17 janvier 2013

Saint Antoine

Antoine, Égyptien, naquit de parents nobles et chrétiens, dont il se vit privé, encore adolescent. Entrant un jour dans une église, il entendit citer ces paroles de l’Évangile : « Si tu veux être parfait, va et vends ce que tu as, et donne-le aux pauvres ; » il pensa devoir obéir au Christ notre Seigneur, comme si ces paroles lui eussent été adressées. Ayant donc vendu son bien, il en distribua tout l’argent aux pauvres. Dégagé de ces entraves, il entreprit de mener sur la terre un genre de vie tout céleste. Mais comme il descendait dans l’arène pour un combat si périlleux, il jugea qu’il devait adjoindre au bouclier de la foi dont il était armé, le secours des autres vertus, et il s’enflamma d’un tel zèle pour les acquérir, qu’il s’efforçait d’imiter quiconque lui semblait exceller en quelque vertu. Nul n’était plus continent que lui, nul plus vigilant. Il surpassait tous les autres en patience, en mansuétude, en miséricorde, en humilité, dans le travail, et dans l’étude des divines Écritures.

Antoine avait une telle horreur de la rencontre et des discours des hérétiques et des schismatiques, surtout des Ariens, qu’il disait qu’il ne fallait pas les aborder. Il couchait sur le sol lorsqu’un sommeil nécessaire s’emparait de lui, et se portait au jeûne avec tant d’ardeur qu’il ne mangeait que du pain avec un peu de sel, et n’étanchait sa soif qu’avec de l’eau ; et il ne réparait ses forces par cette nourriture et ce breuvage qu’après le coucher du soleil ; souvent même il s’abstenait de nourriture pendant deux jours consécutifs, et très fréquemment passait toute la nuit en prière.

Étant devenu ainsi un vrai soldat de Dieu, Antoine fut attaqué de diverses tentations par l’ennemi du genre humain mais le très saint jeune homme en triomphait par le jeûne et la prière. Toutefois, malgré ses nombreuses victoires sur Satan, Antoine ne se croyait pas encore en sûreté ; car il savait que le diable use d’innombrables artifices pour nuire aux hommes. C’est pourquoi il se retira dans une vaste solitude de l’Égypte, où, faisant chaque jour de nouveaux progrès dans la perfection chrétienne, il en vint à mépriser tellement les démons qu’il leur reprochait leur faiblesse. Leurs assauts étaient cependant d’autant plus violents qu’Antoine devenait plus fort pour leur résister. Souvent il disait à ses disciples, qu’il excitait à combattre contre le diable, leur enseignant par quelles armes on peut le vaincre : « Croyez-moi, mes frères, Satan redoute les veilles pieuses, les prières, les jeûnes, la pauvreté volontaire, la miséricorde et l’humilité, mais surtout l'ardent amour pour le Christ notre Seigneur, dont la sainte croix lui est si redoutable, que le seul signe de cette croix l’affaiblit et le met en fuite. » Le saint Abbé devint si redoutable aux démons, qu’un grand nombre de possédés furent délivrés en Égypte en invoquant le nom d’Antoine.

Telle était la renommée de sa sainteté que Constantin le Grand et ses fils se recommandèrent par lettres à ses prières. Enfin, âgé de cent cinq ans, ayant déjà d’innombrables imitateurs du genre de vie qu’il avait institué, il assembla ses moines, et après leur avoir donné des instructions touchant la règle parfaite de la vie chrétienne, illustre par sa sainteté et ses miracles, il s’en alla au ciel le seize des calendes de février.

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