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30 avril 2008

Les commissaires politiques de l’ENS

Télérama publie une « pétition de l’Ecole normale supérieure » contre un de ses professeurs, accusé de manquements au politiquement correct. En fait il s’agit d’une pétition signée par 17 professeurs (sur plusieurs dizaines).

L’accusé est Sylvain Gouguenheim, professeur d’histoire médiévale, qui vient de faire paraître un ouvrage, Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de l'Europe chrétienne, « qui entreprend de réviser l’idée d’une participation du monde islamique à l’élaboration des savoirs en Europe à l’époque médiévale ».

Le livre de ce dangereux révisionniste suscite la polémique. A juste titre, semble-t-il, du moins jusqu'à un certain point Mais les professeurs commissaires politiques de l’ENS ne veulent pas en rester au stade du débat académique. Car ce livre « contient un certain nombre de jugements de valeur et de prises de position idéologiques à propos de l’islam », et il « sert actuellement d’argumentaire à des groupes xénophobes et islamophobes qui s’expriment ouvertement sur internet » (quel scandale, dans une démocratie comme la nôtre). En outre, « des passages entiers de son livre ont été publiés sur ces blogs, au mot près, plusieurs mois avant sa parution », et « on trouve également sur internet des déclarations qui posent question, signées «Sylvain Gouguenheim» (commentaire sur le site Amazon, 16 avril 2002) ou «Sylvain G.» (site Occidentalis, 8 novembre 2006) ». (quel scandale, bis, qu’un professeur de notre vénérable institution ose se compromettre avec des islamophobes...)

En conséquence, les signataires affirment « solennellement que les prises de position idéologiques de Sylvain Gouguenheim n’engagent en rien les membres de son Ecole », réaffirment avec force leur « attachement à la nécessaire distinction entre recherche scientifique et passions idéologiques », demandent « une enquête informatique approfondie sur les points évoqués plus haut », et demandent que « toutes les mesures nécessaires soient prises afin de préserver la sérénité pédagogique et la réputation scientifique de l’ENS »...

Beaucoup de baratin pour pas grand-chose. Il suffit de virer l’importun et de le mettre au pilori avec une pancarte « islamophobe » au cou. Au nom de la liberté d'expression et de la recherche historique.

Commentaires

L’école normale a toujours été un repaire de gauchistes et de communistes ; les quelques enseignants qui faisaient exception devaient rester soigneusement discrets. Aucun gouvernement n’a jamais osé imposé l’apolitisme dans cette école qui pourtant aurait dû être un exemple dans ce domaine. Les autodafés qu’on croyait disparus depuis longtemps y sont maintenant courants, sans parler des violences physiques. Aujourd’hui cette pitoyable école, qui devrait être un sanctuaire de la liberté de penser, est devenue un haut lieu de l’intolérance et de la persécution de ceux qui ne pensent pas comme eux ; c’est le creuset de la propagande de la haine et du racisme anti-français.
Mais quand on atteint ce niveau de bassesse, c’est que leurs idées nauséabondes ne trompent plus personnes.

Ecrit par : abad | 30 avril 2008

Il est terrible de voir combien les esprits, y compris ceux qui se devraient d'adopter une attitude scientifique, dépassionnée, comme des professeurs de l'ENS, sont à ce point corrompus !

Je viens de lire un petit livre sur les Croisades, écrit par Daniel Raffard de Brienne : ce dernier montre bien comment l'histoire des Croisades n'est qu'un élément de la lutte glorieuse de l'Occident chrétien, face à l'islam violent et conquérant, et qui n'a cessé de l'être depuis son avènement (632 environ), et combien l'islam n'a fait que détruire des civilisations jadis brillantes (Egypte, Grèce, etc.)

Cette agitation n'a pour but que d'amener une nouvelle loi liberticide, qui condamnera ceux qui ne se soumettront au politique correct et à son Histoire falsifiée.

Ces signataires devraient, pour commencer, affirmer haut et fort leur « attachement à la nécessaire distinction entre recherche scientifique et passions idéologiques »...

