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Dans le monde

  • Au Pakistan

    Un tribunal de Lahore a jugé coupables de « terrorisme » 42 chrétiens, lundi, et a refusé leur libération sous caution.

    Ces chrétiens font partie du groupe qui avait été arrêté après l’attentat contre une église catholique et une église protestante le 15 mars 2015. Après le double attentat, des chrétiens avaient poursuivi et tué deux musulmans qui auraient pu être coupables mais ne l’étaient pas…

    84 chrétiens avaient été arrêtés. 42 relâchés. 42 inculpés…

    La Commission Justice et Paix des évêques catholiques (qui avait évidemment condamné le lynchage) souligne que « les auteurs de l’attentat criminel contre les églises et les fidèles en prière sont encore impunis ». Et Selon l’ONG CLAAS au moins 32 inculpés « ont été accusés injustement ».

  • A la Fed

    Daniel Tarullo, l’un des sept membres du conseil des gouverneurs de la Fed, la Banque centrale américaine, a annoncé hier sa démission, sans donner de motif, et sans que les journalistes en trouvent dans l’immédiat.

    On constate seulement que Daniel Tarullo, nommé par Obama, était en charge de la régulation financière, et que le 5 février dernier Donald Trump a signé un décret amorçant une révision de la loi Dodd-Franck de régulation financière.

    Tarullo était en théorie l’un des sept gouverneurs, car en réalité ils ne sont plus que cinq actuellement. Autrement dit Donald Trump va pouvoir nommer trois gouverneurs de la Fed…

  • A Narva…

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    Dans le cadre du déploiement de détachements de l’armée américaine dans les pays Baltes, quelque 200 soldats estoniens et américains ont effectué une marche de 53 km dans l’hiver estonien. L’ambassade des Etats-Unis à Tallin a largement fait la publicité de cette opération, mais elle n’a pas diffusé cette photo. On y voit une partie des soldats en question, déployant un drapeau américain… à la frontière russe. Car ils sont à Narva, sur les bords du fleuve Narva, puisqu’on ne voit rien de la ville, donc à la frontière russe : le bâtiment que l’on voit est le fort d’Ivangorod, en Russie.

    Nul ne sait pour le moment qui a eu l’idée de cette provocation.

  • Au Pakistan

    L’Assemblée nationale du Pakistan a adopté lundi une série d’amendements à sa législation pénale. Dans laquelle on trouve quelques petites choses en faveur des minorités, donc des chrétiens.

    Mentionnant explicitement les les minorités, la sanction pour celui qui « emploie délibérément des mots qui heurtent les sentiments religieux » est portée à trois ans de prison (contre un actuellement) et une amende de 500.000 roupies (elle n’était pas précisée jusqu’ici).

    Le mariage avec une fille qui n’a pas l’âge de se marier est puni d’une peine de prison qui ne peut être inférieure à cinq ans et une amende pouvant aller jusqu’à de un million de roupies. Ceci concerne d’abord les enlèvements de jeunes filles chrétiennes (ou hindoues) par des musulmans riches et influents bénis par les imams (puisque la jeune fille se « convertit » avant de se « marier »).

    Il est spécifié (c’est une première) que le lynchage par un groupe organisé ou une foule qui se fait justice elle-même est illégal. (Les victimes sont toujours des chrétiens, en général pour une rumeur de « blasphème ».)

    La sanction à l'encontre de quiconque donne de fausses informations à la police est portée de six mois maximum à sept ans au cas où l'infraction sur laquelle des renseignements ont été donnés est passible de la peine de mort et cinq ans si elle est punie d'emprisonnement à perpétuité. Ceci fait à l’évidence allusion aux accusations de blasphème portées contre les chrétiens (passibles de la peine de mort s’il s’agit de Mahomet ou de la perpétuité s’il s’agit du Coran). Ce serait donc une façon d’amender un peu les lois sur le blasphème sans le dire.

    Mais la loi doit encore être signée par le président…

  • Liberté d’expression

    Au cours d’un discours, hier, Donald Trump a déclaré :

    Je vais me débarrasser de l'amendement Johnson, le détruire totalement et permettre à nos représentants de culte de parler librement et sans crainte des représailles. Je vais le faire, retenez bien ça.

