11 février 2008

« Blogueur conservateur » ?

Voilà que, à mon grand étonnement, j’ai été cité sur le site de France 24. C’était vendredi dernier, dans la rubrique France, dans un article signé Thomas Hubert sur l’affaire du SMS de Sarkozy à Cécilia. Et ce n’était pas pour dénoncer les immondes propos d’un horrible fasciste, mais pour éclairer la question...

Afin de me citer comme quelqu’un de fréquentable, l’auteur de l’article parle du « blogueur conservateur Yves Daoudal ».

C’est bien la première fois qu’on me traite de conservateur.

Je comprends bien que Thomas Hubert devait trouver un qualificatif qui donne une indication de mon orientation, et qu’il ne pouvait pas me définir comme « lepéniste » ou quelque chose dans le genre sans encourir l’immédiate accusation de faire le jeu  de l’extrême droite...

Mais c’est l’occasion de signaler que j’ai une véritable allergie à ce mot de « conservateur ». C’est au point que je ne vais que très rarement sur le blog intitulé « un blog conservateur parmi tant d’autres », malgré ses évidentes qualités. Uniquement à cause du nom.

C’est que je ne me sens pas du tout conservateur. Pour une raison précise, c’est que je ne vois pas du tout ce qu’il y aurait à conserver, en France, tant sur le plan politique que sur le plan religieux. Tout est à refaire.

Je ne veux conserver ni notre classe politique, ni nos évêques. Ni l’idéologie qui nous gouverne, ni la liturgie de nos églises.

Pour aller d’emblée au fond des choses, le mot conservateur est l’antithèse du Saint Esprit. Le Saint Esprit souffle où il veut, il est jaillissement de vie. On ne conserve pas cette vie, on la reçoit à chaque instant, toujours nouvelle. On ne conserve pas les sacrements. On les confère. Chaque messe est une nouvelle actualisation de la Rédemption. L ’Eglise ne met rien en conserve (la sainte réserve n’est pas une conserve). Elle nous relie à l’éternité, et chacun de ces liens est toujours nouveau, parce que lorsque l’éternité touche le temps de la terre elle apparaît forcément et toujours comme absolument nouvelle.

Je pourrais dire en forme de boutade que je préfère les produits frais. Ce n’est pas tout à fait une boutade.

Commentaires

Le terme "conservateur" est utilisé par opposition au terme "progressiste", inspiré du marxiste, qui a pourri tant la classe politique, les moeurs que les évêques. Pour le progressiste, l'Histoire constitue un progrès et aujourd'hui est toujours mieux qu'hier : le progrès est un mythe. En revanche, pour le Conservateur, il y a une vérité et il convient de la défendre ou de la "conserver". Ainsi, à l'origine, le mariage a été fondé par Dieu entre un homme et une femme. Et il convient de conserver ce modèle car il est juste et bon pour notre monde. Le progressiste souhaite au contraire dépasser ce modèle, l'annihiler et donner le mariage à qui mieux-mieux : les couples qui se remarient en permanence et qui ne sont que des polygames déguisés (suivez mon regard), demain les homosexuels, après-demain, les couples à 3/4, etc...

Écrit par : gh | 11 février 2008

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Pas sur le sujet, mais:

Si le FN et le PC étaient intelligents, ils auraient fait le slogan de leurs élections municipales sur: UMP,PS, Modem...ne respectent pas le vote des Français (référendum), à quoi bon voter pour eux?

Écrit par : david | 11 février 2008

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a david, c'est une bonne idée et je crois que le FN est en train de l'exploiter.
Par ailleurs si vous voulez pouvoir voter Patriote, il faut qu'il y ait des listes. Le FN a des listes ouvertes à tous les patriotes, pour en faire partie sur Paris vous pouvez me contacter à jacques@parislibere.com

Écrit par : jacques | 11 février 2008

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Bravo, M. Daoudal. Il vous traite de conservateur ? Mouais, c’est pas trop grave, tant qu’il ne vous traite pas d’UMP !

Écrit par : abad | 11 février 2008

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Je me joins aux félicitations d'Abad. Qu'y a t'il à conserver aujourd'hui ?

