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Pourquoi Agoravox va devenir une fondation... belge

Une intéressante leçon de choses...

Le célèbre site Agoravox, fondé par Carlo Revelli en 2005, revendique près de 30.000 rédacteurs inscrits, 1.000 modérateurs et un million de visiteurs par mois. Carlo Revelli explique qu’il a décidé de transformer Agoravox de société commerciale en fondation, afin de « garantir son indépendance et de préserver son avenir ».

Depuis un an, Carlo Revelli a été approché par des sociétés « souhaitant investir dans Agoravox des fonds relativement importants ». A l’AFP, il précise qu’il a reçu des propositions entre 10 et 20 millions d’euros. « C’était très flatteur et très tentant mais cela risquait de pervertir le mode de fonctionnement. » En bref, l’investisseur cherche des profits, et c’est celui qui paie qui commande. Ce qui est contraire à l’éthique d’Agoravox. « D’autant plus que, vous vous en doutez, les investisseurs les plus intéressés exercent surtout dans les sphères classiques du pouvoir, de la finance et des médias traditionnels... » « En outre, lors de la dernière présidentielle (date à laquelle AgoraVox a eu une importante couverture médiatique), je me suis rendu compte des pressions ou menaces que nous pouvions subir et surtout de notre fragilité relative. »

Pour préserver l’indépendance d’Agoravox tout en permettant son développement, Carlo Revelli a donc décidé de créer une fondation.En France, explique-t-il, il y a trois sortes de fondations : la « fondation d’entreprise » qui, comme son nom l’indique, est créée par une entreprise : elle est donc tributaire des décisions de l’entreprise ; la « fondation abritée » qui consiste à obtenir une reconnaissance de la part de la Fondation de France ou de l’Institut de France afin de bénéficier de leur statut d’utilité publique. « Mais pour ces deux instituts que j’ai contactés, curieusement la problématique de la liberté d’expression ne semble pas entrer dans leurs champs d’action... » Reste la « fondation reconnue d’utilité publique », mais il faut au moins un an pour obtenir ce statut, avec un apport minimum d’un million d’euros et surtout il faut accepter que le ministre de l’Intérieur siège au conseil d’administration...

De ce fait, Agoravox va émigrer sans doute en Belgique (ou en Italie), où « la législation semble bien plus ouverte et favorable à ce type d’initiative d’intérêt général ».

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