27 février 2014

Ils veulent faire des Arabes chrétiens des harkis d’Israël

Le Parlement israélien a adopté par 31 voix contre 6 une loi qui fait passer la Commission nationale sur l'égalité des chances dans l'emploi de 5 à 10 membres. Les cinq nouveaux sièges seront attribués à un représentant des travailleurs chrétiens, des travailleurs musulmans, des druzes, des juifs ultra-orthodoxes et des Falachas.

C’est la première fois qu’une loi israélienne parle de « chrétiens » et de « musulmans » pour qualifier des Arabes israéliens, sans employer le mot « arabe ». Ce n’est évidemment pas innocent. Et cette loi en annonce d’autres, destinées à faire passer les chrétiens palestiniens du côté israélien, au moment où d’autre part l’armée fait campagne pour recruter des chrétiens. L’auteur de la loi, Yariv Levin, du Likoud, avait expliqué :

« Ma loi donnera une représentation distincte et accordera une attention distincte à la population chrétienne, détachée des Arabes musulmans (...).C’est une démarche historique importante qui peut aider l’Etat d’Israël à conserver son équilibre et nous lier, nous et les chrétiens. Et je prends soin de ne pas les appeler Arabes car ce ne sont pas des Arabes. Les chrétiens peuvent devenir des directeurs d’entreprises publiques, il auront une représentation séparée dans les pouvoirs locaux et bénéficieront de chances égales pour l’emploi. La première loi que je ferai passer donnera aux chrétiens une représentation au Conseil consultatif de la Commission sur l'égalité des chances dans l'emploi. » Il ajoutait : « Nous et les chrétiens avons beaucoup de choses en commun. Ils sont nos alliés naturels, un contrepoids contre les musulmans qui veulent détruire le pays de l’intérieur. En même temps nous envoyons ce message : nous aurons une main de fer et une tolérance zéro à l’encontre des Arabes susceptibles de s’identifier au terrorisme palestinien. »

Bref, il s’agit d’une nouvelle application du principe « Diviser pour régner » (en faisant semblant d'oublier que plusieurs des pires terroristes palestiniens ont été des membres de la communauté chrétienne, comme Georges Habbache).

Le problème est qu’une fois de plus cela va se retourner contre les chrétiens. Car ils ne gagneront rien du côté israélien, où on les méprise comme arabes, quoi qu’en dise mensongèrement Yariv Levin, et ils seront vus comme des traîtres par leurs frères palestiniens musulmans. Et l’on sait ce que cela veut dire.

Commentaires

On peut noter que les chrétiens dans un Etat majoritairement juif ne se convertiront pas au judaïsme, cela ne leur est pas demandé ; dans un Etat majoritairement musulman, la pression sera forte, et ils sont nombreux à se convertir à l'Islam. Qu'ils conservent leur foi, c'est le point fondamental.

Le philopalestinisme, par exemple véhiculé par le baasisme, est un vecteur d'islamisation fort, le cas de Michel Aflak est emblématique. On peut en revanche espérer pour que les Chrétiens d'Israël convertissent des Juifs (cela est une nécessité que l'Israël selon la chair rejoigne avant la fin des temps pour sa plus grande partie l'Israël selon l'esprit et il faut prier pour cela) ; mais il faudrait que la volonté de conversion au christianisme prévale, notamment chez les Clercs ; mais le devoir d'évangélisation est abandonné en Orient comme en Occident, d'où des conversions à l'Islam toujours plus nombreuses. Au final, il vaut mieux pour leur âme qu'ils soient des harkis plutôt que des fellagas au service de l'islamisation.

Écrit par : P.R. | 27 février 2014

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En complément, reconnaissons que leur situation n'est pas facile mais il vaut mieux vivre en Israël qu'en Arabie, Egypte ou Soudan quand on est chrétien. Mais la solution idéale esquissée par le comte de Chambord au XIXe siècle, eût été la création de principauté chrétienne, territorialement tripartite, avec une région chrétienne reliée au Liban avec la Galilée, une Judée juive comme son nom l'indique, une cisjordianie musulmane (royaume confié à un Bourbon-Sicile héritier des rois de Jérusalem...). A vue humaine, il semble désormais trop tard pour rêver de cela.

