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Noël avec saint Irénée

Extrait de la catéchèse de Benoît XVI, hier :

« Voilà que vient le Seigneur tout-puissant : il sera appelé Emmanuel, Dieu-avec-nous » (Antienne d'ouverture, Messe du 21 décembre). Ces jours-ci, nous répétons souvent ces paroles. Dans le temps de la liturgie, qui réactualise le Mystère, est désormais tout proche Celui qui vient nous sauver du péché et de la mort, Celui qui, après la désobéissance d'Adam et Eve, nous embrasse à nouveau et ouvre pour nous l'accès à la vraie vie. C'est ce qu'explique saint Irénée, dans son traité « Contre les hérésies », lorsqu'il affirme : « Le fils même de Dieu s'est fait "à la ressemblance de la chair du péché" pour condamner le péché et, ainsi condamné, l'expulser de la chair, et pour appeler d'autre part l'homme à lui devenir semblable, l'assignant ainsi pour imitateur à Dieu, l'élevant jusqu'au royaume du Père et lui donnant de voir Dieu et de saisir le Père » (III, 20, 2-3).

Ainsi nous apparaissent certaines des idées préférées de saint Irénée, selon lesquelles, avec l'Enfant Jésus, Dieu nous appelle à la ressemblance avec lui-même. Nous voyons comment est Dieu. Et ainsi, cela nous rappelle que nous devrions être semblables à Dieu. Et nous devons l'imiter. Dieu s'est donné, Dieu s'est donné dans nos mains. Nous devons imiter Dieu. Et enfin, l'idée qu'ainsi, nous pouvons voir Dieu. Une idée centrale de saint Irénée : l'homme ne voit pas Dieu, il ne peut pas le voir, et ainsi, il est dans l'obscurité de la vérité, de lui-même. Mais l'homme qui ne peut voir Dieu, peut voir Jésus. Et ainsi, il voit Dieu, ainsi, il commence à voir la vérité, ainsi il commence à vivre.

Le Sauveur vient donc pour réduire à l'impuissance l'œuvre du mal et tout ce qui peut encore nous tenir éloignés de Dieu, pour nous restituer à l'antique splendeur et à la paternité primitive. Avec sa venue parmi nous, Dieu nous indique et nous assigne également une tâche : précisément celle de lui ressembler et de tendre à la vraie vie, d'arriver à la vision de Dieu dans le visage du Christ. Saint Irénée affirme encore : « Le Verbe de Dieu installa son habitation parmi les hommes et se fit Fils de l'homme, pour habituer l'homme à percevoir Dieu et pour habituer Dieu à installer sa demeure dans l'homme, selon la volonté du Père. C'est pourquoi Dieu nous a donné comme « signe » de notre salut celui qui, né de la Vierge, est l'Emmanuel » (ibid.). On trouve ici aussi une très belle idée centrale de saint Irénée : nous devons nous habituer à percevoir Dieu. Dieu est normalement éloigné de notre vie, de nos idées, de notre action. Il est venu près de nous et nous devons nous habituer à être avec Dieu. Et Irénée ose dire avec audace que Dieu aussi doit s'habituer à être avec nous et en nous. Et que Dieu devrait peut-être nous accompagner à Noël, nous habituer à Dieu, comme Dieu doit s'habituer à nous, à notre pauvreté et à notre fragilité. La venue du Seigneur ne peut donc avoir d'autre but que celui de nous enseigner à voir et à aimer les événements, le monde et tout ce qui l'entoure, avec les yeux mêmes de Dieu. Le Verbe fait enfant nous aide à comprendre la manière d'agir de Dieu, afin que nous soyons capables de nous laisser toujours plus transformer par sa bonté et par son infinie miséricorde.

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