    L’amendement Johnson interdit aux organisations exonérées d’impôts, dont les organismes religieux, de prendre position dans les campagnes électorales pour ou contre un candidat, sous peine de se voir retirer cette exonération.

    La suppression de l’amendement Johnson était une promesse de campagne de Trump.

    En fait, dès avant-hier, deux députés, Jody Hice et Steve Scalise (adjoint du chef de la majorité) ont déposé à la Commission des finances de l’Assemblée une proposition de loi supprimant cet amendement. Et peu après le discours de Trump un sénateur a fait de même à la chambre haute.

    « Il y a trop longtemps que le fisc utilise l’amendement Johnson pour faire taire et menacer les institutions religieuses et caritatives, a déclaré Jody Hice. Comme pasteur qui a fait l’expérience d’une intimidation personnelle par le fisc, je sais à quel point c’est important d’assurer que les Eglises et les organisations à but non lucratif puissent avoir les mêmes droits fondamentaux que tous les citoyens de cette grande nation. »

    *

    On pensait que le gouvernement Trump serait hypersioniste. Un bémol toutefois : ce communiqué du porte-parole de la Maison Blanche :

    Si nous ne pensons pas que l'existence de colonies est un obstacle à la paix, la construction de nouvelles colonies ou l'expansion de celles existantes au-delà de leurs frontières actuelles pourrait ne pas aider à atteindre cet objectif.

    *

    Mais pour le grand amour avec la Russie il va falloir attendre. L’ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Nikki Haley a condamné l’annexion de la Crimée par la Russie et a déclaré devant le Conseil de sécurité que les sanctions contre la Russie resteront en place « jusqu'à ce que la Russie redonne le contrôle de la péninsule à l'Ukraine ». Ce qui n’est pas près d’arriver… Et elle a même demandé une nouvelle condamnation de la Russie, qu’elle rend responsable du regain de tension dans le Donbass : « Nous voulons améliorer nos relations avec la Russie. Toutefois, la situation terrible dans l'est de l'Ukraine demande une claire et ferme condamnation des actions de la Russie. »

    C’est pourtant le ministre ukrainien de la Défense en personne qui a dit que l’armée ukrainienne avance « mètre par mètre, pas à pas », donc a pris l’offensive.

  • L’astuce australienne

    Dans sa série d’entretiens téléphoniques avec les dirigeants des différents pays du monde, Donald Trump s’est entretenu samedi avec le Premier ministre australien Malcolm Turnbull. Mais l’entretien a tourné court, a révélé le Washington Post, et Donald Trump aurait dit, après avoir raccroché au nez de l’Australien, que des quatre conversations téléphoniques du jour « ça a été de loin la pire ».

    Ce qui était en cause est un accord dont je n’avais pas entendu parler, et qui a semble-t-il été conclu de façon très discrète, sinon secrète, entre Obama et l’Australie.

    On félicitait l’Australie de n’accepter aucun migrant et de renvoyer tous ceux qui tentaient d’accoster. Mais on ne savait pas (je ne savais pas, et semble-t-il même Trump ne le savait pas non plus), que selon un accord conclu en novembre dernier le gouvernement d’Obama avait accepté d’accueillir aux Etats-Unis les migrants que l’Australie renvoyait et qui sont parqués dans des camps sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et à Nauru.

    Après la parution de l’article du Washington Post, hier soir, Donald Trump a tweeté :

    « Vous n’allez pas le croire ! Le gouvernement Obama a été d’accord pour accueillir des milliers d’immigrants illégaux d’Australie. Pourquoi ? Je vais analyser cet accord stupide. »

  • Trump

    Alors que son précédent décret sur la « protection de la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis » (qui aurait pu être un peu mieux pensé…) continue de faire des vagues dans le monde entier, Donald Trump a signé aujourd’hui, entouré de patrons de petites entreprises, un décret par lequel il tient une autre de ses promesses : la réduction de la réglementation fédérale.