Mais c'est aussi une exigence pour notre famille politique. Plusieurs associations restent - me semble t'il - :
- trop attachées à la forme historique
- et n'entrent pas assez en débat avec les idées contemporaines. Non par une ouverture naïve mais au contraire pour - à l'instar de St Thomas - récupérer ce que les débats contemporains peuvent nous apporter dans la défense de nos idées. Je pense aux écrits de Benoit XVI qui montrent cette volonté de dialogue, pour voir ce qu'il y a de bien, tout en maintenant ferme l'exigence de vérité.
En un mot, garder la mémoire des combats et des fidélités d'autrefois mais les présenter dans des mots contemporains.

Il me semble qu'un effort en ce sens, aiderait les gens qui meurent de soif à ne pas être rebuté au 1er abord.

J'ai bien conscience aussi que ce n'est pas facile vu la diabolisation et l'ormeta dont nous sommes victimes. Mais c'est une façon de nous aider nous mêmes...

Écrit par : Antoine | 11 février 2008

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Pour ma part, je pense qu'il ne faut pas accepter les ukases de nos adversaires : "conservateur" n'est pas un gros mot s'il s'agit de conserver ce qui est éternel. Néanmoins YD a raison de dire que ce vocabulaire est anachronique puisque l'époque n'a rien conservé mais a tout détruit.

J'aime assez "réactionnaire" car j'y vois le fait que nous réagissons encore, que nous ne sommes pas définitivement à terre et que nous ne nous laissons pas faire. D'ailleurs pour le politiquement correct "réactionnaire" est considéré comme plus radical que "conservateur", le dernier souhaitant que rien ne change, le second souhaitant un "retour en arrière" qui pour nous est un mouvement vers le haut.

Bien cordialement,

Écrit par : Stat Crux | 12 février 2008

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@ gh
Merci pour la petite leçon. Mais je ne suis pas complètement abruti...

Je ne vois pas pourquoi il faudrait se définir par rapport aux progressistes. Ce sont eux qui fabriquent des étiquettes (intégriste, extrême droite) infamantes ou dévalorisantes.

De très nombreux "conservateurs" ont fait au moins autant de mal au mariage que les "progressistes", en prônant une morale qu'ils n'appliquaient pas. Tous ces bourgeois qui allaient à la messe et entretenaient une maîtresse. Il en est de même sur tous les plans. Quel mal infini ont-ils fait à l'Eglise, ces "conservateurs" d'un ordre politico-social qui leur permettait de vivre bourgeoisement dans l'injustice vis-à-vis de leur femme, de leurs enfants, de leurs employés, tout en leur faisant la morale. Sépulcres blanchis.

Le mariage ne doit pas être conservé, il doit être vécu.
La vérité ne peut être appréhendée que si elle est vécue. Pas conservée par des gens qui en parlent sans la vivre et en donnent un contre-témoignage.

Écrit par : Yves Daoudal | 12 février 2008

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Il ne faut pas non plus se tromper sur le sens le plus simple du mot sans aller chercher midi à quatorze heure.

Les conservateurs sont ceux qui ne veulent pas que les choses changent.
Ce sont donc bien les UMPS et Modem qui sont les vrais conservateurs de notre époque.

La Révolution Français n’a pas été faite par ce que la France souhaitait des réformes, mais bien au contraire par ce que chacun s’accrochait à ses “privilèges”. Paradoxalement la Révolution Française fut une révolution conservatrice.

YD le dit parfaitement, rien n’est à conserver aujourd’hui. Tout est à reprendre y compris la trame ou le canevas et non se limiter à un reprisage.
Je ne peux qu’applaudir !

Écrit par : roland | 12 février 2008

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C'est un peu grotesque comme débat : je ne vois pas pourquoi un conservateur ne voudrait pas que "les choses" changent. Il peut vouloir que certains choses changent, ou considérer qu'il faut conserver certaines choses qui en soi changent (comme Daoudal dit du mariage "que l'on doit vivre").
Bref, Daoudal est content sue France 24 l'ait cité.