Ecrit par : Ysengrin | 30 avril 2008

La neutralité est un mythe laïc hypocrite, Ysengrin, qui cache bien souvent un fanatisme plus fort que tous les autres.

Etant donné que l'islamophobie est en effet un cheval de bataille de la droite libérale, "via" "Le Figaro", qui accorde des tribunes libres à des guignols laïcs haineux tels que Robert Redeker, qui déteste et diffame tout ce qui n'est pas sa religion laïque, nonobstant le fait que l'histoire du XXe siècle fut ensanglantée par des guerres entre régimes laïcs ou athées (le régime nazi est une version wagnérienne ou rococo de la République laïque), dans ce contexte il faut s'attendre à ce que les institutions plus à gauche, l'Education nationale, réplique en signant des pétitions (Assouline est l'exemple parfait du faux-derche laïc employé par "Le Monde", soit dit en passant, qui n'aura même pas besoin de retourner sa veste quand le vent tournera en défaveur de Sarkozy tellement son costard est incolore.)

D'un côté comme de l'autre, on n'est pas plus près de la sagesse d'Aristote que les musulmans.
Un régime comme le nôtre qui prétend entretenir la morale ou la restaurer, tout en menant une politique capitaliste fondamentalement immorale, ne peut de toutes façons se réclamer d'Aristote, pour qui la morale découle évidemment de la politique. Tout au plus le régime actuel peut se réclamer de Platon, pas très rationnel au contraire d'Aristote.

Aristote méprisait d'ailleurs Socrate. L'amalgame que saint Thomas d'Aquin fait entre Aristote et Platon ne peut pas être sorti de son contexte et confronté aux idéologies actuelles. Pas plus qu'il n'y a un islam monolithique. Thomas d'Aquin fut très moderne parce qu'il réintroduisit Aristote qui avait perdu du terrain par rapport à Platon au moyen âge. Mais la pensée néo-scolastique actuelle, Gilson, etc., est à peu près hermétique.

Ecrit par : Lapinos | 30 avril 2008

Lapinos,

J'ai un peu de mal à vous suivre. Que la neutralité soit un mythe, certes, mais, dans cette affaire, ce n'est pas la neutralité qui est en question, mais un esprit étroit et sectaire, qui refuse à un historien le droit de réfuter des mensonges grossiers, et le mot n'est pas trop fort.

Quant à dire que "l'islamophobie est en effet un cheval de bataille de la droite libérale, "via" "Le Figaro"", je trouve que vous y allez un peu fort. Notre gouvernement, de "droite libérale", ne fait-il pas tout ce qu'il peut pour favoriser l'immigration, pour défavoriser la natalité française et ainsi opérer une véritable substitution de population, et, en corollaire, une islamisation de la France ?

Ecrit par : Ysengrin | 30 avril 2008

Vous prétendez que la gauche fait preuve d'un esprit étroit et sectaire, mais la majorité aussi. Pour appuyer la politique étrangère américano-chinoise comme Sarkozy entend le faire, il vaut mieux agiter le fantasme de la menace islamique, ce que fait une partie des médias (médias propriété, vous ne l'ignorez pas, de groupes industriels expansionnistes).
La question, c'est donc : ce Gougenheim a-t-il voulu prendre part à cette bataille idéologique ou pas ? Moi je le pense, compte tenu du fait que la question de l'héritage grec est très difficile à trancher. Saint Augustin, par exemple, qui a une influence considérable sur la théologie chrétienne, y compris au moyen âge et à la Renaissance, est très peu "aristotélicien".

