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30 avril 2008

Pourquoi la famille

Mgr Giampaolo Crepaldi, secrétaire du Conseil pontifical Justice et paix, a écrit un très beau texte sur la famille, sur le site de l’Observatoire international Cardinal Van Thuan (consacré à la doctrine sociale), dont il est le président.

« Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas les raisons pour lesquelles l'Eglise insiste tant sur l’importance de la famille pour la société et réaffirme sans cesse la valeur sociale inaliénable du mariage, comme Benoît XVI vient de le faire à New York. On pense que l'Eglise le fait exclusivement pour des raisons liées à la foi. Oui, l’importance de la foi en la parole de Dieu est assurément fondamentale pour l’Eglise. Mais l'importance du mariage pour la société, donc aussi la valeur politique de la famille, se fondent sur la raison. A l'origine de la société, en fait, il ne peut pas y avoir seulement deux individus, sans distinction de genre, mais un couple, un homme et une femme, une communauté de deux individus qui, mutuellement complémentaires et ouverts à la vie naissante, génèrent la communauté. En bref, une communauté issue d’une communauté. Si cette communauté n'existe pas au départ il n'y en aura jamais. Si au début il n'y a que deux individus, au lieu d'un homme et d'une femme qui décident de se donner et de partager leur existence en s'ouvrant à la vie des autres, la société ne sera toujours et seulement qu'une somme d'individus, jamais une communauté. Telles sont les raisons pour lesquelles la société ne peut que s’effondrer si elle ne soutient pas et ne développe pas la réceptivité à la vie, si elle n’adopte pas et ne développe pas la famille comme communauté originelle, comme la première communauté qui fonde toutes les autres. La vie elle-même, en tant que don reçu et non produit, et la famille, en tant que couple uni non par simple désir mais par vocation, insufflent dans la société le don d'être ensemble, et d’être ensemble comme un don, et non pas simplement comme l’expression du désir ou de la possession. En accueillant la vie qui frappe aux portes de l'existence, comme autre chose qu’une activité chimique de laboratoire, la société apprend à recevoir  et pas seulement à fabriquer,  elle apprend comment on se met au service d’un projet qu’elle n’a pas produit d’elle-même et qui n’est pas le résultat de notre soif de réalisations. En acceptant de se fonder sur la sexualité, sur la différence et la complémentarité de genre, la société épouse la notion de réciprocité et de don. C’est là que se trouve le lien profond entre la sexualité et la société. Considérée dans ses implications personnelles et son ouverture à la vie, la sexualité est l’origine même de la société. La sexualité est la rencontre de communion ouverte à la vie entre deux personnes, qui s’intègrent l’une à l’autre dans l’acceptation d’une vocation et d’un bien commun qui transcendent les deux individus pris séparément. »

Commentaires

Les "très beaux textes sur la famille" ne peuvent rien contre la réalité historique et politique qui veut que ça soit l'institution étatique supérieure qui détermine la forme de l'institution familiale.

Un modèle familial de type "homme et femme avec enfants" n'a aucune chance de s'imposer dans un régime économique et politique où ce schéma n'est plus utile, voire présente certains inconvénients (le travail des femmes est une nécessité économique actuellement, ne serait-ce que parce que les femmes tirent les salaires vers le bas, notamment dans les services qu'on ne peut pas "délocaliser" aussi facilement que la production industrielle.)

De la même façon le discours soixante-huitard sur l'"amour libre" n'avait aucune chance de s'imposer dans la réalité. Beaucoup d'avortements aujourd'hui sont légitimés par le seul besoin de préserver les apparences sociales, on le voit notamment dans les reportages consacrés à l'IVG pratiquée en Hollande ou en Angleterre - bien loin de l'idéologie de l'"amour libre", par conséquent.

D'ailleurs le lobby gay fait preuve d'un attachement quasi-fanatique au mariage romantique. Et ce Mgr Crepaldi n'est pas très éloigné du mariage romantique, dans la mesure où il est très confus et très vague sur les origines historiques du mariage, qu'il fait remonter à Adam et Eve, sans beaucoup plus de précisions. Avant le mariage chrétien, il y a eu un mariage païen.
D'ailleurs le code de droit canonique romain, avant le lobby gay, a supprimé le lien qui était fait auparavant par le code entre mariage et procréation.
La sublimation du mariage, détaché des réalités concrètes, voilà un discours qui caractérise à la fois le discours actuel commun de l'Eglise et le discours social ambiant. Même le divorce est souvent envisagé comme une très haute idée du mariage.
Je rappelle que Jésus explique à la femme juive que le mariage n'est pas de son royaume. Pas plus qu'on ne doit sacraliser l'impôt réclamé par César, les institutions humaines en général, il ne faut sacraliser excessivement le mariage.

Ecrit par : Lapinos | 30 avril 2008

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