14 juin 2008

Lettre ouverte à mon ami Craig

Mon cher Craig,

J’ai été attristé par ta réaction aux résultats du référendum. Au point que j’ai dû forcer sur le Paddy, ce midi, pour ne pas sombrer dans la mélancolie. On connaît en France « la tristesse du Breton », mais celle de l’Irlandais paraît battre tous les records.

Tu dis que tu ne peux pas célébrer la victoire parce que tu t’inquiètes de l’avenir.

Mais chaque chose en son temps !

Vous avez donné un spectaculaire coup de pied au cul des eurocrates, bon sang ! Tu ne vois pas cela ? Tu ne vois pas qu’ils ont les fesses toutes rouges, et qu’ils grimacent de douleur ?

Vous avez vengé tous les peuples auxquels l’eurocratie a interdit de donner son avis. Notamment les peuples français et néerlandais qui avaient dit non à la Constitution et auxquels on a refourgué le même texte découpé en morceaux, sans leur demander leur avis…

Vous avez été la voix des peuples d’Europe. Votre seul devoir est d’en être fier, extrêmement fier.

La suite, on la connaît, parce qu’on l’a déjà connue.

D’abord, vous êtes un petit peuple de demeurés, de minables, d’analphabètes, qui ne sait pas de quoi il parle et qui répond n’importe quoi quand on lui pose une question.

On a connu cela en mai 2005. Ce sont les pauvres, les salauds de pauvres, qui veulent mettre des bâtons dans les roues de la glorieuse construction européenne qu’on bâtit pour eux, ces ignares, ces ingrats.

On a connu cela encore davantage en avril 2002, quand Le Pen est arrivé au second tour de l’élection présidentielle. C’était par pages entières dans les journaux, par dossiers spéciaux dans les magazines : ceux qui ont voté Le Pen, ce sont les exclus, les chômeurs incapables de trouver un travail, les tarés, les « petits blancs » des banlieues, les paysans demeurés, etc., etc.

Eh bien oui, je suis un paysan demeuré qui vote Le Pen, je suis un va-nu-pieds du Donegal qui dit tranquillement Merde à l’eurocratie.

Maintenant, il est évident qu’il vont tout faire pour contourner votre vote. On ne le sait que trop. C’est déjà ce qu’ils ont fait après notre Non à nous. Ils ont découpé la Constitution européenne en petits bouts et l’ont appelée Traité de Lisbonne, et ils se sont bien gardés de le soumettre de nouveau à notre vote. Et les grotesques médias à leurs bottes continuent de l’appeler « traité simplifié », alors que tout le monde sait aujourd’hui qu’il est infiniment plus compliqué que la Constitution européenne !

Mais ce qui apparaît aujourd’hui, bien plus fort, grâce à votre Non, c’est à quel point ils méprisent les peuples. Non seulement ils montrent combien ils se moquent totalement de la démocratie et du suffrage populaire (avec ce magnifique cri du cœur de l’éditorialiste du Figaro, aujourd’hui : « Heureusement, l'Irlande est le seul pays dont la Constitution l'oblige à soumettre tout traité au vote populaire… »), mais ils n’hésitent pas à proclamer qu’ils s’assoient sur les règles qu’ils ont eux-mêmes édictées. Un traité européen doit être ratifié à l’unanimité pour être mis en application. Mais ils énoncent que le Non irlandais ne remet pas en cause le traité de Lisbonne…

Cela, c’est nouveau : ils n’avaient pas osé le dire ouvertement jusqu’ici. Et tu crois que ça passe inaperçu ?

Voilà l’intérêt historique de votre vote. Tout le monde peut voir désormais que l’eurocratie est une dictature sans foi ni loi. Les conséquences seront énormes. En témoigne la réaction de notre bouffon Bayrou, qui se met à gémir que « depuis des années, un fossé s'est creusé entre les peuples européens et leurs institutions », que « ce fossé est presque devenu un gouffre », et que « les Irlandais ont voté comme auraient voté tous les peuples européens ». Or ce Bayrou est chez nous le symbole même de l’européisme le plus caricatural, il est l’homme qui a fait une campagne acharnée en faveur de tous les traités européens, il était le héraut de la Constitution européenne, et il a applaudi des deux mains au traité de Lisbonne. Et il nous dit maintenant que « tous les peuples européens » auraient voté comme vous ? Contre le traité qui est pour lui la panacée ? Et ce Bayrou prétend vouloir représenter le peuple ? Mais marre-toi, Craig, marre-toi ! Je ne pensais pas qu’un jour j’entendrais une telle bouffonnerie !