    Le décret exige des agences gouvernementales qu'elles suppriment deux normes existantes chaque fois qu'elles en créeront une.

  • Au Pakistan

    Les sénateurs pakistanais ont entamé un débat sur une éventuelle modification des lois sur le blasphème. On donnera le nom de l’héroïque sénateur (musulman) à l’origine de ce débat : Farhatullah Baber. Car il risque sa vie.

    C’est la quatrième tentative de débattre de cette législation introduite sous la dictature du général Zia en 1982 et 1986.

    La première avait été celle de Benazir Bhutto, arrivée au pouvoir en 1988. Mais une fatwa la condamnant à mort avait eu raison de ses velléités…

    La deuxième avait été celle d’un parlementaire zoroastrien, en 2007. Sa proposition de loi avait été immédiatement rejetée par le ministre des Affaires parlementaires au motif constitutionnel qu’aucune loi ne peut contredire la charia.

    La troisième avait été celle de Sherry Rehman, en 2010. Elle fut menacée de mort et retira sa proposition de loi. L’année suivante, deux militants du changement de la loi, le gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, et le ministre catholique des minorités, Shahbaz Bhatti, étaient assassinés.

    On ne sait jusqu’où ira l’examen cette fois-ci. Un recours a été déposé devant la Haute Cour de Lahore, pour lui demander d’interrompre le débat, parce que « le Parlement ne peut faire une loi contraire aux principes islamiques ».

  • En Birmanie

    Deux pasteurs baptistes Kachin ont été arrêtés par l’armée en Birmanie la veille de Noël. Mardi, ils ont été remis à la police et ils ont été inculpés pour avoir donné des informations aux médias sur la destruction par l’armée de l’air d’une église catholique en décembre, et pour liens avec une « association illégale », à savoir l’Armée de l’indépendance Kachin. Ils risquent cinq ans de prison pour chaque motif.

    Depuis la venue au pouvoir de la mondialement célébrée Aung San Suu Kyi, icône planétaire de la démocratie, l’armée birmane a intensifié les combats contre les peuples périphériques de Birmanie dont plusieurs sont majoritairement chrétiens.

  • Trump

    Donald Trump a signé hier un décret ordonnant la construction d’un mur sur la frontière avec le Mexique, et un décret prenant plusieurs mesures contre l’immigration.

    Les agents de l'immigration seront désormais habilités à cibler, dans les « villes sanctuaires » (où normalement on ne peut pas être poursuivi quand est immigrant sans papiers) et expulser les migrants qui posent une menace à la sécurité. Quelque 5.000 nouveaux officiers de patrouille à la frontière seront engagés. Le nombre d’agents de l’immigration sera triplé. Création d'un bureau du Département de la Sécurité intérieure dédié au soutien des victimes de crimes d'immigrés illégaux.

    Ce décret, a souligné Donald Trump, met « fin de la politique consistant à attraper et relâcher à la frontière. Les autres pays devront récupérer leurs criminels. Ils vont les récupérer. »

    On voit jour après jour que Donald Trump tient ses promesses. Et avec une rapidité inouïe.

    La seule promesse en panne, et l’on ne va certes pas s’en plaindre, concerne le transfert de l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, donc la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Les médias israéliens affirmaient que ce serait annoncé le 23 janvier. Le 22, le porte-parole de la Maison Blanche a déclaré que nous sommes « au tout début du processus consistant ne serait-ce qu'à aborder ce sujet »…

    *

    Avant l’élection, les experts annonçaient que la bourse américaine s’effondrerait si par impossible Donald Trump était élu. Donald Trump a été élu, et la bourse de New York a grimpé. Les mêmes experts expliquaient que la bourse chuterait après l’investiture du nouveau président, parce que ceux qui avaient acheté après l’élection allaient vendre maintenant. Or hier le Dow Jones a dépassé les 20.000 points pour la première fois de son histoire.

  • Etats-Unis : une (double) première à la Marche pour la Vie

    Demain vendredi, entre le décret interdisant le financement des ONG internationales pratiquant l’avortement et l’annonce du nouveau juge pro-vie à la Cour suprême, aura lieu la 44e Marche pour la Vie à Washington.

