Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

L’or du Linceul

Dans son deuxième livre sur le Linceul de Turin, Giulio Fanti, professeur d’ingénierie industrielle à l’université de Padoue, avait déjà signalé que les microparticules d’or trouvées sur le tissu provenaient de pièces byzantines, ce qui prouve son existence avant sa découverte en France et avant la date définie en 1988.

Giulio Fanti a repris ses recherches sur ces microparticules, avec son collègue Claudio Furlan, du Centre d’analyse pour la certification à la même université de Padoue. Ils les ont analysées par la méthode de « fluorescence X à dispersion d’énergie », et ont obtenu des conclusions précises, qu’ils ont détaillées dans un article publié sur Science Direct (Elsevier) en août dernier. Sur ce site on ne peut en lire qu’un très bref résumé, mais « Medievalists.net » en a tiré l’essentiel il y a quelques jours :

Parmi les 17 microparticules provenant du Linceul, cinq d'entre elles sont à 100% d'or pur et pourraient être liées à l'environnement d’or dans lequel le Linceul était exposé avant le délitement byzantin du XIe siècle. Deux des microparticules sont composées d'or (93–96%) avec des impuretés métalliques d'argent et de cuivre et pourraient être liées aux pièces de monnaie byzantines frappées entre 1028 et 1078; quatre d'entre elles sont composés d'or (70–89%) et pourraient être liées à des pièces frappées au cours de la période allant de 1059 à 1180; l'une d'entre elles est composée d'or (32%) et pourrait être liée à une pièce frappée de 1143 à 1180 par l'empereur Manuel I.

Ils soulignent que les particules d’alliage d’or et d’argent avec des traces de cuivre sont typiques de l’électrum byzantin, qu’on ne trouve nulle part ailleurs en corrélation possible avec le Linceul.

Ceci est conforme à l’hypothèse, que rappellent les chercheurs, selon laquelle le Linceul aurait été à Constantinople (au moins) jusqu’au sac de la ville par les Croisés en 1204. Ils rappellent le témoignage de Robert de Clari : « Il y eut un autre moutier qu’on appelait Madame Sainte Marie des Blachernes où le linceul où Notre Seigneur fut enveloppé y était qui chaque vendredi était dressé tout droit, si bien qu’on y pouvait bien voir la figure de Notre Seigneur. Et personne ne sut, ni Grec ni Français ce que ce linceul devint quand la ville fut prise. » Il est possible que ce soit lors de ses ostensions que des poussières d’or se déposèrent sur le tissu, ou parce qu’il était conservé dans de l’or, ou qu’on lui faisait toucher des pièces d’or.

(Le texte de Robert de Clari : “Il y en eu un autre des moustiers, que on apeloit madame Sainte Marie de Blakerne, où li sydoines là où Nostre Sire fu envelopés, y estoit, qui chascun vendredi se dressoit tous drois, si que on y povoit bien voir las figure Nostre Seigneur; ne ne seut on onques, ne Grieu ne François, que cist sydoines devint quant la ville fu prise.”)

Commentaires

  • La pseudo-datation de 1988 est pour donner raison à Blaise Pascal :
    "Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir et assez d’obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire."
    Mais Dieu a sauvé le Linceul de plusieurs incendies, et il lui a fallu accomplir un véritable miracle, la dernière fois, en avril 1997.

  • Une vidéo passionnante sur le sujet :

    https://www.youtube.com/watch?v=x8kXiDm5rLc

    Un travail remarquable, efficace et clair qui remet bien les choses en place avec des arguments détaillés. 46 minutes de bonheur ! A voir absolument !

  • ( Pourquoi pas cette autre vidéo ! )
    https://www.youtube.com/watch?v=W3eNAzIaYyc&list=RDEM0CMixDSoybJwPk38pwY3HQ&index=16

Écrire un commentaire

Optionnel