Alors maintenant, après avoir sévèrement grondé votre Premier ministre (ça aussi, c’est drôle.. le pauvre…), ils vont inventer une façon de vous faire accepter le traité de Lisbonne. Comme ils l’ont fait pour le traité de Nice. Ils ont une longue pratique. Puisqu’ils se moquent totalement de leurs propres principes, ils sont prêts à tout. Ils l’ont montré il y a longtemps déjà, lorsqu’ils ont accepté que le Danemark soit en dehors de TOUTES les principales dispositions du traité de Maastricht pour que les Danois votent oui à ce traité. Et rebelote avec le traité d’Amsterdam…

On verra bien quelle sera leur immonde tambouille pour que le traité de Lisbonne entre en application malgré notre Non. Mais cette tambouille (à condition que tout le monde l’accepte, ce qui n’est pas du tout certain : les Tchèques risquent fort de bloquer le processus de ratification, et ils ne seront peut-être pas les seuls) ne fera que souligner auprès des peuples d’Europe leur mépris de la démocratie et de la volonté populaire. A long terme, c’est très mauvais pour eux. Notre Bayrou n’a pas fini de se lamenter. Quelle que soit leur initiative, ils se couperont encore un peu plus des peuples. Même cela est une bonne nouvelle. Car à terme, ça ne peut pas durer. Même l’Union soviétique est morte.

Alors, mon bon Craig, arrête de t’angoisser ! Ce que vous avez fait est fabuleux ! Merci encore ! Et je te promets qu’on n’a pas fini de rire !

De tout cœur,

Yves Daoudal

26 décembre 2007

Bayrou gardien du dogme "laïque"

François Bayrou, qui se pose en catholique pratiquant, avait déjà montré à plusieurs reprises qu’il était le plus sourcilleux gardien du dogme « laïque ». Il en donne un nouvel exemple avec sa condamnation, dans Le Figaro, des propos de Nicolas Sarkozy à Rome :

« Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran (…) une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération (sic), la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.

« La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx.

« Quelle est votre conception de la laïcité ?

« Celle de Jules Ferry. (…) La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. »

Petits rappels

« La République est perdue si l’Etat ne se débarrasse pas de l’Eglise, s’il ne désenténèbre pas les esprits du dogme » (Jules Ferry).

« Il faut organiser l’humanité sans roi et sans Dieu. » (Jules Ferry).

« La neutralité de l'École fut toujours un  mensonge. Nous n'avons jamais eu d'autre dessein que de faire une université antireligieuse, et antireligieuse d'une façon active, militante, belliqueuse… » (René Viviani)

« La neutralité est, elle fut toujours un mensonge. On promit cette chimère pour rassurer quelques timides dont la coalition eût fait obstacle à la loi. » (René Viviani)

« Nous combattons l'Église et le christianisme parce qu'ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d'asservissement intellectuel qui doit être banni de toute œuvre d'éducation. » (Jean Jaurès)

« Nous nous sommes attachés dans le passé à une oeuvre d'anticléricalisme, à une œuvre d'irreligion. Nous avons arraché les  consciences humaines à la croyance. Lorsqu'un misérable, fatigué du poids du jour, ployait les genoux, nous lui avons dit que derrière les nuages, il n'y avait que des chimères. Ensemble, d'un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des étoiles qu'on ne rallumera plus. Voilà notre œuvre, notre œuvre révolutionnaire.  Est-ce que vous croyez que l'œuvre est terminée ? Elle commence au contraire... » (René Viviani)

Quant au "grand mouvement d'émancipation des Lumières", qui a consuit aux totalitarismes nazi et communiste, comme le montrait très bien le cardinal Lustiger, il s'agit, n'est-ce pas, du matérialisme athée des violents pamphlétaires anti-chrétiens d'Holbach et Diderot, et de Voltaire qui écrivait si souvent "Ecrasez l'infâme" qu'il en avait fait une abbréviation: "Ecr. l'inf.", qui est sa marque de fabrique. Etc. Bravo M. Bayrou.

