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Saint Thomas

Jésus demande à Thomas de mettre le doigt dans la plaie de ses mains, et la main dans la plaie de son côté.

Comment Jésus peut-il demander à Thomas de le toucher, alors qu’il a demandé à Marie-Madeleine de ne pas le toucher ?

La contradiction est patente. Elle est encore plus évidente si l’on remarque que les deux attitudes figurent non seulement dans le même évangile de saint Jean, mais, de plus, à seulement dix versets d’écart.

En réalité la contradiction n’est qu’apparente, elle ne se trouve que dans les mots. Il suffit de se demander ce qu’ils veulent dire vraiment pour résoudre la difficulté.

Jésus ressuscité demande à Marie-Madeleine de ne pas le toucher, pour lui faire prendre conscience que la situation a radicalement changé. Celui qu’elle a devant elle n’est plus le « fils de l’homme », même si, selon les apparences, il n’est « pas encore monté vers le Père ». En fait, depuis la Résurrection, il est dans le Royaume. Marie-Madeleine doit apprendre à le connaître dans cette nouvelle configuration. Elle doit apprendre la connaissance de la foi. Désormais, c’est dans la foi que l’on peut « toucher » Jésus, et non plus par le contact physique avec son corps mortel.

C’est la même pédagogie qui est utilisée avec Thomas : lui aussi, il s’agit de l’amener à la foi. Mais pour cela, il faut lui montrer que le corps qu’il voit devant lui est bien le corps de Jésus, ce corps même qui a souffert la Passion. « Et ne sois plus un sans-foi, mais un qui a la foi ». Cette antithèse (en grec a-pistos, pistos) souligne que l’objectif est exactement le même, qu’il s’agisse de Marie-Madeleine ou de Thomas.

En outre, rien dans l’Evangile ne nous dit que Thomas ait touché les plaies. De nombreux exégètes, et l’iconographie, brodent à l’envi sur Thomas mettant sa main dans la plaie du côté. Mais l’Evangile ne nous en dit rien. Au contraire, même. Car dès que le Christ a fini de parler, Thomas s’exclame : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » L’évangéliste laisse entendre, non pas que Thomas ait touché les plaies, mais qu’il a immédiatement compris la leçon. L’exclamation renvoie au psaume 94, et à quelques-uns de ceux qui suivent. En même temps, elle authentifie le fait que ces psaumes parlent bien du Christ, qui est le Seigneur et qui est Dieu, qui est le Créateur et qui est notre salut, et qui est la source de la joie.

Non seulement il n’y a pas de contradiction, mais le dialogue avec Thomas explicite ce qui restait implicite dans le dialogue avec Marie-Madeleine.

(Extrait d’un article de Daoudal Hebdo N° 76)

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