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Saint Anicet

Cette fête de l’Invincible, selon la signification du nom d’Anicet en grec [Ἀνίκητος], est entrée dans le Calendrier romain en même temps que plusieurs autres fêtes de papes de l’antiquité, vers la fin du moyen âge seulement, mais son culte est beaucoup plus ancien. A la mémoire de cet illustre pontife est dédié un oratoire très riche de peintures et de marbres, dans le palais Altemps, à Rome, où, sous Clément VIII aurait été déposé le corps du Saint [cf. ci-dessous la peinture au centre de laquelle est représenté le martyre d’Anicet]. Cependant l’antique tradition romaine, représentée par le Liber Pontificalis, veut au contraire qu’il soit enseveli au Vatican, près de la tombe du Prince des Apôtres où, en effet, furent ensevelis tous les papes des deux premiers siècles. Nous savons en outre par saint Irénée que, à la fin de l’an 154 ou au commencement de 155, saint Polycarpe, disciple de l’apôtre Jean, vint de Smyrne à Rome pour consulter saint Anicet relativement aux questions qui agitaient alors les Églises à propos du jour où l’on devait célébrer la fête de Pâques. Les raisons adoptées par saint Polycarpe en faveur de l’usage asiatique ne convainquirent pas Anicet, et les motifs de celui-ci n’ébranlèrent point Polycarpe. Toutefois si grande fut la vénération qu’inspira au Pape la présence du vieux disciple de saint Jean, que, tout en ne se mettant pas d’accord avec lui sur un point purement disciplinaire, Anicet céda à Polycarpe l’honneur de célébrer, en présence de la communauté des fidèles de Rome, la synaxe eucharistique.

Bienheureux cardinal Schuster

Voici le texte de saint Irénée tel que le cite Eusèbe :

« Parmi ceux-ci, les presbytres avant Soter qui ont présidé à l'église que tu gouvernes aujourd'hui, nous voulons dire Anicet, Pic, Hygin, Thélesphore, Xystus, ne gardaient pas, eux non plus, [les observances des Asiatiques sur la date de Pâques] et ils ne les imposaient pas à ceux qui étaient avec eux, et, sans les garder, ils n'en restaient pas moins en paix avec ceux des chrétientés où cette coutume était en vigueur, lorsque ceux-ci venaient à eux ; pourtant la différence paraissait davantage entre ceux qui gardaient et ceux qui ne gardaient pas les observances. Personne cependant n'était jamais chassé pour cette façon de se conduire, mais les presbytres qui l'ont précédé, qui eux-mêmes n'observaient pas celte coutume, envoyaient l'eucharistie à ceux des chrétientés qui la gardaient. Le bienheureux Polycarpe, lui aussi, fit un séjour à Rome sous Anicet ; ils avaient entre eux divers autres différends de minime importance, ils furent rapidement d'accord, et sur ce chapitre ils ne chicanèrent pas. Anicet ne pouvait pas en effet persuader à Polycarpe de ne pas observer ce qu'avec Jean, le disciple de notre Seigneur, et avec les autres apôtres, dont il avait été le familier, il avait toujours observé. Polycarpe de son côté n'amena pas non plus à l'observance Anicet, qui lui dit qu'il fallait conserver la coutume des presbytres qui avaient précédé. Les choses étaient ainsi: ils restèrent unis l'un à l'autre, et à l'église Anicet céda l'eucharistie à Polycarpe, évidemment par déférence, et ils se quittèrent l'un l'autre en paix, et dans l'Église tous avaient la paix, qu'ils gardassent ou non l'observance. »

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Commentaires

  • Clin d'oeil de la Providence : Anicet était syrien !

    XII. ANICETVS

    1 Anicitus, natione Syrus, ex patre Iohanne, de uico Humisa, sedit ann. XI m. IIII d. III. Fuit autem temporibus Seueri et Marci, a consulatu Gallicani et Veteris (150) usque ad Praesente et Rufino (153). 2 Hic constituit ut clerus comam non nutriret, secundum praeceptum apostoli. Hic fecit ordinationes V per mens. Decemb., presbiteros XVIIII, diaconos IIII ; episcopos per diuersa loca numero VIIII. Qui etiam obiit martyr et sepultus est in cymiterio Calisti XII kal. Mai. Et cessauit episcopatus dies XVII.

  • Quelques coquilles dans la traduction du texte d'Eusèbe :

    "fit un séjour à Rome", je suppose (je ne pense pas qu'il ait "lu at home", ni même à Homs malgré sa nation d'origine...

    Cum grano salis...

  • C'est le problème des scans non relus et de ma relecture trop rapide d'un site auquel je croyais pouvoir faire une confiance absolue. Ainsi "cette" devient si facilement "celle", "fit devient "lit", et Rome devient Home si le haut du R était plus pâle. Mais j'aurais dû voir au moins ce Home qui n'était pas si sweet.

    Et pourtant j'ai corrigé une faute manifeste de traduction. Il y avait: "Anicet cédait l'eucharistie à Polycarpe". L'imparfait n'est guère compréhensible. Ils voulurent être ensemble à la messe avant le départ de Polycarpe pour montrer que malgré leurs différends ils étaient en communion. Or le texte a bien un aoriste. Au passage il semble donc bien qu'ils n'aient pas eu l'idée de concélébrer...

  • On vous pardonne volontiers, surtout que l'on imagine, vous connaissant, que vous avez surtout l'esprit occupé à lire l'Exhortation du 9 avril, et à faire votre examen pour voir si vous ne pécheriez pas par gnosticisme ou pélagianisme, selon les innombrables modalités décrites aux §§ 40 et 57. Que valent ces coquilles face aux pires poisons de l'âme qui nous guettent à chaque instant, et qu'aucun pape n'avait eu la lucidité ni le courage de dénoncer?

  • Hélas, comme mon cas est désespéré, je préfère ne pas m'infliger la souffrance d'un trop lucide diagnostic...

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