L’évangile est celui où un « officier royal » (selon la traduction littérale du grec) demande à Jésus de venir chez lui guérir son fils.
L’épisode ressemble beaucoup à celui que racontent de leur côté saint Matthieu et saint Luc.
Mais ils sont très différents.
Chez Matthieu et Luc, le père (?) est un centurion qui a confiance que Jésus peut guérir son fils (ou son serviteur) sans se déplacer.
Chez Jean, le père est sans doute un chef local (c’est pourquoi la Vulgate a judicieusement traduit “basilicos” par “regulus”, petit roi). Et celui-là croit d’abord qu’il faut que Jésus se rende chez lui pour accomplir le miracle.
Ainsi, chez Matthieu et Marc, l’essentiel du récit est la louange de la foi du centurion. Alors que chez Jean, Jésus commence par stigmatiser le manque de foi de ses contemporains. Et l’histoire, comme le relève Bède le Vénérable, décrit les degrés successifs de la foi.