Écrit par : P.R. | 27 février 2014

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Rappelons les paroles de Saint Jean à propos des Juifs,vous avez comme père le Diable et dire qu'il y en a encore qui se font des illusions sur eux les appelant nos frères aînés et nous les voyons devant Pilate réclamer le sang du Saint et ajoutant que son sang retombe sur nous et nos enfants;nous voyons bien que pour les chrétiens,il n'y a vraiment aucune possibilité d'entente avec eux sauf à renier sa foi pour sombrer dans le giron des perfides qui nous détestent,suffit de lire le Talmud mais notre époque veut ça car Dieu a frappé de cécité spirituelle les conducteurs,les chefs sauf un petit reste qu'on ne peut tromper;si nous en sommes là aujourd'hui avec les mots d'ordre sataniques du nouvel ordre mondial ,nous le devons largement à tous ces messieurs,fomenteurs des révolutions,des grands massacres,des cimetières sous la lune dont parlait Bernanos mais cela ne fait rien continuons à parler des méchants musulmans etc ........
Nous savons bien lorsque nous interrogeons notre coeur,notre conscience de catholiques que les musulmans qui sont au pouvoir en France bien entendu sont à l'origine du désastre français dans lequel nous sommes plongés,n'est-ce pas et c'est dit et seriné à longueur de journée sur les médias alternatifs catholiques dans une longue complainte d'excitation à une haine primordiale,ancestrale pour d'hypothétiques et futures situations de dhimmis,on rêve.
Mais alors,un homme comme Alain Escada qui établit une plate forme de convergence avec Madame Farida Belghoul, musulmane et que je ne connaissais d'ailleurs pas,c'est qui? un apostat,un hérétique?Un schismatique dévoyé issu de la FSSPX avec laquelle Benoît XVI s'il n'avait pas démissionné pour des raisons mystérieuses aurait bien fini par trouver un accord!On en était très proche et c'est peut-être l'un des éléments qui ont poussé des groupes de pression à l'écarter,qui sait!

Écrit par : amédée | 27 février 2014

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Quand saint Jean parlait des Juifs, il parlait des autorités juives, pas du peuple hébreu dont il était issu.

Écrit par : Florian 78 | 27 février 2014

Décidément,le mot harki aura été sali et galvaudé jusqu'au bout.

Écrit par : amédée | 27 février 2014

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Florian,c'est votre interprétation et je parie que vous avez la même sur que son sang retombe sur nous et nos enfants,ce ne sont jamais eux,c'est toujours leur clergé ou une infime fraction et ils n'ont jamais rédigé le Talmud plein de saletés et ils n'ont jamais fomenté de révolutions alors qu'ils sont derrière toutes et l'Eglise ne les a jamais tenus en juste suspicion durant des siècles et n'a jamais mis en garde contre les perfides dans ses prières,ben voyons et ils n'instaurent pas une véritable dictature empêchant de s'exprimer et au cours des siècles,tant d'éminents catholiques les ont dénoncés à tort,sans doute des fous!

Écrit par : amédée | 27 février 2014

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Vous êtes libre de vos opinions, mais il n'en demeure pas moins que lorsque le juif saint Jean dit "les Juifs" dans son évangile il désigne les chefs civils et religieux. C'est l'interprétation de 100% des exégètes.

(Quant aux grands cimetières sous la lune de Bernanos, je ne vois pas le rapport...)

Écrit par : Yves Daoudal | 28 février 2014

Daoudal,je vous laisse la responsabilité de votre affirmation sur 100 des exégètes sur Saint Jean et les juifs;ce n'est pas la mienne en tout cas et je vous remercie de me laisser libre de mes opinions qui me semblent conformes au grand confinement que l'Eglise au cours de siècles a manifesté non pas contre le judaïsme-on n'en discute même pas-mais contre les communautés juives de la diaspora,de leur gola;pourquoi au fait,Dieu par la puissance romaine avec Hadrien les a dispersés,pourquoi tout le peuple et non pas uniquement le clergé?on se souvient des grandes disputes qui eurent lieu à Barcelone;je suis désolé d'avoir à le dire mais cette grande prudence qui protégeait les chrétiens à cessé au moment de la Révolution surtout avec Bonaparte;mais je ne veux pas vous embarrasser plus sur ce sujet car nous vivons dans une véritable dictature où la liberté d'expression est réprimée dès qu'on touche à certains dossiers.
Quant à Bernanos,il faut se souvenir qu'il a été Camelot du Roi,royaliste,
avec Daudet et les autres,époque à des années-lumière de nous et il convient de relire les grands cimetières sous la lune sous cet éclairage dans un temps de terreur et d'horreur fomenté par les deux camps en présence d'ailleurs.
Pour les juifs,je ne disconviens pas qu'une minorité s'est donnée de tout coeur à Jésus mais l'immense masse du peuple juif non;si Jésus venait par nous en 2014,comment serait-il accueilli?Très mal sauf par un petit reste et bien en moins pire certes car notre époque a tout profané,c'est l'accueil qu'il a reçu parmi les siens y compris parmi son peuple et j'insiste là-dessus,pas uniquement par les clercs;les Evangiles nous décrivent les pages lumineuses de ces trois ans mais les pages sombres?
En tout cas,pour rien au monde,je ne vivrai parmi ce peuple déicide mais il ne l'est peut-être plus de nos jours pour les catholiques alors qu'il l'a été durant des siècles.

