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En Persici ex orbis sinu

Voici la suite du grand poème de Prudence sur l’Epiphanie, avec la traduction de dom Guéranger. On reconnaîtra deux strophes de l’hymne des laudes.

En Persici ex orbis sinu,
sol unde sumit januam,
cernunt periti interpretes
regale vexillum Magi.

Quod ut refulsit, ceteri
cessere signorum globi,
nec pulcher est ausus suam
conferre formam Lucifer.

Quis iste tantus, inquiunt,
regnator astris imperans,
quem sic tremunt cælestia,
cui lux et aethra inserviunt ?

Illustre quiddam cernimus,
quod nesciat finem pati,
sublime, celsum, interminum,
antiquius cælo et chao.

Hic ille rex est gentium
populique rex Judaici,
promissus Abrahæ patri
ejusque in ævum semini.

Æquanda nam stellis sua
cognovit olim germina
primus sator credentium,
nati immolator unici.

Jam flos subit Davidicus
radice Jesse editus,
sceptrique per virgam virens
rerum cacumen occupat.

Exin sequuntur perciti
fixis in altum vultibus,
qua stella sulcum traxerat
claramque signabat viam.

Sed verticem pueri supra
signum pependit inminens,
pronaque submissum face
caput sacratum prodidit.

Videre quod postquam Magi,
eoa promunt munera,
stratique votis offerunt
thus, myrrham, et aurum regium.

Agnosce clara insignia
virtutis ac regni tui,
puer o, cui trinam Pater
praedestinavit indolem.

Regem Deumque adnuntiant
thesaurus et fragrans odor
thuris Sabæi, ac myrrheus
pulvis sepulcrum prædocet.

Hoc est sepulcrum, quo Deus,
dum corpus extingui sinit
atque id sepultum suscitat,
mortis refregit carcerem.

Au sein de l’Empire persan, de cette contrée où se lève le soleil, des Mages, investigateurs habiles, aperçoivent l’étendard du Roi.

A peine a-t-il brillé aux cieux que les autres sphères pâlissent : l’étoile du matin, malgré sa beauté, n’ose se montrer auprès de lui.

« Quel est, disent les Mages, ce Roi qui commande aux astres, qui émeut les globes célestes, à qui la lumière et l’air obéissent ?

« Ce que nous voyons est le signe de Celui qui ne connaît pas de terme, le Dieu sublime, immense, sans limites, dont la durée précède celle du ciel et du chaos.

« Il est le Roi des nations, le Roi du peuple judaïque ; il fut promis au Patriarche Abraham et à sa race, dans les siècles.

« Ce premier Père des croyants, qui sacrifia son fils unique, connut que sa race serait un jour nombreuse comme les étoiles.

« Voici que la fleur de David s’élève sur la tige de Jessé; la branche fleurit et devient un sceptre qui commande à l’univers. »

L’œil fixé au ciel, les Mages suivent en hâte le sillon de lumière que l’étoile leur traçait à l’horizon, pour régler sur la terre la voie qu’ils devaient suivre.

Le signe s’arrêta au-dessus de la tête de l’Enfant qu’ils cherchaient; il abaissa son flambeau, et leur découvrit cette tête sacrée.

Les Mages le voient ; aussitôt ils ouvrent les trésors de l’Orient, et, prosternés, lui offrent l’encens, la myrrhe et l’or des rois.

Reconnais les illustres symboles de ta puissance et de ta royauté, Enfant, à qui le Père a conféré par avance une triple destinée.

L’or annonce le Roi, l’odeur suave de l’encens de Saba proclame le Dieu, la myrrhe présage le tombeau:

Tombeau par lequel ce Dieu, laissant périr son corps, et le ressuscitant après la sépulture, brisera la mort et ses cachots.

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