Associated Press :
La querelle entre le gouvernement central irakien et les autorités du Kurdistan autonome dans le nord du pays risque de déboucher sur une "catastrophe en matière de droits de l'homme" pour les minorités de la région, met en garde dans un nouveau rapport l'ONG basée à New York Human Rights Watch.
Les chrétiens, ainsi que d'autres minorités ethniques ou religieuses régionales, notamment les Shabaks et les Yazidis, sont pris entre deux feux au Kurdistan irakien depuis 2003 et "souffrent considérablement", note Joe Stork, directeur adjoint pour le Proche-Orient à HRW, estimant que tant les autorités arabes que les kurdes doivent "reprendre le contrôle sur les forces de sécurité, les extrémistes et les milices, et dire que les minorités ne peuvent être attaquées en toute impunité".
En 51 pages, HRW dénonce notamment les pressions subies par ceux qui résistent à "l'expansionnisme" kurde, arrestations arbitraires et détentions.
Si le conflit territorial explose à nouveau, "cela risque de créer une autre catastrophe majeure en matière de droits de l'homme pour les petites minorités qui ont vécu là à travers les époques", note le rapport.
La ville de Kirkouk, coeur d'une région stratégique riche en pétrole, est l'un des points centraux du conflit: les Kurdes la revendiquent, les arabes dénonçant une politique migratoire kurde destinée à faire pencher la balance démographique de leur côté.
HRW a a également mise l'accent sur la situation dans la province de Ninive, où vivent de nombreuses communautés minoritaires sur lesquelles les Kurdes tentent d'étendre leur influence. Une attitude qui a mis à mal les relations avec nombre d'arabes sunnites, et transformé la capitale provinciale, Mossoul, en un des derniers bastions de l'insurrection dans le pays. AP