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Les ulcères du pauvre Lazare

Que signifie, frères très chers, que signifie ce riche « qui s'habillait de pourpre et de linge fin et faisait chaque jour des festins splendides », sinon le peuple juif qui eut extérieurement un culte de vie ; qui se servit des délices de la loi reçue pour s'en faire gloire et non pour agir ? Et Lazare, couvert d'ulcères, qu'exprime-t-il en figure, sinon le peuple des nations ? S'étant converti à Dieu, il n'a pas rougi de confesser ses péchés, ce lui fut une lésion sur la peau. Car le virus est attiré des organes internes et se déclare au-dehors par une lésion de la peau. Qu'est donc la confession des péchés sinon une sorte d'ouverture des lésions ? Parce que le virus du péché se déclare salutairement par la confession alors qu'il couvait pernicieusement dans l'âme. Car, les lésions de la peau attirent en surface l'humeur putride. Et, en confessant nos péchés, que faisons-nous d'autre que de déclarer le mal qui couvait en nous ? (...)

D'autre part, les chiens venaient lécher les plaies de ce pauvre qui gisait là. Souvent, dans le langage sacré, les chiens désignent les prédicateurs ; car la langue des chiens, en léchant une plaie, la guérit. De la même manière, les saints docteurs, quand ils nous instruisent lors de la confession de notre péché, touchent, pour ainsi dire, la plaie de notre âme avec la langue.

Ce commentaire de l'évangile du jour, qui se trouve dans le bréviaire, est de saint Grégoire le Grand, dont ce serait la fête aujourd'hui si l'on n'était pas en carême. Mais la fête du pape et père de l'Eglise, qui fut moine bénédictin, prime la férie dans les monastères.

Commentaires

  • Terrible mystère que celui du pharisaisme. Etre meilleur que les autres, le constater, s'y complaire et par ce moyen devenir mille fois pire. Croire que l'on est élu par nature et non par grâce, c'est le pharisaisme.

    La solution est sans doute dans la méditation de David et Goliath. David après avoir terrassé Goliath, s'approche de lui, lui prend son glaive et lui tranche la tête. Ce qui mystiquement signifie : avoir des pensées d'orgueil et s'en humilier. Prendre ces pensées pour saisir que nous ne sommes qu'"un ulcère purulent" (Exercice de saint Ignace) et s'y résigner avec le sourire, puis passer à autre chose.

    (ma comparaison est prise de "David" par dom de Monléon, sauf pour les Exercices spirituels)

    Merci monsieur Daoudal de nous permettre de lire des textes si extraordinaires, si nourrissants pour l'âme.

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