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Sergei Chepik

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Marie-Aude Albert, qui passe tellement de temps à faire connaître l’œuvre de son mari Sergei Chepik qu’elle n’a pas écrit depuis longtemps dans Reconquête – non seulement on lui pardonne, mais on la comprend de tout cœur – a réalisé un film de près d’une heure sur l’artiste. Film qui montre Chepik à Saint-Petersbourg, en fait à Leningrad, puisque nous sommes en 1988, peu avant que Chepik vienne s’installer à Paris.

Ce film commence de façon déconcertante (mais tout ce qui est russe commence de façon déconcertante…) par une déambulation de Chepik dans les rues de la ville, et au moment où l’on se demande si la visite va durer une heure on entre dans l’atelier de l’artiste, et alors commence une conversation absolument passionnante, qui nous introduit dans le processus même de conception des œuvres, à partir des principales toiles de la période « soviétique » de Chepik, dont Cécile Montmirail avait déjà parlé dans le numéro 284 de Reconquête, et qui ont été évoqués de nouveau par Marie-Aude Albert dans son grand article sur Chepik dans le numéro 323.

La « valeur ajoutée » du film est évidente : on entre réellement dans le tableau, et l’on peut en goûter les très nombreux détails, et leur signification, et la signification de l’ensemble, d’autant que Chepik est un Russe volubile, qui aime parler de son travail (et continue de parler en travaillant…) à la façon slave qui peut être elle aussi… déconcertante pour des Français qui ont sucé le lait du raisonnement logique et rationnel. Mais on est là avec Petrouchka et les clowns tragiques, avec la vie de la Russie profonde autour de l’Arbre, dans la nef sinistre de la Maison des morts, et dans des tourbillons de couleurs qui font découvrir des personnages à n’en plus finir, dont font partie les oiseaux, les chiens et le cochon qu’il ne faut jamais oublier…

C’est aussi une leçon sur ce qu’est le travail du peintre authentique : cela commence par une « esquisse » qui est un dessin très précis, car tout commence par le dessin qui est essentiel (et Chepik parle comme Henri Charlier), puis on reporte le dessin de petite dimension (quadrillé) à la craie sur la grande toile puis on fait les « dessous » avant de mettre les couleurs…

Merci Marie-Aude Albert pour cette superbe évocation.

C’est bien sûr à voir en plein écran.

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