Après que le patronnat ait besoin d'une main-d'oeuvre corvéable à merci en provenance du tiers-monde, d'Asie ou d'Afrique, je suis entièrement d'accord avec vous. Le copain de Sarkozy, Brice Hortefeux, a révélé imprudemment récemment que de nombreux élus et patrons proches de son parti l'avaient joint pour le dissuader de mettre un "coup de pied dans la fourmilière" (sic) en reconduisant quelques types à la frontière.
Mais croyez-vous sérieusement que ce patronnat souhaite l'islamisation de la France ? Vous rigolez, c'est tout juste si un journaliste du "Figaro", de "M6" ou d'"Europe 1" (pour prendre des cas extrêmes de servilité) fait la différence entre un paroissien de Saint-Nicolas du Chardonnet et Ben Laden !

Ecrit par : Lapinos | 30 avril 2008

Pour ma gouverne, que voulez vous dire par "la pensée néo-scolastique actuelle, Gilson, etc., est à peu près hermétique" ?

Ecrit par : Antoine | 30 avril 2008

Cherchez pas trop loin...

Le Lapinos est une brêle de musul, un cuistre nain-tellectuel qui se paie de mots pour faire l'intéressant. Ou alors, c'est un de ces nombreux « idiots utiles », voire un des compagnons de route de cet obscurantisme qu'est l'islam. Il faut voir, par exemple, ce débile merdeux s'agiter comme une brêle et vomir sa haine sur Robert Redeker, pour savoir d'où vient le vent...

http://groups.google.fr/group/alt.idiots/msg/df77a877de245768

Ecrit par : alt.idiots | 01 mai 2008

Redeker n'est qu'un pion dans le système plus large et plus rôdé qu'est "Le Figaro", au service des slogans du VRP Sarkozy.
Les idées politiques et économiques de Dassault ne dépassent guère le niveau du "Travaillez plus pour gagner plus", que je me garderais de confondre avec la morale chrétienne, si j'étais vous.
(Avant d'insulter l'islam, le philosophe Redeker renie les principes élémentaires de sa propre religion chrétienne.)

Pour fourguer des avions Dassault à l'Arabie saoudite, avions dont aucune nation dans le monde ne veut, il fallait vraiment que Sarkozy mette le paquet, question "marketing". Bien que l'Arabie saoudite soit musulmane et que Ben Laden soit Saoudien, l'Arabie saoudite est le meilleur allié des Etats-Unis dans la région avec Israël.
Redeker ferait bien de découvrir sa propre religion avant d'insulter celle des autres.

Ecrit par : Lapinos | 01 mai 2008

Lisez Gilson et les "néo-scolastiques", Antoine ; rien de tel pour comprendre ce que "hermétique" veut dire. Ce sont les champions du syllogisme juridique. Il a été fait à Benoît XVI le reproche de ne pas être assez "scolastique". C'est bien la dernière chose qu'on puisse lui reprocher, de s'exprimer trop clairement, surtout dans une encyclique portant sur l'Espérance. Reprocher à Benoît XVI d'être beaucoup trop "platonicien" et pas assez "aristotélicien", romantique et non classique, en revanche, me paraît justifié.

Ecrit par : Lapinos | 01 mai 2008

A part ca il a raison ce Gouguenheim. Il faut réviser tous les pans de l'histoire où la brillante civilisation chrétienne, crée par Dieu pour dominer le monde, a reçu des apports d'autre civilisations. Partout où c'est limpide, il faut salir, ternir, inventer des faits qui contredisent, provoquer de faux débat, prétendre qu'il n'y a pas d'unanimité...

La vérité ne saurait résister bien longtemps à une attaque bien rodée.

Ca marche, c'est comme ca qu'on a réussi à faire porter le chapeau aux socialistes pour la déroute de 18.

Ecrit par : Wolf | 02 mai 2008

L’histoire se discute à partir de faits précis et concrets, entre historiens, documents à l’appui. Elle ne se fait pas à partir d’anathèmes prononcés par des commissaires politiques, et encore moins en fonction des lois qui interdisent certains mots ou certaines pensées. Et il y a longtemps qu’à l’ENS ces principes élémentaires sont foulés aux pieds.
Mais enfin, on attend toujours la liste des apports d’autres civilisations à la civilisation européenne, issue des grecs, des romains et des peuples assimilés.

Ecrit par : abad | 02 mai 2008

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