17 mars 2008
Turquie : la contre-offensive laïque
La Cour constitutionnelle turque a entamé l’examen de la demande d’interdiction de l’AKP, le parti au pouvoir et largement majoritaire au Parlement. La Cour a été saisie vendredi de cette demande, émanant du procureur de la Cour de cassation. Celui-ci a déposé un dossier de 162 pages, où il accuse l’AKP de prôner un modèle d’islam qui « vise à établir un Etat gouverné par la charia et si nécessaire recourir à cette fin au terrorisme ». Il accuse l’AKP d’être devenu « le foyer d’activités allant à l’encontre de la laïcité », et estime que le parti se servira jusqu’au bout de la « takkye » (la taqiya) pour dissimuler ses véritables objectifs. Le procureur réclame que 71 membres de l’AKP, dont le Premier ministre Erdogan et le Président Gül, soient interdits de politique pendant cinq ans. La procédure pourrait durer plusieurs mois.
Tel est le nouveau bras de fer entre les laïcistes et les islamistes en Turquie. C’est la réponse du camp laïque à la réforme constitutionnelle permettant le port du voile à l’université.
Le commissaire européen à l’élargissement, Olli Rehn, a appelé dès samedi la justice turque à ne « pas se mêler de politique démocratique », car « dans une démocratie européenne normale, les problèmes politiques sont débattus au Parlement et tranchés par les urnes, pas dans les tribunaux ». Et le commissaire de se livrer à un cours sur la séparation des pouvoirs...
Mais il ne peut rien au fait que la Cour constitutionnelle turque est parfaitement habilitée à interdire les partis politiques, et elle ne s’en prive pas. Elle en a déjà interdit 24, dont les trois partis créés successivement par Erbakan, et dans lesquels Erdogan et Gül ont fait leurs premières armes.
Naturellement, le gouvernement allemand a été le premier, après la Commission européenne, à voler au secours de l’AKP, qui « est à l’évidence un parti démocratique », et à dénoncer l’action du procureur qui « va à l’encontre de la volonté du peuple turc ».
Les musulmans en Allemagne sont très majoritairement turcs, et les imams sont payés par le gouvernement turc...
15:17 Publié dans Dans le monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : turquie



























Commentaires
""""Le commissaire européen à l’élargissement, Olli Rehn, a appelé dès samedi la justice turque à ne « pas se mêler de politique démocratique »,"""
De quoi se mêle cet empaffé de commissaire? pour une fois qu'une institution essaie de bloquer l'avance de l'islam conquérent!!!
plus dhimmis que nos politiques cela n'existe pas!!
quand a donner des cours de démocratie, il n'est que voir comme celle ci est respectée en europe...exemple récent avec le soit disant minitraité..
mais c'est connu, nos "zélites" n'ont ni amour propre ni pudeur et ne savent que donner des leçons de maorl aux autres!!
Ecrit par : richard83 | 17 mars 2008
La laïcité "positive" est le régime allemand, aussi est-il naturel de voir les élites allemandes souhaiter qu'il s'impose à l'étranger.
En revanche la Turquie, bien que très affaiblie par rapport à ce qu'elle fut, est un véritable Etat comme la France, et non pas une fiction juridique comme les Etats-Unis ou l'Allemagne, c'est-à-dire un régime où le droit public est plus ou moins dissout dans le droit privé.
L'islamisation de la Turquie a plus ou moins long terme est donc assez inéluctable, mais ce n'est pas vraiment le problème. Le véritable problème c'est la dissolution des Etats européens les uns après les autres, en terminant par la France et le Royaume-Uni, sur le modèle américain.
Il va sans dire qu'une Europe sénile, coupée des vérités premières, ne peut pas résister à l'envahissement par des Etats jeunes où règne une pensée forte. Après tout ça ne serait que justice. Aux parents indignes l'avenir réserve des enfants révoltés et sans pitié.
Ecrit par : Lapinos | 18 mars 2008
La laïcité positive est une conception idéale du droit qui n'a pas cours dans les Etats fondés en fait, et pas seulement en droit, pour une simple et bonne raison : l'histoire abolit ce genre de conception rousseauiste ou fichtienne naïve.
Ceux qui soutiennent ce genre de concepts naïfs, Sarkozy en tête, se situent en-dessous du niveau de raisonnement juridique d'ores et déjà atteint par les théoriciens du droit musulmans.
Ecrit par : Lapinos | 18 mars 2008
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