Écrit par : JG | 12 février 2008

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@ JG
Conservateur, conservatisme, ça veut bien dire ce que ça veut dire.
Le débat n'est pas “grotesque” quand il s'agit de remettre les pendules à l'heure. Or, les glissements sémantiques aujourd’hui sont tels que plus personnes ne réagit quand ont parle d'extrême droite en parlant du FN par exemple. Ce qui ne veut rien dire, à l'exception d'un curseur d'hémicycle. Le FN n'est ni un parti "ultra libéral", ni un parti d'extrême droite, ni un parti conservateur puisqu'il est républicain, respectueux du suffrage universel et non raciste! Pourtant, on l'affuble de ce qualificatif qui incite à penser tout le contraire! Dans ces conditions, il n'est jamais "grotesque" de rappeler le sens et la définition des mots!

YD est, je pense, bien au-dessus de ces viles considérations de savoir si l'on parle de son blog ou non! Et combien même cela lui ferait plaisir, pourquoi pas. Son travail le mérite!

Écrit par : roland | 12 février 2008

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Qu'on ne dise pas que je défende ma crémerie : je conçois tout à fait qu'on soit catholique, anti-progressiste, de droite, sans accepter l'étiquette de "conservateur" ...

Toutefois malgré le respect que je vous dois, cher Mr. Daoudal le terme de conservateur existait avant celui de "progressiste". il ne date pas du marxisme et ne doit rien à mai 68. le parti conservateur anglais a inventé lui-même son nom, merci pour eux. En France, le Conservateur était aussi le nom d'une revue de l'époque de la Restauration qui prétendait défendre le Beau, le Bien, le Vrai. Je pense que le terme date du 18 ème siècle.

Le fait qu'il soit utilisé par les médias dans un sens péjoratif doit-il nous contraindre à l'abandonner ? Que dire alors de "catholique" qui sent de plus en plus le souffre ?

Si "ces conservateurs d’un ordre politico-social" ont fait un "mal infini à l’Eglise", on pourrait en dire autant des gens de droite qui refusant l'étiquette de conservateur par principe, se croit obligés, à l'instar de Sarkozy, de le justifier par mille aventures extra-idéologiques (comme la suppression de la double peine). A la limite je crois volontiers que le refus de se définir comme conservateur participe d'une schizophrénie qui empêche la droite française de définir clairement ses fondements, à l'exemple d'un Sarkozy sans colonne vertébrale idéologique.

Il est évident néanmoins que les hypocrites de tout bord font beaucoup de mal à leur propre camp. Les querelles de chapelles tout autant.

Écrit par : le conservateur | 13 février 2008

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@ le conservateur,

Pardonnez-moi d’en “avoir remis une couche” en plus. ;-)

Il faut cependant bien admettre que les mots sont souvent trompeurs quand la définition ne recouvre pas la réalité de la chose. Ce n’est pas par ce qu’on se qualifie de démocratique que l’on est démocratique. Certaines anciennes républiques du bloc de l’Est en gardent une certaine amertume.
Il est certains que le « Conservateur » pris dans un contexte historique précis représente autre chose, mais pour autant, les Anglais en adoptant ce mot, l’employaient bien dans le sens de “garder les choses en l’état”.

De plus, sur la chaîne France 24, le mot conservateur n’avait pas le sens qui est le vôtre. Il était péjoratif pour moi dans ce contexte. On ne pouvait donc l’accepter sans réagir.

Il faut hélas, simplement déplorer le manque de culture générale croissant qui nous oblige à devoir faire ces mises aux points “dialectiques”.

Quand vous parlez d’hypocrisie, je pense qu’YD dénonce justement celle-ci qui opère souvent par le biais de la sémantique, ou fausse sémantique, mais je ne veux pas et ne peux pas m’avancer à sa place.

Écrit par : roland | 13 février 2008

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Au "Conservateur"

Qu'on le veuille ou non, le mot "conservteur" est péjoratif en français (parce que la gauche a fait en sorte qu'il le soit) alors qu'il ne l'est pas en anglais.
Je ne vous conteste nullement le droit de vouloir défendre et illustrer ce mot. Mais vous ne pouvez pas me contester non plus le droit de ne pas l'apprécier, et de ne pas me définir comme "conservateur".
Et je ne vois là aucune querelle de chapelle. A moins que toute discussion, toute divergence, doive être ainsi qualifiée. Ce n'est pas non plus mon opinion.

Écrit par : Yves Daoudal | 13 février 2008

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