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(Vigile de la Toussaint)

La suppression de la vigile de la Toussaint a laissé la place à la seule célébration de la corruption mercantile d’une parodie de superstition païenne. Dommage.

On voit dans les actes du concile de Gérone (Espagne) de 567 qu’il y avait alors dans cette portion de la chrétienté deux jeûnes de trois jours dans l’année : dans la semaine après la Pentecôte, et les trois premiers jours de novembre. Préfiguration des quatre temps.

Curieusement, on lit dans une lettre d’Alcuin à son ami Arno, archevêque de Salzbourg, en 799, à la fin d’un paragraphe sur le sens de la fête de la Toussaint : « En une sincère dévotion, faisons précéder cette très sainte solennité de trois jours de jeûne, de prière, de messes chantées, et d’aumônes les uns pour les autres. »

Il semble que ce soit la seule mention de ces trois jours de jeûne, trois jours avant les trois jours de jeûne qui avaient été institués en Espagne. Pour l’auteur de la continuation de l’Année liturgique, on avait avancé les trois jours pour les faire correspondre à la vigile de la fête nouvelle de la Toussaint. L’affirmation est sans doute hasardeuse, car il est peu probable qu’une coutume espagnole inconnue ailleurs ait été ainsi adoptée et modifiée dans l’empire carolingien.

Ce qui complique encore la chose est que depuis André du Chesne (mort en 1640) on considère que la fin de la lettre d’Alcuin est apocryphe, parce qu’on n’a pas de témoignage d’une fête de la Toussaint le 1er novembre avant son institution romaine en 835 (36 ans après la lettre).

Pourtant il y a la mention de la fête de la Toussaint dans le martyrologe de saint Bède (mort en 735), et dans le bréviaire il y a un sermon de saint Bède sur la Toussaint. Mais il est établi que ce sermon est l’un des nombreux sermons qui furent attribués à Bède mais qui ne sont pas de lui, et le martyrologe qui porte ce nom serait lui-même apocryphe. Il y a aussi une mention de la fête de la Toussaint le 1er novembre dans le pontifical d’Egbert, évêque d’York et ami de Bède… et premier maître d’Alcuin… Mais le manuscrit que nous avons de ce pontifical est du Xe siècle et l’on a très bien pu y ajouter la fête de la Toussaint. La conjonction Bède-Egbert-Alcuin est toutefois troublante.

Mais l’origine de la fête de la Toussaint le 1er novembre reste donc mystérieuse, même si l’on sait que c’est le lendemain d’Halloween…

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