    Pour la première fois, la Maison Blanche aura un représentant officiel, qui prendra la parole : Kellyanne Conway, qui est l’un des trois « counselors to the President » (membres dirigeants du bureau exécutif du président). Kellyanne Conway était présidente du comité politique de Ted Cruz et fut engagée comme gestionnaire de la campagne de Donald Trump dès que Ted Cruz abandonna la partie. Elle aime dire que nous sommes à l’ère de l’échographie et que nous savons ce qu’est la vie quand nous en voyons une.

    Addendum

    On apprend que le vice-président Mike Pence participera également à la Marche pour la Vie et prendra la parole. Là c'est une première véritablement historique.

    (Le porte-parole de la Maison Blanche a laissé entendre que Donald Trump enverrait un message par téléphone. Mais Ronald Reagan et George W. Bush l'avaient déjà fait.)

  • Trump pro-vie

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    Donald Trump a signé aujourd’hui, au lendemain du 44e anniversaire de l’arrêt Roe contre Wade qui avait légalisé l’avortement, un décret interdisant le financement par des fonds fédéraux d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement. Au premier rang : la fédération internationale du Planning familial.

    De sorte que l’avortement ne sera plus une exportation américaine, comme soulignent les militants pro-vie, qui saluent cette première décision.

    Cette interdiction, dite « Politique de Mexico » (parce qu'elle avait été annoncée lors de la conférence de l'ONU sur la population tenue dans cette ville), avait été décrétée par Ronald Reagan en 1984. Elle avait été supprimée par Bill Cinton en 1993, rétablie par George W. Bush en 2001, puis de nouveau supprimée par Barak Obama en 2009.

    Donald Trump a signé ce jour deux autres décrets : l’un qui retire les Etats-Unis du Partenariat Trans-Pacifique (ce qui signe l’arrêt de mort de cet accord de libre échange négocié pendant des années par Obama), l’autre qui gèle les embauches dans tous les organismes fédéraux à l’exception des armées.

    D’autre part, rencontrant des chefs d’entreprises, Donald Trump a déclaré qu’il allait supprimer 75% des réglementations, peut-être davantage, tout en prenant soin de la protection sociale et environnementale.

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  • Wait and see

    C’est un nouveau dicton chinois, semble-t-il. En effet, le Bureau de propagande du parti communiste chinois a déclaré que « toute information sur Trump doit être traitée avec soin, et aucune critique non autorisée de ses paroles ou de ses actes ne sera permise ».

    Bref, après la multi-polémique sur Taïwan ou sur le commerce, on calme le jeu et on attend de voir…

  • Trump

    Encore raté, pour ceux qui disaient que Donald Trump ne tiendrait pas ses promesses et qu’avant même d’être président il avait déjà fait machine arrière : le jour même de son investiture, il a signé un décret ordonnant aux diverses agences fédérales de « soulager le poids » de l’Obamacare en utilisant toutes les marges de manœuvre possibles, exemptions et reports, pour ne pas l’appliquer, en attendant que cette loi soit supprimée.

    D’autre part, le secrétaire général de la Maison Blanche, Reince Priebus, a signé un mémorandum ordonnant un gel général des réglementations fédérales jusqu'à ce qu'un nouveau ministre nommé par Donald Trump les approuve.

    Enfin, un texte publié sur le site de la Maison Blanche informe que le président Trump « s'engage à éliminer les politiques non nécessaires et nuisibles tel le plan d'action pour le climat et les eaux » mis en place par Barack Obama.

    Addendum

    Ce même premier jour, la page dédiée aux "droits LGBT" a été supprimée du site de la Maison Blanche. Et le sigle LGBT a complètement disparu.

    Addendum 2

    Et il n'y a plus rien sur le changement climatique.

    Addendum 3

    La prestation de serment de John Kelly.

     

  • Michel Aoun

    Les visites protocolaires au président libanais ne font généralement l’objet que d’une brève mention, par le fait qu’elles donnent lieu à des propos convenus sans autre signification que leur nécessité diplomatique. Mais, lundi, parmi les délégations qu’il a reçues, il y a eu celle du « comité exécutif des Eglises du Proche-Orient au Liban ». Et le discours du président Aoun n’est pas passé inaperçu.

