24 septembre 2013

Dans la Repubblica, une lettre de Benoît XVI…

Quelques jours après avoir publié une lettre de François au directeur athée du journal, la Repubblica publie une lettre de Benoît XVI à un scientifique italien athée. C’est une curieuse coïncidence, même si la lettre de Benoît XVI est en fait antérieure… de cinq jours.

L’histoire de cette lettre est racontée ici.

Le texte est partiellement traduit sur le site de Radio Vatican. La traduction est hélas mauvaise, et parfois très mauvaise. (Pas besoin de voir l’original pour s’en rendre compte.) Toutefois la lettre est (évidemment) très intéressante. Je retiens notamment la malicieuse réponse de Benoît XVI à l’accusation selon laquelle la théologie c’est de la science fiction.

On sait que Joseph Ratzinger (et devenu pape il l’a redit) considère, conformément à la tradition, que la théologie est une science, et non seulement une science, mais la première des sciences, et que c’est le statut qu’elle doit avoir à l’université.

Le scientifique athée lui répond que la théologie c’est tout au plus de la science fiction.

Benoît XVI réplique que la science fiction se trouve dans de nombreuses sciences. A commencer dans les théories que reprend son interlocuteur sur l’origine et la fin du monde. Et il cite un texte de Jacques Monod sur l’évolution qui est en effet un exemple – hilarant – de science fiction primaire : le poisson qui a choisi d’aller explorer la terre et qui a fini par développer des pattes…

Il montre qu’en substituant la nature à Dieu, sans dire ce qu’est cette nature, le scientifique en fait « une divinité irrationnelle qui n’explique rien ». Et il ajoute que dans la religion des mathématiques de son interlocuteur il manque trois thèmes fondamentaux de l’existence humaine : la liberté, l’amour, le mal. « Une religion qui néglige ces demandes fondamentales reste vide de sens. »

Addendum

La bonne traduction des extraits de la lettre est chez Benoît et moi.

Commentaires

Avant le Big Bang


Qu'y avait-il avant le Big Bang? Chacun le sait, toute existence provient d'une autre existence. Rien ne surgit de rien. Cela étant dit, une question se pose: qu'en est-il de la première existence; de celle qui a permis la naissance des suivantes? Sachant que le non-être est stérile, qu'une présence ne peut naître d'une absence, il s'ensuit inévitablement que l'existence première est incréée; qu'étant source de tout ce qui a de la réalité, elle est la réalité sans laquelle rien n 'aurait pu émerger. Mais quel nom lui donner? Comment parvenir à se la représenter? Supposons qu'elle soit par exemple un nuage d'hydrogène ou un ensemble de particules élémentaires; autrement dit une substance certes éternelle, mais aveugle et sourde, dépourvue de vie, d'intelligence et de conscience d'exister. Problème: si une telle réalité est à la base de tout, par quel miracle a t-elle pu donner naissance à la vie, à la pensée et à la conscience d'être? « Par l'homme, l'univers sait qu'il existe », écrivait Pascal. Comment admettre que l'univers tienne cette faculté d'une substance qui n'a aucune conscience d'exister? Autant il est logique de concevoir qu'un artisan puisse fabriquer un meuble, autant il serait absurde d'envisager qu'un meuble puisse fabriquer un artisan. Dès lors, sous peine d'être un artisan dont l'auteur serait un meuble, notre univers doit avoir à sa source non pas un grand moins mais un grand plus, non pas « quelque chose » mais « Quelqu'un » qui, étant lui-même la Vie, l'Intelligence et la Conscience d'être, a permis qu'il y ait de la vie, de l'intelligence et de la conscience d'être. Cet Auteur du monde, les croyants l'appellent « Dieu ». Et en Lui seul, je le crois, s'éclairent notre passé, notre présent et notre avenir.

Jean-Pierre Snyers
Adresse blog : jpsnyers.blogspot.com
Blindef 2
4141 Louveigné
Belgique

Écrit par : Snyers | 25 septembre 2013

Répondre à ce commentaire

La naïveté des croyances scientifico-mythologiques est incroyable: elles donnent pour prouvées et acquises de pures superstitions scientistes, évidemment impossibles à prouver concrètement d'ailleurs (c'est le paradoxe des sciences expérimentales fondées sur des théories .. ou plutôt des arrière-pensées antireligieuses: elles ont été inventées pour cela, comme machines de guerre anti-religieuses!). La théorie de l'évolution est de celles-là.

Écrit par : xavier grall | 26 septembre 2013

Répondre à ce commentaire

Indépendamment de la question du "fond", il y a la queston de la "forme"...

La démangeaison professorale, la démangeaison du "Professore academico" prédominera toujours en Benoît XVI sur toute autre considération. Elle prédominera y compris sur l'ultime et la suprême considération : à savoir qu'il a été PAPE, et qu'à partir de là il ne peut plus agir en personne privée dans des initiatives privées.
Or non : il est désormais clair que c'est la démangeaison professorale universitaire qui prédominera toujours chez Joseph Ratzinger, et prédominera sur toute autre considération. Même sur la suprême __ avoir été VICAIRE DE JÉSUS-CHRIST.

Un Pape qui a démissionné est censé ne plus se manifester publiquement, ni interférer publiquement, ni prendre des positions publiques, qui auront toujours le fâcheux "effet" de laisser paraître qu'il y a un "deuxème Pape", parallèle avec le Pape en titre. Car, qu'on le veuille ou non, Benoît XVI sera toujours perçu comme "Pape". Benoît XVI, qui d'ailleurs n'a jamais maîtrisé sa communication, semble là aussi n pas mesurer davantage les "effets" de ses communications publiques, alors qu'il n'est plus le Pape.

Voilà donc un ancien Pape (surréellement vivant, par ailleurs...), qui fait beaucoup d'honneur et de publicité involontaire à un tartempion de scientifique athée, auquel il S'ABAISSE à répliquer, alors que personne n'aurait longtemps pensé à ce quidam sans un tel honneur et une telle vaine publicité accordés à sa petite personne.

Mais non, la chose était trop irrésistible au "Professore" ; le scientifique athée l'avait mis en cause, et piqué au vif (Grand Saint Pierre, où es-tu pour voir cela ?... ), le "Professore", ne pouvant résister à la démangeaison philosophique et académique, répliqua, en tant que "Professeur Ratzinguer". Mais voilà : il est clair que la conscience d'avoir été Pape et Vicaire de Jésus-Christ sur la terre n'est pas ce qui prédomine suprêmement chez lui. D'ailleurs cela pourrait expliquer beaucoup de choses dans le fait inouï de renoncer à être Pierre et de rebrousser chemin là où l'Apôtre, intrépide devant TOUTES LES SOUFFRANCES, a persévéré jusqu'à la gloire impérissable du martyre, fondant pour tous les siècles son Siège de Rome, sur lequel le Christ bâtit à jamais son Eglise.

Il y a une telle sacralité à avoir été une fois le VICAIRE DE JESUS-CHRST, que celui qui l'a été une seule fois __ s'il y renonce (toujours de manière inouïe et incompréhensible, que Dieu jugera) __ devrait alors au moins garder le silence perpétuel, se retirer"monastiquement", et ne plus prendre la moindre position publique __ de quelque ordre, et de quelque niveau que ce soit __ parallèlement au Pape son successeur.

En tout cela, il y a beaucoup de MONDANITÉ. Non pas au sens frivole et ordinaire du terme, mais au sens johannique.

Comprenne qui peut comprendre.

Écrit par : Dranem | 27 septembre 2013

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire