qu’ils ont trouvé près de Dieu la véritable vie."

    Gaudium et spes.

    Cher monsieur Daoudal, Les jès sont de grands optimistes. Vous ne comprendrez jamais rien à l'optimisme jésuite. :-) Il est cependant vrai que nous aspirons tous à une autre vie, libérée des angoisses, des douleurs et des misères du temps présent.

    Cela dit des saints qui sont morts deux fois, comme saint Lazare ou d'autres n'ont pas laissé de mode d'emploi de la mort. Sans doute parce qu'ils ont jugé que nous avions tout ce qu'il nous fallait dans la loi et les prophètes et les évangiles, donc qu'il n'y avait pas besoin de mode d'emploi de la mort, car nous l'avions déjà.

    Autre anecdote : saint Ignace de Loyola avait failli mourir. Au moment de son "agonie", il eut l'idée qu'il était un juste. Il en conclut que s'il avait trépassé dans cet état d'esprit, il était damné. C'est pourquoi, il demandait que si on le voyait mourir, il fallait lui crier dans les oreilles "pécheur, pécheur". "Nous sommes pécheur, mais nous sommes tes fils (et filles)." Donc, qui croit en la miséricorde ne craint pas (trop) la mort, tout en confessant que la mort est tragique. On peut peut-être concilier les deux vérités ? À vous de juger.

  • "18. Le mystère de la mort

    1. C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet. L’homme n’est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps, mais plus encore, par la peur d’une destruction définitive. Et c’est par une inspiration juste de son cœur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d’éternité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort. Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu’elles soient, sont impuissantes à calmer son anxiété : car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut satisfaire ce désir d’une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son cœur.

    2. Mais si toute imagination ici défaille, l’Église, instruite par la Révélation divine, affirme que Dieu a créé l’homme en vue d’une fin bienheureuse, au-delà des misères du temps présent. De plus, la foi chrétienne enseigne que cette mort corporelle, à laquelle l’homme aurait été soustrait s’il n’avait pas péché [21], sera un jour vaincue, lorsque le salut, perdu par la faute de l’homme, lui sera rendu par son tout-puissant et miséricordieux Sauveur. Car Dieu a appelé et appelle l’homme à adhérer à lui de tout son être, dans la communion éternelle d’une vie divine inaltérable. Cette victoire, le Christ l’a acquise en ressuscitant [22], libérant l’homme de la mort par sa propre mort. À partir des titres sérieux qu’elle offre à l’examen de tout homme, la foi est ainsi en mesure de répondre à son interrogation angoissée sur son propre avenir. Elle nous offre en même temps la possibilité d’une communion dans le Christ avec nos frères bien-aimés qui sont déjà morts, en nous donnant l’espérance qu’ils ont trouvé près de Dieu la véritable vie."

    Gaudium et spes. http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html

    Cher monsieur Daoudal, Les jès sont de grands optimistes. Vous ne comprendrez jamais rien à l'optimisme jésuite. :-) Il est cependant vrai que nous aspirons tous à une autre vie, libérée des angoisses, des douleurs et des misères du temps présent.

    Cela dit, des saints qui sont morts deux fois, comme saint Lazare ou d'autres, n'ont pas laissé de mode d'emploi de la mort. Sans doute parce qu'ils ont jugé que nous avions tout ce qu'il nous fallait dans la loi et les prophètes et les évangiles, donc qu'il n'y avait pas besoin de mode d'emploi de la mort, car nous l'avions déjà.

    Autre anecdote : saint Ignace de Loyola avait failli mourir. Au moment de son "agonie", il eut l'idée qu'il était un juste. Revenu à la santé, il en conclut que s'il avait trépassé dans cet état d'esprit, il était damné. C'est pourquoi, il demandait que, si on le voyait mourir, on lui crie dans les oreilles "pécheur, pécheur". "Nous sommes pécheurs, mais nous sommes tes enfants." Donc, qui croit en la miséricorde ne craint pas (trop) la mort, tout en confessant que la mort est tragique. On peut, peut-être, concilier les deux vérités ?

    À vous de juger.

  • deux remarques :
    1. vous aviez écrit un jour que vous ne parleriez plus du pape François.
    2. Les cardinaux qui l'ont élu pape n'étaient-ils pas inspirés de l'Esprit Saint ?

    PS.
    J'ai lu un jour sur une stèle dans un cimetière espagnol :"Nacio para morir / Murio para vivir"

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