02 avril 2007

L’imposture Bayrou (16)

François Bayrou annonce qu’il veut supprimer l’ENA.

Appelé à commenter cela sur France Inter ce matin, Jean-Marie Le Pen a répondu : « C’est une idée qu’il a reprise de Le Pen, sans doute. Il y a longtemps que nous demandons de supprimer l’ENA. » Car « formater les hauts fonctionnaires dans une école unique est une erreur et une pente vers la formation d’une espèce d’aristocratie, qui se prend pour telle d’ailleurs ».

Tel est en effet le vrai problème de l’ENA. Mais Bayrou ne le voit pas. Ce qui le défrise est que des énarques se tournent vers le privé après quelques années dans le secteur public. Alors il veut remplacer l’ENA par une école « des services publics » de « très haut niveau », et qui ouvre exclusivement au service public.

Autrement dit, il ne veut pas supprimer l’ENA, mais verrouiller le système (là comme ailleurs, c’est une constante du prétendu candidat anti-système), avec une école qui formatera des hauts fonctionnaires qui resteront forcément hauts fonctionnaires et constitueront donc plus que jamais une caste inexpugnable à la tête de l’Etat...

23 mars 2007

L’imposture Bayrou (15)

Cette imposture Bayrou est une imposture hors cadre et hors concours. Il s’agit de l’imposture Bayrou considérée non du point de vue politique, mais du point de vue religieux. Non pas en ce qu’il porte préjudice à la France, mais en ce qu’il porte préjudice à l’Eglise et à la foi, entravant l’action des catholiques fidèles au magistère, et engendrant la confusion sur l’enseignement de l’Eglise.

François Bayrou se pose en catholique pratiquant, père de famille nombreuse, respectueux de la morale. Il se pose en exemple, alors qu’il est un contre-exemple.

Sa position, qu'il répète inlassablement, et de façon de plus en plus brutale, ce n’est pas celle de l’Eglise, c’est celle du laïcisme pur et dur.

En 1995, il fusionne le CDS, héritier du MRP, donc de la démocratie chrétienne, avec le PSD d’André Santini, groupuscule laïcard et maçonnique. « Le triangle est tombé dans le bénitier », rigole Santini. Non pas pour être béni, mais pour transformer le bénitier en réceptacle maçonnique, rigoureusement « laïque ». C’est le sens même du discours de Bayrou ce jour-là : « Etre étiqueté démocrate chrétien vous empêche d’être entendu. Parce que, dans la société française, il y a une séparation entre les ordres, tradition que pour ma part je trouve heureuse et approuve. Nous allons être le mouvement des humanistes, chacun avec sa tradition. » En réalité, la « tradition » maçonnique est chargée d’effacer la tradition chrétienne, qui doit disparaître du parti en raison de la séparation entre les ordres. Dans le discours politique français, le mot « humaniste » veut dire maçonnique.

En octobre 2004, ses principaux lieutenants à Strasbourg (puisque ce grand européen a déserté l’hémicycle), Jean-Louis Bourlanges et Marielle de Sarnez, vice-présidents de l’UDF, mènent le combat pour empêcher le démocrate chrétien italien Rocco Buttiglione de devenir commissaire européen, parce qu’il a osé répondre selon ses convictions aux questions personnelles qu’on lui posait : « Je peux bien penser que l'homosexualité est un péché, mais cela n'a aucune influence sur le droit. » Et à propos du "mariage" homosexuel : « La famille existe pour permettre à la femme d'avoir des enfants et d'être protégée par son mari. »

En avril 2005, à la mort de Jean-Paul II, François Bayrou est le seul dirigeant politique qui proteste contre la mise en berne des drapeaux français. Car, dit-il, c’est une décision qui « ne correspond pas à la distinction qu’il faut faire entre convictions spirituelles et choix politiques et nationaux ».

