31 octobre 2012

Ioustos

Ayant entrepris de lire les Actes des apôtres en grec, je fais une étonnante découverte. Lorsqu’il s’agit d’élire un apôtre en remplacement de Judas, il y a deux candidats, le premier étant Joseph, qu’on appelle Barsabas (ou Barsabbas, ou Barnabas), et dont le surnom est « le Juste » (Actes 1, 23). Dans le latin de la Vulgate, c’est, très normalement, « Justus ». Mais dans le texte grec, c’est… « Ioustos ». Or Ioustos n’est pas un mot grec. C’est la simple transcription du latin Justus.

Et il y a deux autres juifs dans le Nouveau Testament qui sont surnommés « Ioustos », donc le Juste, en latin : un homme chez qui va saint Paul à Corinthe (Actes 18, 7). Mieux même, dans la Vulgate et dans les manuscrits grecs retenus dans l’édition Merck, ce juif s’appelle Titus (en grec Titios) Justus. Titus aussi est un nom latin.

Le troisième est un homme qui s’appelle Jésus et qui salue les Colossiens avec saint Paul (Colossiens 4, 11).

Il en ressort que le latin n’était pas seulement la langue de l’occupant.

Mais serait-il vraisemblable que les juifs de l’époque parlassent araméen, grec (comme tout le monde dans le bassin méditerranéen)… et latin ?

J’avais lu dans une histoire de Pologne que les juifs de Lituanie parlaient yiddish, lituanien et polonais (trois langues qui n’ont aucun point commun)…

Commentaires

Je pense mêm que certains juifs de Vilnius devaient parler russe puisque ce fut pendant longtemps la langue administrative et de la pluspart des établissements scolaires.

Écrit par : bertrand | 31 octobre 2012

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L'inscription sur la Croix n'était-elle pas trilingue ?

Écrit par : chartreux | 31 octobre 2012

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J'écoutais hier une émission sur une radio chrétienne, le prêtre y parlait de saint Luc. C'était un savant. Il nous asséna au tout début de son exposé, que l'on savait peu de choses de saint Luc. Il continua en disant que Notre-Seigneur était né en -4 "de notre ère" et était mort en 30.

Les prêtres sont devenus les supports fervents du laïcisme. Car il est démontré que cette légende rationaliste selon laquelle Notre-Seigneur serait né en -4 n'a aucun fondement sérieux. Jésus est né le 25 décembre -1 à 0 heure (voir sur ce point l'opuscule édité par Téqui : auteur Hugues de Nanteuil). Je ne me suis pas fatigué à écouter le reste. Cette radio diffuse pourtant parfois des émissions intéressantes.

Pour en revenir au sujet de votre post. Les Actes de apôtres se situent vers les années 30 après Jésus-Christ. C'est l'époque héllénistique, ou du moins c'est une époque où les gens cultivés, juifs et non juifs, parlent, lisent et écrivent grec. La Palestine est occupée par les Romains qui n'apprenaient pas les langues locales, mais qui administraient les pays conquis (souvent en laissant gouverner des indigènes, mais en se réservant la souveraineté donc les cas importants, comme c'était le cas en Palestine). Mais la langue de l'administration et de la justice, c'est le latin. La langue de la culture reste le grec (il paraît que c'est une langue merveilleuse pour qui la connaît).

Il est donc naturel que le grec soit influencé par le latin et que le latin soit influencé par le grec (cette deuxième assertion n'est plus à démontrer). Vous démontrez la première.

En revanche, depuis le retour de l'exil de Babylone, l'hébreu est langue morte, mais reste langue liturgique (analogiquement, c'est le latin liturgique pour nous).

Tout cela est occulté aujourd'hui. On voudrait nous faire croire que Jésus ne parlait que l'araméen, tout comme ses disciples. On doit aussi imaginer que saint Pierre qui vivait à Rome et que saint Paul qui était citoyen romain ignoraient le latin et le grec.

Merci de nous avoir fait part de votre "découverte".Donc dans le grec des Actes des apôtres, certains nom propres ou surnoms latins n'étaient pas traduits, mais restaient avec leur consonance latine. Cela confirme bien la situation linguistique de l'époque.

