19 juin 2008
Le pape, par procuration
Une fois de plus, hier, Benoît XVI a parlé de lui-même par l’intermédiaire d’un père de l’Eglise. C’est toujours émouvant :
Isidore fut sans aucun doute un homme aux contrastes dialectiques accentués. Et, également dans sa vie personnelle, il vécut l'expérience d'un conflit intérieur permanent, très semblable à celui qu'avaient déjà éprouvé Grégoire le Grand et saint Augustin, partagé entre le désir de solitude, pour se consacrer uniquement à la méditation de la Parole de Dieu, et les exigences de la charité envers ses frères, se sentant responsable de leur salut en tant qu'évêque. Il écrit, par exemple, à propos des responsables des Eglises : « Le responsable d'une Eglise (vir ecclesiasticus) doit d'une part se laisser crucifier au monde par la mortification de la chair et, de l'autre, accepter la décision de l'ordre ecclésiastique, lorsqu'il provient de la volonté de Dieu, de se consacrer au gouvernement avec humilité, même s'il ne voudrait pas le faire » (Sententiarum liber III, 33, 1 : PL 83, col 705 B). Il ajoute ensuite, à peine un paragraphe plus loin : « Les hommes de Dieu (sancti viri) ne désirent pas du tout se consacrer aux choses séculières et gémissent lorsque, par un mystérieux dessein de Dieu, ils sont chargés de certaines responsabilités... Ils font tout pour les éviter, mais ils acceptent ce qu'ils voudraient fuir et font ce qu'ils auraient voulu éviter. Ils entrent en effet dans le secret du cœur et, à l'intérieur de celui-ci, ils cherchent à comprendre ce que demande la mystérieuse volonté de Dieu. Et lorsqu'ils se rendent compte du devoir de se soumettre aux desseins de Dieu, ils humilient le cou de leur cœur sous le joug de la décision divine » (Sententiarum liber III, 33, 3 : PL 83, coll. 705-706).
10:30 Publié dans Benoît XVI | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




















































Commentaires
Ce mépris des "choses séculières" évoque forcément le jansénisme ou le libéralisme qui sépare la "sphère privée" de la "sphère publique".
On est bien à l'opposé du courant théologique scolastique ou panthéiste, qui fait référence à la raison et aux mythes grecs. C'est saint Augustin contre saint François d'Assise. Les Romains contre les Grecs. Le siècle de Louis XV contre celui de Napoléon. Ce sont des "hommes du XIXe", qu'ils soient libéraux ou réactionnaires, qui ont fait de Voltaire un "homme du XIXe", ce qu'il n'est pas. C'est du point de vue "augustinien" que Voltaire est considéré comme un païen penché sur des choses basses. Du point de vue libéral qu'il est considéré comme un homme "lumineux" pour masquer les lacunes scientifiques du libéralisme.
En son temps Thomas d'Aquin a lui aussi eu à subir l'accusation d'être païen et moderniste.
Ça me chagrine assez de constater que Tariq Ramadan est à peu près le seul à ne pas considérer Voltaire comme un renégat et à se demander ce que Voltaire peut apporter à un musulman, à comprendre qu'il est à la fois Pangloss-Leibnitz-l'optimiste et Candide-le jardinier sceptique. L'enseignement laïc aplanit tout.
Écrit par : Lapinos | 20 juin 2008
Répondre à ce commentaireUn jour dans un vallon,
Un serpent piqûa Lapinos.
Que pensez-vous qu'il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva.
Voltaire.
Écrit par : le téméraire | 20 juin 2008
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