Au moment de l’élaboration de la Constitution européenne, François Bayrou s’est vigoureusement prononcé contre toute allusion aux racines chrétiennes. Récemment encore, à Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France, qui disait à ce propos : « Moi qui ne suis ni chrétien ni croyant, je suis consterné par cette négation de l’histoire », il a répondu par une longue tribune du Point, où il répète : « Notre civilisation, c’est la distinction des ordres, la séparation des réalités spirituelles, temporelles, et politiques, notamment, pour le dire en langage moderne, des Eglises et de l’Etat ». Et encore : « La démocratie suppose une défense jalouse de cette séparation des ordres. » Et enfin, avec cette insupportable suffisance qui caractérise le personnage : « Les chrétiens français n’imagineraient pas que l’on manque à ce principe. » Les chrétiens : selon François Bayrou, il n’y a donc aucun chrétien en France qui soit de l’avis du pape qui n’a cessé de réclamer une mention des racines chrétiennes de l’Europe. Et dans le même temps François Bayrou balaie ainsi implicitement les arguments du pape, sans même les examiner, sans même les citer.

Pire encore, mais dans la même logique, si le chrétien Bayrou est à titre personnel contre l’avortement, l’homme politique Bayrou est un partisan affiché et fervent du « droit à l’avortement ». De même, si le chrétien Bayrou est bon père de famille, l’homme politique Bayrou est favorable à une « union civile, conclue à la mairie, ouverte aux homosexuels, comportant des droits équivalents à ceux ouverts par le mariage » (donc, soyons clair, au « mariage homosexuel »), et à l’adoption d’enfants par les homosexuels.

Toutes ces positions sont contraires à celles de l’Eglise, et tout particulièrement aux appels lancés de façon insistante et constante aux hommes politiques par Jean-Paul II et Benoît XVI tant en ce qui concerne la laïcité que l’Europe et la culture de mort.

Telle est la plus grave imposture Bayrou, à côté de laquelle les autres ne sont que péripéties politiques. Car le chrétien Bayrou brouille le message chrétien, dynamite l’autorité du magistère de l’Eglise, et obstrue les voies de la foi.

22 mars 2007

L’imposture Bayrou (14)

Lors de son meeting hier au Zénith de Paris, François Bayrou a déclaré qu’il voulait être « le président du peuple ». Il a dit aussi qu’« entre celui qui voudrait que la France soit l’Amérique et celle qui voudrait que la France soit la Scandinavie  », il ambitionne de « montrer que la France veut être la France ». Et il a conclu par : « Vive la France, vive la vie ».

On voit que François Bayrou tente de chasser sur les terres de Le Pen, de façon caricaturale. Et en mentant éhontément : la France qu’il propose est une province de l’Union européenne ayant nettement moins de prérogatives et d’autonomie qu’un Etat des Etats-Unis d’Amérique. Ce n’est certainement pas cela, la France qui veut être la France.

21 mars 2007

L’imposture Bayrou (13)

Le catholique pratiquant François Bayrou est aussi l’un des plus farouches défenseurs de la « laïcité ». Il se vante à l’occasion d’avoir été le ministre de l’Education nationale qui a interdit le port du voile islamique à l’école, par sa circulaire de la rentrée 1994.

Deux ans plus tard, en novembre 1996, un professeur d’histoire-géographie d’un collège privé de Dijon, écrivait dans le journal de l’école des « libres propos » (non signés) sur l’immigration musulmane, en termes vifs, qu’il terminait en disant que lorsque ces immigrés parlent de « mettre les voiles », il n’y a pas de raison de se réjouir, car c’est pour les mettre à leurs gamines.

Jacques Seurot fut dénoncé par les lobbies « antiracistes » et sa condamnation par l’Education nationale fut rapide. Il fut d’abord suspendu à la demande du recteur d’académie, et dès le 30 janvier 1997 son contrat d’enseignement était résilié par le ministre, à savoir François Bayrou.