    En effet, il a déclaré : « La religion chrétienne ne tombe pas sous les coups des chars, des canons et des avions, mais sous l'effet de l'argent et de la peur (...). La baisse du nombre de chrétiens dans la région n'est pas due uniquement aux guerres, mais à leur absence dans la gestion du pouvoir et des affaires publiques. (…) Le christianisme n’est pas arrivé ici depuis l’étranger et lorsque les chrétiens au Proche-Orient perdent leurs droits et regardent en direction de l’étranger, ceci devient pour eux un nouveau facteur de risque. »

    Il est rarissime qu’un responsable libanais, civil ou religieux, évoque « l’argent », à savoir l’avidité, la soif d’argent et de possession, et l'absence d'engagement civique, comme un motif de la destruction du christianisme dans la région. Or ici c’était le président de la République à des patriarches et archevêques…

    D’autre part, Michel Aoun a tenu à souligner la signification chrétienne du martyre, qui n’est pas un échec mais témoignage de la résurrection : « Certains hommes politiques ont critiqué le concept de martyre mais dans la vie chrétienne le martyre consiste à donner sa vie pour les autres. Il exprime la réalité de la rédemption. » Jésus, par son martyre, « a fait cela pour nous ».

    Et il a donné au patriarche grec-orthodoxe, frère de l’archevêque grec-orthodoxe d’Alep enlevé en 2013 et dont on n’a plus de nouvelles, un évangéliaire grec trouvé par l’armée libanaise sur un jihadiste qui l’avait volé à Maaloula.

    *

    Du 9 au 11 janvier, Michel Aoun était, avec huit ministres, en Arabie saoudite, pour sa première visite officielle à l’étranger. Le fait n’a rien d’étonnant en soi, vu l’importance de l’Arabie saoudite dans la politique libanaise. Mais la brouille était grande depuis que l’Arabie saoudite avait dénoncé la mainmise du Hezbollah…

    Or le résultat de la visite est assez stupéfiant. Car Michel Aoun est l’allié privilégié du Hezbollah, or l’Arabie saoudite a décidé de débloquer son aide militaire gelée il y a un an…

    L’affaire remonte en fait au 29 décembre 2013. Ce jour-là, le président libanais, Michel Sleiman, annonce que l’Arabie saoudite promet de donner 3 milliards de dollars au Liban pour renforcer les capacités de l’armée libanaise, et il précise que cet argent servira à acheter des armes à la France. Il se trouve que ce même jour François Hollande est à Riyad et déclare, sans faire mention de la promesse, que la France saura répondre aux demandes d’aide du Liban… En novembre 2014 était signé entre Paris et Riyad un contrat de livraison d’armes françaises au Liban de… trois milliards de dollars.

    Mais en février 2016 l’Arabie saoudite annonçait qu’elle arrêtait tout, à cause des violentes prises de position du Hezbollah contre la « famille Saoud », et l’influence du Hezbollah sur la vie politique libanaise : le Liban n’avait pas condamné l’attaque contre l’ambassade d’Arabie saoudite à Téhéran.

    Je ne sais pas ce qui relève des pressions françaises et ce qui relève de la trouille saoudienne face à l’Etat islamique, et à d’autres facteurs occultes, mais le fait est que les Saoudiens s’accordent aujourd’hui avec l’homme lige de leur ennemi Hezbollah. L’Orient compliqué…

  • Ubu à Kaliningrad

    L’hystérie antirusse ne cesse de monter dans les pays Baltes et en Pologne, attisée par l’OTAN qui y débarque des troupes et des centaines de chars.

    La dernière provocation antirusse en date est la décision de la Lituanie d’ériger un mur de 135 km à sa frontière avec l’enclave russe de Kaliningrad. Un mur qui sera pour l’essentiel financé par l’Union européenne : à hauteur de 25 millions d’euros (3,6 millions étant à la charge de la Lituanie). L’art du gaspillage de l’argent public…

    Le ministre lituanien de l’Intérieur, Eimutis Misiunas, dit à l’AFP que « les raisons en sont à la fois économiques – empêcher la contrebande – et géopolitiques – renforcer la frontière extérieure de l'Union européenne ».