Écrit par : amédée | 28 février 2014

Voici ce que j'écrivais dans Daoudal Hebdo le 10 mars 2011:

Lorsque les pères de l’Eglise sont virulents contre « les juifs », c’est contre les autorités juives et ceux des juifs qui les suivent, pas contre « le peuple juif », qu’ils n’ont en outre jamais traité de « peuple déicide ».
Ceci est une imposture majeure, inventée par les ennemis de l’Eglise. Le mot « déicide » pour désigner le peuple juif ne se trouve dans AUCUN texte du magistère. Dans l’immense corpus patristique grec, on ne trouve que 17 fois (donc quasiment jamais) le mot « déicide » (1), jamais accompagné du mot peuple, et désignant des hérétiques, ou des pécheurs. Comme dans le Catéchisme du Concile de Trente : « Lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. » Juste avant, on peut lire : « Notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre, s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. »
Dans l’immense corpus patristique latin, on trouve encore moins le mot « déicide » que chez les pères grecs. On le trouve une fois chez saint Pierre Chrysologue… qui traduit une expression de saint Grégoire de Nazianze. Et une fois chez saint Augustin, dans son commentaire du psaume 65 :
« Le Seigneur ressuscita, et beaucoup crurent : ils n’ont pas compris quand ils l’ont crucifié, néanmoins plus tard ils ont cru en lui, et un si grand forfait leur fut pardonné. Le sang répandu du Seigneur a été pardonné à des homicides, que je ne dis pas déicides, car “s’ils avaient connu le Seigneur de gloire, ils ne l’auraient jamais crucifié”. Naguère donc, Dieu a pardonné aux homicides le sang innocent qu’ils avaient répandu ; ce même sang versé par leur fureur, ils l’ont bu par la grâce. »
Saint Augustin écrit : « ut non dicam deicidis ». Souvent, « ut non dicam » est une expression toute faite, comme l’expression française « pour ne pas dire », utilisée lorsqu’on veut atténuer la portée d’une qualification qu’on n’ose pas affirmer clairement. Mais ici ce n’est pas le cas. Saint Augustin rejette clairement la qualification de déicide (ils n’étaient pas déicides, ceux qui ont condamné un homme parce qu’il se prétendait Dieu), en s’appuyant sur saint Paul, comme le fera le Concile de Trente, et en insistant : Dieu a pardonné aux homicides.
Voilà ce que dit l’Eglise. Depuis toujours. N’en déplaise à ceux qui ne reviennent sur le sujet que pour reprocher une fois de plus à l’Eglise d’avoir accusé pendant de si longs siècles le peuple juif d’être déicide…

(1) En grec “theoktonos” (mais le mot est toujours au pluriel : “theoktonoi”, ce qui montre bien qu'il ne s'agit jamais du peuple juif). Le dictionnaire Bailly ne traduit d’ailleurs pas "theoktonos" par « déicide », mais par « qui fait mourir Dieu » : il ne s’agit pas de ceux qui auraient tué Dieu, mais de ceux qui le tuent aujourd’hui.

Écrit par : Yves Daoudal | 01 mars 2014

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Et Saint Thomas d'Aquin et Bossuet,Daoudal,pour ne citer qu'eux,qu'en faites-vous?

Écrit par : amédée | 02 mars 2014

Daoudal,je vous suis bien mais attendez,je cite mes mauvaises lectures"Dispersé dans le monde entier,ce peuple porte partout le stigmate du déicide,il n'a pas voulu de la bénédiction,la malédiction l'accablera.Le sang du Calvaire ne cessera de retomber sur lui et ses enfants.En dépit de toutes les causes de destruction,il traversera siècles et peuples,sans disparaître et se fondre.Cette race ne peut périr,il faut qu'elle dure pour expier son crime,jusqu'au jour où ses yeux s'ouvriront pour reconnaître et adorer le Dieu qu'elle a rejeté et crucifié:Videbunt in quem transfixerunt"page 248 les quatre Evangiles en un seul de Alfred Weber,chanoine, chez Dismas,commentaires;on parle des chefs religieux là-dedans? C'est pas un bon catholique ce chanoine,c'est un ennemi de l'Eglise approuvé par son évêque?
Dites-moi,vous êtes sûr qu'il n'y a jamais eu un courant,appelons-le comme ça d'une façon moderniste au sein du clergé catholique qualifiant le peuple juif de déicide au cours des siècles?Jusqu'à ce que vous affirmiez le contraire,je croyais même qu'il appartenait à la Tradition avec un un grand T.
Je continue,j'ouvre le missel quotidien et vespéral par Dom Gaspar Lefebvre page 811;là c'est vrai,on ne parle pas de peuple déicide mais des perfides juifs,les pauvres,ils en prennent pour leur grade et on ne fléchit pas les genoux, en 1920,date d'édition.
Je pourrais sortir de ma bibliothèque des livres religieux anciens allant dans mon sens et c'est bizarre,c'est depuis quelques décennies seulement qu'ils ne sont plus déicides mais avec le pape actuel extraordinaire,pratiquement nos éducateurs.
Allez,je vais aller à contre-courant;nous connaissons tous l'état tragique de l'Eglise aujourd'hui et le pouvoir mondain immense des désormais sortis de la gola s'ils le veulent mais ce déicide n'aurait-il pas emprunté d'autres formes pour aboutir à ce désastre?

Écrit par : amédée | 01 mars 2014

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