16 janvier 2013

La CEDH et les quatre Anglais

La Cour européenne des droits de l’homme a rendu un arrêt de chambre (susceptible d’appel) concernant quatre affaires britanniques. On lira avec le plus grand intérêt, comme d’habitude, l’analyse de Grégor Puppinck, qui se bat de façon remarquable pour tenter de retarder l’inéluctable, à savoir la dictature du relativisme absolu. Cet arrêt, dit-il, « est le parfait exemple de la tendance liberticide du libéralisme, par laquelle une société fondée sur un consensus d'amoralité devient intolérante envers ceux qui continuent à exercer en conscience un jugement moral sur la conduite humaine ».

En effet. Mais il ne peut pas en être autrement. Et cet arrêt est exactement ce que l’on pouvait attendre.

En ce qui concerne Nadia Eweida, qui avait été licenciée de British Airways pour avoir porté une croix, la CEDH condamne les tribunaux anglais qui l’avaient déboutée et souligne qu’elle avait pleinement le droit de porter une croix. La CEDH respecte en effet la liberté religieuse, stricto sensu, tant que la Convention (le Conseil de l’Europe) dira qu’il faut la respecter…

En ce qui concerne Shirley Chaplin, elle aussi portait une croix, mais c’était à l’hôpital. Le changement d’uniforme, avec col en V, fit que la croix devenait apparente. Shirley Chaplin refusa de l’enlever, alors que selon l’hôpital la croix, qui pendait désormais, devenait un danger. La CEDH a retenu l’argument de l’hôpital. Même si la première raison n’était manifestement pas celle-là, on peut difficilement la contester.

Les deux autres cas sont de deux personnes qui ont été licenciées parce qu’elles devaient traiter d’affaires d’homosexuels et qu’elles refusaient. La CEDH les déboute. Forcément. Parce que telles sont les lois. Ces personnes se rendent coupables de « discrimination à raison de l’orientation sexuelle ».

Grégor Puppinck insiste sur la liberté de conscience. Mais il n’y a plus, légalement et juridiquement, de liberté de conscience, comme le montre précisément l’affaire du « mariage » homosexuel. Les édiles devront les célébrer, sinon ils seront hors la loi, et il sera inutile de se plaindre auprès de la CEDH, qui renverra tout simplement à la loi et au principe de non-discrimination…

Tel est le problème de la CEDH, qu’il faut garder à l’esprit : elle ne peut pas juger selon des principes, mais seulement selon le droit positif. Or celui-ci est de plus en plus contraire aux principes, et à la loi morale qui, comme le soulignait Jacques Chirac, ne saurait primer la loi civile…

Commentaires

Je ne partage pas tout à fait votre avis. L'infirmière aurait dû retirer sa croix, si on lui demandait de l'enlever pour des raisons de risques pour les malades. C'est la raison qui juge.

Pour ce qui concerne le traitement des homosexuels en revanche, il est certain que la Cour démontrerait (je n'ai pas eu le temps de lire les arrêts donc, je n'écris que par ouï-dire) son incompréhension du fondement des droits de l'homme. L'homme a une destinée qui n'est pas de ce monde, c'est pour cela qu'il a des droits fondés sur la raison. La raison respecte la nature. Il fallait donc au moins reconnaître le droit à l'objection de conscience (l'objection de conscience n'est qu'un pis-aller lorsque les lois sont contraires à la raison, la norme, c'est que les lois soient conformes à la raison).

Écrit par : Denis Merlin | 16 janvier 2013

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c'est une question :
de quelles "affaires d'homosexuels" s'agissait-il ?

Écrit par : gilquin claude | 17 janvier 2013

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