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Ennio Morricone, « Mission » et la liturgie

Ennio Morricone a deux casquettes : la musique de film, où il utilise de façon géniale et le plus souvent imperceptible des thèmes de musique classique, et sa musique « personnelle », qui est très différente. La première est très connue, la seconde ne l'est pas. Zenit l'a rencontré, et voici ce qu'il dit de sa musique pour le film Mission (où, pour le coup, le thème de hautbois vient évidemment de Mahler) :

A propos de « Mission », il déclare que le meilleur de cette partition du film était son « effet technique et spirituel ». Il veut dire par là la façon dont cette musique réussit à combiner trois thèmes musicaux du film. La présence de violons et du hautbois du père Gabriel représente « l'expérience de l'évolution de la musique instrumentale à la Renaissance ». Le film passe ensuite à d'autres formes de musique apparues avec la réforme de l'Eglise entreprise par le Concile de Trente, et se termine sur la musique des natifs Indiens. Il en est résulté un thème « contemporain » dans lequel les trois instruments- les instruments surgis de la Renaissance, ceux de la musique réformée post-conciliaire et les mélodies ethniques - s'harmonisent tout à la fin du film. « Le premier et le second thème vont ensemble, le premier et le troisième peuvent aller ensemble, et le second et le troisième vont ensemble », explique Morricone. « Cela était mon miracle technique qui, je le crois, fut une grande bénédiction ».

Et voici ce qu'il dit à propos de Benoît XVI et de la réforme liturgique :

Il voit en lui « un pape d'un esprit d'une grande noblesse, un homme d'une grande culture et aussi d'une grande force ». Il est particulièrement élogieux sur les efforts que fait Benoît XVI pour réformer la liturgie - un sujet qui tient très à cœur à E. Morricone. « Aujourd'hui, l'Eglise a commis une grosse erreur, en revenant en arrière de 500 ans avec des guitares et des chants populaires », argumente-t-il. « Je n'aime pas du tout ça. Le chant grégorien est une tradition vitale et importante de l'Eglise, et gâcher cela avec des mélanges de paroles religieuses et profanes d'enfants, de chants occidentaux est extrêmement grave, extrêmement grave ». Il affirme que c'est un retour en arrière parce la même chose est arrivée avant le Concile de Trente, quand des chanteurs mélangeaient le profane avec la musique sacrée. « Il [le pape] fait bien d'y remédier », fait-il observer. « Il devrait le faire avec encore plus de fermeté. Quelques Eglises en ont tenu compte, mais d'autres non ».

(Ennio Morricone est l'un des premiers à avoir répondu à l'invitation lancée par le pape à 500 artistes, pour une rencontre le 21 novembre prochain à la chapelle Sixtine « pour renouer les liens entre culture et religion », et à l'occasion des 10 ans de la très remarquable Lettre aux artistes de Jean-Paul II.)

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