Dans sa circulaire, François Bayrou avait écrit qu’il n’était « pas possible d’accepter à l’école la présence de signes si ostentatoires que leur signification est de séparer certains élèves des règles de vie commune de l’école », signes qui sont « en eux-mêmes des éléments de prosélytisme, à plus forte raison lorsqu’ils s’accompagnent de remise en cause de certains cours ou de certaines disciplines, qu’ils mettent en jeu la sécurité des élèves ou qu’ils entraînent des perturbations dans la vie en commun de l’établissement ».

Jacques Seurot disait à peu près la même chose, en termes plus fleuris. Mais quand c’était Bayou, c’était de la laïcité, quand c’était Seurot, c’était du racisme.

François Bayrou prit la décision de radier Jacques Seurot bien avant que s’ouvre un procès en pénal. Car si Jacques Seurot était « raciste », il devait forcément être traîné en justice. Ce qui fut fait par l’action des lobbies ad hoc.

Le 10 décembre 1997, Jacques Seurot fut tout bonnement relaxé. Ce qui suscita la colère du MRAP, de la Licra et de la Ligue des droits de l’homme, qui firent appel. Et en appel, en mai 1998, on réussit à condamner Jacques Seurot à... 500 F d’amende.

Une telle condamnation mérite-t-elle une radiation à vie de l’enseignement ? Pour François Bayrou, cela ne fait aucun doute. D’ailleurs il avait pris sa décision bien avant que la justice s’exprime. Il n’avait pas besoin de juges pour condamner l’évident coupable (on a vu le même scénario plus récemment avec l’affaire Gollnisch, le ministre étant cette fois François Fillon).

Jacques Seurot tenta de se défendre devant le tribunal administratif. Mais début mars 1999, ce tribunal confirma sa révocation en qualifiant ses propos de « violemment et grossièrement racistes ». Ce que n’avaient vu ni les juges de première instance, ni même les magistrats de la cour d’appel, car dans notre dictature de la pensée, on ne condamne pas quelqu’un à une amende ridicule de 500 F pour des propos « violemment et grossièrement racistes ».

Jacques Seurot fut extrêmement blessé par l’attitude de l’Education nationale, de son ministre, et de la justice. L’enseignement était tout pour lui. Non seulement il se retrouvait privé de l’activité qui était sa vie, mais en outre il avait perdu tout moyen de subsistance. Profondément blessé et humilié, il fut recueilli par un ami. En février 2005, il est mort d’une embolie pulmonaire, vraisemblablement suite à des complications cardiaques dues à des erreurs médicales...

20 mars 2007

L’imposture Bayrou (12 bis)

François Bayrou disait l’autre jour vouloir créer « un grand ministère des attentes de la société française ». Apparemment, ce n’était pas le nom du ministère, mais sa description. Aujourd’hui, il lui a donné un nom : ce ministère qui serait chargé des attentes sociétales concernant les femmes, les jeunes, les personnes âgées, les associations et internet (etc.), il l’appelle, « peut-être provisoirement, le ministère de la Nouvelle Société  ».

La Nouvelle Société , c’était le slogan de Chaban-Delmas, quand il devint Premier ministre, en 1969. C’est une de ces expressions dont on a pu très vite constater qu’elle ne voulait rien dire. D’où l’idée d’en faire un ministère près de 40 ans plus tard...

19 mars 2007

L’imposture Bayrou (12)

En visite au Salon de l’étudiant, François Bayrou a souhaité « un grand ministère des attentes de la société française ». Sic. Au sein de ce ministère, a-t-il précisé, on « pourrait avoir un département pour la jeunesse et les sports, un département pour les personnes âgées, un pour les associations, un pour internet »...  Car il faut « un ministère qui assume cette prospective dont on a besoin, cette réflexion à long terme ». En réponse à une question, il a estimé que la question de l’immigration aussi pourrait être rattachée à ce ministère.

Et tout le reste, bien entendu, puisque dans tous les domaines on a besoin de prospective et de réflexion à long terme.