Un des arguments en faveur de la préservation du latin, du grec et de l'hébreu dans la liturgie est justement que ces langues étaient les langues de Jésus et de ses apôtres, notamment de saint Pierre et saint Paul. Comme le rappelle "chartreux", l'inscription en haut de la croix était en latin, en grec et en hébreu qui sont les trois langues sacrées et les trois seules langues sacrées au monde. Elles étaient aussi, au temps de la condamnation de Jésus à mort, les langues 1) des administrateurs et juristes, 2) de la culture et 3) des juifs religieux (ils l'utilisaient dans la liturgie). Il n'y a nul besoin d'être un spécialiste et d'avoir lu les dernières élucubrations sur la question pour constater cela et que les "spécialistes" qui le nient ne sont pas des gens sérieux.

Merci, de lire pour nous ces textes en grec et nous permettre d'y accéder indirectement.

Écrit par : Denis Merlin | 01 novembre 2012

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Ce qu'écrit Denis Merlin, on le savait déjà (même si ce n'est pas aussi bien pensé et détaillé que lui).

Donc cela a déjà été enseigné à des cathos du bout du banc, même si certains spécialistes déraillent, par exemple, sur Radio Notre-Dame.

Jésus est donc né un 25 décembre et l'année dernière un Juif très savant l'a confirmé après moultes études d'où il ressortait que les moutons blancs étaient rentrés au bercail la nuit, les mi-blancs mi-noirs hors du village mais abrités, enfin les tout noirs restaient dans les champs même l'hiver. Je crois me souvenir que cet expert se basait sur le nom d'un grand-prêtre, en tout cas d'une personnalité religieuse citée dans un Evangile. Ceci pour enseigner ceux qui croient qu'il fait trop froid une nuit du 25 décembre à Bethléem pour rester dehors ! Et n'y pas voir du racisme ! Israël garde pieusement ses archives.

Et on ne compte pas les études de savants astronomes quant à l'année aussi...

Écrit par : Jean | 01 novembre 2012

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25/12/an -1 et circoncision 01/01/an1 dates confirmées par la longue étude de Fr Bruno BONNET-EYMARD crc qui reprend les traces archéologiques de DEUX recensements romains (au lieu d'un seul mieux connu en l'an -4) et la critique des datations monétaires etc de l'époque, "de la nième année du règne de Y) fils de X et déjà couronné plusieurs années avant la mort de X, pour sécuriser sa succession. Sans parler de certaines indications évidemment fausses de Flavius Joseph, qui avait besoin de déformer l'histoire pour sauver son ralliement tardif aux vainqueurs romains.

Écrit par : jean-paul | 04 novembre 2012

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@ Jean-Paul, je ne connais pas l'ouvrage de Fr Bruno Bonnet-Aymard. Mais je suis heureux d'apprendre qu'il existe. Merci.

Écrit par : Denis Merlin | 04 novembre 2012

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De tradition immémoriale dans l'Eglise, héritée de presque tous les Pères de l'Eglise, il est admis que Jésus-Christ est né en 752 U.C., 42e année d'Auguste, c'est-à-dire en - 2 (et non pas - 1 et encore moins - 4).

Cf. L'Annonce liturgique de la fête de Noël :

De longs siècles après la création du monde

lorsque Dieu. au commencement,

créa le ciel et la terre,

bien longtemps après le Déluge,

plus de deux mille ans après la naissance d'Abraham,

près de quinze cents ans après Moïse

et la sortie d'Égypte du peuple d'Israël,

environ mille ans après le sacre du roi David,

dans la soixante-quinzième année

de la prophétie de Daniel,

en la cent vingt-quatrième olympiade

et sept cent cinquante-deuxième année

de la fondation de Rome,

l'an quarante-deux de l'empereur Octave-Auguste,

dans le sixième âge du monde terrestre,

tout l'univers étant en paix,

JESUS CHRIST,

Dieu éternel et Fils du Père éternel,

voulant sanctifier le monde

par son miséricordieux avènement,

après avoir été conçu du Saint-Esprit,

EST NÉ A BETHLÉEM DE JUDÉE

de la Vierge Marie,

DIEU FAIT HOMME.

C'est la NATIVITE

de notre Seigneur Jésus Christ selon la Chair.

Écrit par : Jean Ferrand | 10 novembre 2012

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