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17 avril 2008
La religion n’est pas seulement une affaire privée
En attendant la publication du texte de l’allocution de Benoît XVI aux évêques américains, on pourra se reporter à e-deo qui en donne des extraits. Le pape a ensuite répondu à trois questions. Voici un extrait d’une des réponses, en rapport direct avec le passage de son allocution contre la tendance à « traiter la religion comme une affaire privée », car « c’est seulement lorsque la foi imprègne chaque aspect de leur vie que les chrétiens deviennent vraiment ouverts à la puissance transformante de l’Evangile » :
« Nous devons reconnaître avec inquiétude l’éclipse presque totale de sens eschatologique dans beaucoup de nos sociétés traditionnellement chrétiennes. Comme vous le savez, j’ai attiré l’attention sur ce problème dans l’encyclique Spe Salvi. Il suffit de dire que la foi et l’espérance ne se limitent pas à ce monde : comme vertus théologales, elles nous unissent au Seigneur et nous attirent vers l’accomplissement, non seulement de notre destinée personnelle, mais aussi de toute la Création. La foi et l’espérance son l’inspiration et la base de nos efforts pour nous préparer à la venue du Royaume de Dieu. Dans le christianisme, il ne peut pas y avoir de place pour une religion purement privée : le Christ est le Sauveur du monde, et, en tant que membres de son Corps, partageant ses munera prophétique, sacerdotal et royal, nous ne pouvons pas séparer notre amour pour lui de notre obligation à bâtir son Eglise et étendre son Royaume. Dans la mesure où la religion devient une affaire purement privée, elle perd véritablement son âme. »
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Commentaires
Effectivement, il est des vérités ou des évidences qu'il est bon de rappeler.
La religion chrétienne n'est effectivement pas qu'une affaire privée, sinon à quoi bon faire partie du peuple des baptisés? Nous sommes, comme nous le rappellent les écritures, une communauté et un peuple, mais pas un individu.
Mais cela est sans doute vrai de toutes les religions.
Ce sont les principes religieux qui sont à l'origine de toutes les sociétés et des règles qui les régissent.
Nier la dimension religieuse ou spirituelle d'un peuple d'une nation ou d'une civilisation équivaut à nier ce peuple, cette nation et cette civilisation.
Une société "laïque" qui serait régie par des principes "droit-de-l'hommiste-modialiste" ne peut fonctionner qu'en établissant des dogmes à l'identique des religions qu'elle décrie ou nie, pour devenir la nouvelle religion qui les rassemblera toute. Le mondialisme, par l'un de ses représentants qu'est l'UE, tente de réitérer le syncrétisme de l'empire romain.
Le schéma 2000 ans après reste le même. Nous savons qui refusait ce syncrétisme comme aujourd'hui. Nous connaissons aussi la suite.
Ecrit par : roland | 17 avril 2008
Par sa merveilleuse allocution Benoît XVI rappelle que les chrétiens n'ont pas à cantonner leur religion à la sphère privée, mais qu'elle est un motif d'action notamment politique.
Le Christ veut régner et il régnera.
Cela ne veut pas dire que la société ne doive pas être laïque. La laïcité est un concept chrétien (est laïc celui qui n'est pas clerc et il a des affaires propres qu'il gère à sa guise dans la limite de la moralité individuelle et sociale). La saine laïcité c'est que la société respecte toutes les croyances NON CONTRAIRES AUX DROITS DE L'HOMME, c'est-à-dire à la justice et à la vérité, autrement dit, contraires à ce que les juristes appelleraient l'ordre public. (Un croyance homicide ou incitant à l'homicide est illicite, ou proclamant l'inégalité des humains dans leurs droits fondamentaux, les laïcs, parce que c'est leur domaine exclusif, doivent l'interdire).
Le laïcisme veut empêcher les chrétiens de s'exprimer en cette qualité sous prétexte de respect de toutes les relgions. Il s'agit d'un sophisme contradictoire dans les termes. Le laïcisme veut empécher les chrétiens d'agir ouvertement en tant que tels dans la société politique et civile, sous prétexte de respect de toutes les religions. Le laïcisme nous prend pour des imbéciles.
Le chrétien respectera la liberté religieuse et les droits de l'homme dans son action politique parce qu'il trouve cette doctrine morale dans la révélation. Mais il parlera et agira en qualité de chrétien, sans pouvoir cependant imposer (parce qu'il n'a pas de titre à le faire) son opinion sous prétexte de religion, car il n'est ni pape, ni évêque. Mais s'il met en avant ses convictions, seul ou, mieux, en société, on ne pourra l'empêcher de s'exprimer sous prétexte de laïcité.
Attention donc aux reflexes pavloviens aux mots "droits de l'homm" ou "liberté religieuse", aux raisonnements hâtifs, donnant des conclusions non moins hâtives dans ces domaines très subtils.
C'est lorsque les citoyens seront en majorité d'accord pour proclamer le Christ-Roi qu'il régnera
Nous pourrons savoir alors que la société est toujours à réformer et améliorer, que le règne du Christ est un règne de douceur il règnera et imposera la liberté religieuse et le respect des droits de l'homme.
Ecrit par : Denis Merlin | 17 avril 2008
L'augustinisme (le catholicisme surtout) de Benoit XVI fait du bien.
En remettant à l'honneur les fins dernières, il nous sort du carcan des spiritualités laïques et des appels univoques à construire ou achever la création (entendus comme seul modèle de spiritualité) dans lesquelles, je trouve que les âmes étouffent et s'asphyxient.
Ecrit par : Antoine | 17 avril 2008
- L'augustinisme de Benoît XVI consiste à identifier les fins dernières au Jugement et au purgatoire, une façon particulière d'envisager la parousie.
Si la société contemporaine veut "achever" la création, c'est dans le sens de la détruire ou de la consommer, non pas d'ajouter de la création à la création, comme les humanistes de la Renaissance, injustement attaqués par Benoît XVI veulent. Autrement dit notre société n'est pas artistique, comme la Grèce classique ou la France de Louis XV, elle est industrielle.
- Contre votre prosélytisme laïc, Merlin, premier démenti fondamental à vos propositions formelles, je suis obligé de répéter que ce qu'on appelle communément "sphère privée" n'existe pas. Il est impossible de dissocier l'Etat moderne de la société civile dont il est une émanation. En tant que membre de la société civile, on participe à la création de l'Etat quotidiennement.
Faire du suffrage comme fait Mgr Barbarin une action morale, constitue un pur syllogisme détaché de la réalité puisque par son vote le citoyen contribue à créer l'Etat, comme il y contribue par son travail quotidien, qu'il soit fonctionnaire ou pas.
Si on aime la théorie des ensembles : les deux sphères se confondent.
Au-dessus des deux sphères les fameux "droits de l'homme" ne sont qu'un des éléments de la mythologie laïque ; on peut penser que même Luther aurait dénié toute profondeur à ce mysticisme-là qui n'est qu'une vaste mystification. Une fiction qui rend moins compte de la réalité que l'odyssée d'Homère.
Aussi fictive votre laïcité purifiée de la réalité du laïcisme.
Tant que vous ne direz pas la recette pour changer le plomb en or, les droits virtuels en droits réels, et le laïcisme en laïcité, vous n'aurez rien dit.
Conclusion : vous êtes un alchimiste, Merlin.
Ecrit par : Lapinos | 18 avril 2008
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