Le problème est que le gouvernement s’appelle l’exécutif, il est là pour gouverner, pour exécuter des lois, et non pour faire de la « prospective ». On a certes besoin de réfléchir à long terme, mais ce n’est pas le rôle du gouvernement en tant que tel. Bayrou confond tout sur le plan institutionnel, comme il confond tout dans son ministère des « attentes ».

Et en attendant qu’on ait défini les attentes, on fait quoi ?

15 mars 2007

L’imposture Bayrou (11)

Déclaration d’Hervé Morin, président du groupe UDF à l’Assemblée nationale et membre du staff de Bayrou : « Une partie de la gauche moderne et une partie de la droite modérée pensent exactement la même chose. » A savoir que les uns et les autres sont pour une économie de marché et des mesures de cohésion sociale. Sic. Avec un tel programme, Bayrou peut en effet réunir les Français. Au moins 90% d’entre eux, car tout le monde, ou à peu près, est pour l’économie de marché et la cohésion sociale. Mais une fois qu’on a dit ça, on n’a strictement rien dit. Ceux qui pensent comme Bayrou, ce sont ceux qui ne pensent rien.

10 mars 2007

L’imposture Bayrou (9 ter)

François Bayrou a déclaré hier soir à Perpignan :

« Dans une campagne électorale, il arrive qu'on ait des déclarations risquées mais il y a une chose qu'il ne faut pas faire, c'est que ces déclarations remettent en cause les principes républicains les plus élémentaires. L'Histoire de la France nous a appris qu'il ne faut pas mélanger les questions d'identité nationale avec d'autres questions qui tiennent à l'origine par exemple. Je suis persuadé qu'il faut faire très attention quand il s'agit de sujets comme ça, en se souvenant du passé. L'identité nationale de la France, elle a un nom, c'est la République. La Nation, c'est l'adhésion aux principes qui nous font vivre ensemble, fondée sur Liberté, Egalité, Fraternité, et pas fondée sur l'origine. Chaque fois qu'on l'a transgressée, ça a donné de grands malheurs. On ne mélange pas dans le même ministère immigration et identité nationale. D'abord on ne fait pas un ministère de l'identité nationale. On ne fait pas un ministère de la France. On ne fait pas un ministère du peuple français et des valeurs républicaines. Et surtout on n'en fait pas le ministère de l'immigration. »

Cette invraisemblable bouillie décourage le commentaire. Gardons-en la phrase centrale : « L’identité nationale de la France, c’est la République. » Et le Bayrou allemand dira : « L’identité nationale de l’Allemagne, c’est la République. » Et le Bayrou italien dira : « L’identité nationale de l’Italie, c’est la République. » Etc. Donc il n’y a pas d’identité nationale de la France, et il ne sert à rien de créer un ministère pour la défendre. CQFD.

Il précise toutefois que cette identité, c’est « Liberté, Egalité, Fraternité ». Ce qui ne change pas grand-chose dans la mesure où ces « valeurs » sont également celles du Bayrou allemand et du Bayrou italien. Mais il y a là une référence à la Révolution française. Ainsi donc la France n’avait pas d’identité avant la Révolution française, qui a inventé et imposé le slogan « Liberté, Egalité, Fraternité ». Le royaume de France était dépourvu d’identité. Voilà comment François Bayrou voit l’histoire de son pays.

D’autre part François Bayrou oublie que cette République est celle des citoyens : des citoyens français. « Liberté, Egalité, Fraternité » résume la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Des droits du citoyen français. L’origine n’a rien à y voir. On peut être d’origine étrangère et citoyen français. Mais la République fait une différence entre un immigré et un citoyen français. Et même cette République doit pouvoir défendre son identité (Liberté, Egalité, Fraternité) face par exemple à une invasion islamique dont les « valeurs » sont radicalement contraires aux siennes. Mais Bayrou montre comme Française typique, sur son site, une musulmane voilée.

La vérité est que François Bayrou, par européisme frénétique, a abandonné la notion même de France depuis longtemps, et qu’il a pour seule ambition d’être le président de la République qui achèvera de détruire ce qui reste de sa souveraineté et de son identité. C’est pour cette raison que l’idée d’un ministère défendant l’identité nationale ne peut que lui faire horreur.

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