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25 avril 2008
Combat de papes
Les producteurs de vin de Châteauneuf-du-Pape poursuivent en justice, pour « publicité mensongère », des producteurs du canton de Valréas commercialisant leur vin sous le nom « Enclave des papes ».
Ceux-ci sont venus à l’audience avec de nombreux partisans, certains habillés en gardes suisses, avec hallebardes, d’autres avec des pancartes om l’on pouvait lire : « Touche pas à mon pape » ou « Châteauneuf n’a pas le monopole des papes ».
Les producteurs de l’« Enclave des papes » ont déposé leur marque en 1974. Ils démentent vouloir usurper quelque appellation que ce soit et ne comprennent pas l’action de leurs collègues de Châteauneuf : « Nous, vignerons de l’Enclave des papes, avons toujours été respectueux et amis avec les vignerons de cette appellation prestigieuse, qui semble vouloir tout se permettre au point de renier et mépriser la riche et fière histoire de notre enclave », déclarait leur porte-parole devant le tribunal de Carpentras.
Le président de la fédération des syndicats de producteurs de châteauneuf-du-pape font valoir que l’appellation Enclave des papes introduit une confusion pour le consommateur, notamment à l’étranger : « On est obligé de lutter contre tout le monde, nous avons mis en place une veille juridique : chaque semaine, en France ou dans le monde, on essaie de déposer une marque contenant le mot pape. Soit on ne dit rien et on va se retrouver avec des papes partout, soit on se bat. »
Aussi ahurissant que cela paraisse, le procureur s’est rangé du côté de Châteauneuf-du-Pape, estimant que l’appellation « Enclave des papes » était « de nature à créer une certaine confusion dans l’esprit du consommateur », et demandant la condamnation des prévenus à une amende de 3.000 à 5.000 euros, éventuellement avec sursis par « souci d’apaisement ».
Mais les vignerons de Valréas et des alentours sont parfaitement dans leur droit. Quiconque va dans cette région voit des pancartes officielles indiquant qu’il entre dans l’Enclave des papes en même temps qu’il change de département et se retrouve dans le Vaucluse alors qu’il croyait être dans la Drôme. Si cette terre est un morceau de Vaucluse enclavé dans la Drôme , c’est parce qu’elle était une possession pontificale jusqu’en 1791. L’Enclave des papes est donc tout autant papale que Châteauneuf.
Les plaignants prétendent qu’ils défendent le concept d’AOC contre le concept de marque que veulent imposer les anglo-saxons.
La solution n’est pas d’interdire aux producteurs de l’Enclave des papes d’appeler leur vin Enclave des papes, ce qui est ubuesque, mais précisément de créer une AOC Enclave des papes, car ces vins très typés le méritent amplement.
Il serait tout de même fort de chasser une nouvelle fois les papes de leur enclave alors que même la Révolution française, tout en en enlevant au Saint-Siège ses droits sur le territoire, avait (exceptionnellement) respecté l’héritage historique lors du découpage des départements.
11:51 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note




















Commentaires
Là, je crois que les vignerons de Châteauneuf-du-Pape se trompent d’ennemis en attaquant ceux de l’ « Enclave des papes ». Les viticulteurs ont bien d’autres ennemis à combattre !
Ecrit par : abad | 25 avril 2008
Le problème des vignerons c'est plutôt qu'on dissuade les jeunes Français de boire du vin, alors que la qualité des vins s'est considérablement améliorée.
L'Etat-puritain fait porter le chapeau du nombre de morts sur les routes à la consommation d'alcool afin de mieux en exonérer l'industrie automobile. D'ailleurs c'est en Bretagne et dans le Nord, où on boit relativement peu de vin, qu'il y a le plus d'alcooliques (et de suicides).
Il est interdit de prendre le volant au-delà de trois verres de vin, mais il est parfaitement autorisé de faire de la publicité partout pour des bagnoles qui roulent à 200 km/heure.
Les Britanniques, pour ce qui est de la consommation d'alcools en tous genres n'ont rien à nous envier, et pourtant il y a beaucoup moins de morts sur les routes en l'absence de puissant lobby automobile. Boire ou conduire, il faut choisir... de boire.
Ecrit par : Lapinos | 25 avril 2008
Je comprends parfaitement la vigilance des vignerons de Châteauneuf-du-Pape dans leur chasse aux petits malins voulant jouer sur les possibles confusions.
Je ne pense pas non plus que les vignerons du C9P aient beaucoup de problèmes de commercialisation de leurs vins.
Enfin, je ne vois pas ce que viennent faire l'automobile et les anglais dans un commentaire précédent et loue l'existence d'un lobby automobile allemand qui permet encore des espaces de liberté. Mais ceci est hors sujet.
Pierre,
oenophile et amateur de voitures rapides,
mais activités toujours séparées.
Ecrit par : PLC | 26 avril 2008
Le principal problème des viticulteurs, bien que la qualité de la production se soit améliorée, c'est la chute de la consommation de vin en France.
Le rapport ? C'est que cette chute est en partie due à l'interdit moral qu'on fait peser sur la consommation d'alcool et de vin en particulier.
Et l'exemple de l'automobile pour montrer à quel point cet interdit moral sur le vin est hypocrite. Aussi soûls soient-ils à la sortie d'une boîte de nuit, si les jeunes Bretons rentraient chez eux à pied ensuite, ça ne serait pas la même hécatombe sur les routes chaque année.
Vous faites bien de parler de l'industrie automobile allemande, PLC, car l'implication de bolides allemands de fort tonnage dans des accidents particulièrement meurtriers est bien connue des services de prévention routière.
Il serait équitable qu'on mette une étiquette sur les bolides 4x4 Volkswagen ou Porsche ou BMW ou Audi avant de les vendre, une étiquette du type : "Ce véhicule a causé la mort de xxx enfants cette année sur les routes."
On peut penser que si la consommation de vin retrouvait un niveau normal, les viticulteurs se crêperaient moins le chignon pour des questions de marques et d'appellations.
Ecrit par : Lapinos | 26 avril 2008
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