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20e dimanche après la Pentecôte

Introit

Omnia, quæ fecísti nobis, Dómine, in vero judício fecísti, quia peccávimus tibi et mandátis tuis non obœdívimus : sed da glóriam nómini tuo, et fac nobíscum secúndum multitúdinem misericórdiæ tuæ.

Tout ce que vous avez fait, Seigneur, c‘est par un juste jugement que vous l’avez fait : car nous avons péché contre vous, et à vos commandements nous n’avons pas obéi. Mais donnez gloire à votre Nom et traitez-nous selon l’immensité de votre miséricorde.

Ces paroles résument le début de la prière qu’Azarias fait monter vers le Seigneur du milieu de la fournaise où Nabuchodonosor l’a fait jeter avec ses deux compagnons.

L'épreuve est sur tout le peuple depuis des années. Elle est sur eux trois, pour le moment, par la persécution et le feu. Ils demeurent paisibles. Tout à l’heure ils chanteront. Avant de chanter, ils prient pour le peuple dont ils sont, à cet instant, comme les représentants devant Dieu, dans la souffrance expiatrice. Ils reconnaissent que tout ce qui arrive a été mérité. Ils l’acceptent. Mais à côté de la justice, il y a la miséricorde. Ils ne l’oublient pas, et au-dessus des crépitements du feu s’élève leur beau cri de foi et de confiance : « Donne la gloire à ton nom et fais-nous miséricorde. »

Il est à peine besoin de souligner combien cette prière est à sa place en ici.

En ces temps où l’âme réfléchit sur les années qui s’allongent, sur la vie qui se raccourcit, sur le monde qui va vers sa fin, elle voit bien que tous les malheurs qui sont arrivés n’ont été que mérités et que ceux qui viennent le sont aussi. Prenant alors conscience de son rôle social, elle prie pour elle et pour tous les hommes. Admirable prière de l’Eglise qui demande les deux choses essentielles : la gloire pour le Seigneur et la miséricorde pour le monde.

Dom Baron

Contrairement à ce qu’on voit partout, cette antienne d’introït n’est pas inspirée de Daniel 3 31, 29, 35, mais de Daniel 3 31, 29, 30, 42, 43. C’est un résumé de toute la prière d’Azarias, avant le fameux cantique dit des trois enfants dans la fournaise.

Dom Baron fait remarquer que dans les manuscrits le chant ne commence pas par sol-do, qui sur omnia « dit une plénitude, une satisfaction, un bonheur qui sont tout à l’opposé des paroles d’humble contrition du texte », mais par sol-si, qui est la plainte correspondant au texte. (Il en est de même plus loin avec « et fac ».) On trouvera la partition restituée selon les manuscrits ici. Toutefois, bien que la dominante du troisième mode soit théoriquement le si, il y a une attirance naturelle vers le do, au point que la dominante est en fait devenue le do, d’où la partition du graduel romain. Certes, ici, on perd la plainte du début, mais l’expression n’est pas à ce point « à l’opposé » du texte, dans la mesure où Azarias a une ferme confiance en Dieu, ce qui apparaît donc désormais dès le début. Quoi qu’il en soit, le point culminant de cet introït est la magnifique montée sur « da gloriam », donne la gloire à ton nom, suivie de la profonde révérence sur « nomini tuo ».

N.B. Cet introit est aussi (ou d'abord) celui du jeudi de la Passion. Et c'est à ce jour qu'on en trouve la partition dans les anciens manuscrits. Mais tout le monde n'a pas la chance, comme moi, de l'entendre ce jour-là...

Commentaires

  • Bonjour Monsieur,
    j'ai regardé le lien vers la "partition restituée selon les manuscrits": les notations sont un peu différentes, est-ce que ça change la manière de chanter? y a-t-il des missels en France notés de cette manière, ou bien est-ce propre à l'Allemagne? je ne connaissais pas ce genre de partitions, merci de les avoir présentées.
    Bon dimanche

  • La différence est surtout, au début, le si à la place du do, comme je l'ai indiqué. C'est pourquoi j'ai renvoyé vers cette partition. Comme l'indique le © en bas de page, il s'agit d'une restitution réalisée par Anton Stingl, sur le site "Gregor & Taube" (saint Grégoire le Grand et la colombe).

    Pour ce qui concerne la notation au-dessus de la partition, il s'agit des signes des plus anciens manuscrits. Solesmes a publié un "Graduale Triplex" avec la notation carrée accompagnée de deux graphies anciennes.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Graduale_triplex

    http://www.abbayedesolesmes.fr/affichagelivres/graduale-triplex?position=2&list=fFlf0otDDKxd8JpPPNZrEVaQ5AVsSe-yoKEdV83P5pw

    En ce qui concerne la forme particulière des notes "carrées", dont certaines précisément ne sont pas carrées, c'est en effet important de les connaître, ou du moins d'en connaître certaines, pour le chant. Particulièrement de pouvoir différencier la tristropha - trois notes de même hauteur très légères, de la trivirga - trois notes de même hauteur appuyées. Ainsi la partition de Singl montre que les trois do sur "fac" sont une tristropha. (Ce n'est pas une invention de modernistes: dom Gajard en parle abondamment dans ses écrits.)

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