    Evidemment, le coup de la contrebande est bidon. Et renforcer la frontière extérieure de l’UE à Kaliningrad est une mauvaise farce, quand des millions de migrants arrivent de partout – sauf de Kaliningrad.

    Le mur est « un signe que [la Lituanie] considère le pays voisin comme un agresseur potentiel », dit ouvertement le ministre.

    Le gouverneur de Kaliningrad préfère prendre cela à la rigolade. « Si nos collègues lituaniens veulent ériger une clôture pour arrêter les contrebandiers, alors nous sommes prêts à leur fournir du matériel de construction », dit-il, soulignant que la Russie a une « formidable usine » de production de briques à la frontière avec la Lituanie…

  • Coptes

    Les autorités judiciaires égyptiennes ont décidé de ne pas ouvrir de procès à propos du cas de Suan Thabet, une copte de 70 ans qui avait été rouée de coups, dénudée en public et traînée nue dans les rues de son village au cours d’une attaque de musulmans qui avaient également incendié plusieurs maisons et magasins appartenant à des coptes le 20 mai dernier.

    L’origine de la colère musulmane était une rumeur selon laquelle le fils de cette femme aurait eu une aventure avec une musulmane. Comme ils ne trouvaient pas l’homme, qui avait pris la fuite, ils s’en sont pris à la mère. Depuis lors la famille n’a pas pu retourner dans son village.

    L’affaire a été classée pour « manque de preuves ».

    Pourtant le président Abdel Fattah al Sissi lui même avait demandé aux ministères compétents que les responsables de ces violences soient rapidement identifiés et punis. Quelque 14 personnes avaient été inculpées, 8 arrêtées.

  • Trump

    L’interview de Donald Trump publiée simultanément dans le Times et Bild fait beaucoup de bruit, alors que le président élu ne fait que répéter ce qu’il a déjà dit. Mais c’est cela qui « choque », semble-t-il. Tout le monde était persuadé qu’il allait mettre de l’eau dans son vin, que le président des Etats-Unis ne ressemblerait pas au trublion de la campagne. Or il montre qu’il n’en est rien. Et il redit donc tranquillement que les Britanniques ont eu raison de voter le Brexit, que Mme Merkel a fait une « erreur catastrophique » en accueillant tant « d’illégaux » sans même savoir d’où ils venaient, que « l’Union européenne est, en gros, un instrument pour l’Allemagne », que l’OTAN est « obsolète », que les sanctions contre la Russie sont mauvaises, etc.

    L’expression que je préfère (je ne sais s’il l’avait déjà employée ou non), c’est à propos de l’invasion de l’Irak qui a été « probablement la pire décision jamais prise dans l’histoire du pays » : « C’est comme jeter des pierres sur une ruche. »

    On notera le commentaire du rédacteur en chef de Bild : « Donald Trump est Donald Trump, et assurément je peux vous dire que cette conversation est l’entretien le plus étonnant que j’aie jamais fait. En effet, ses paroles ne sont pas comme du linge repassé, aucun conseiller en communication n’est passé dessus. Ce que Trump a dit, nous l’avons retranscrit tel quel, puis traduit. Cela a d’ailleurs été le plus difficile : traduire sa langue en allemand. Et quand on lit l’interview, on la lit très différemment des interviews politiques habituelles. »

  • Echec à l’islamiste

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    Le secrétaire général adjoint du Conseil indonésien des oulémas, Tengku Zulkarnain, devait prêcher aujourd’hui à Bornéo. Mais il n’a pas pu descendre de son avion. Un groupe de Dayaks l’attendaient à l’aéroport de Sintang, en vêtements traditionnels et portant leur célèbre couteau de cérémonie, le Mandau.

    Tengku Zulkarnain a dû repartir comme il était venu, parce que les Dayaks ne plaisantaient pas. La veille, le dignitaire musulman les avait traités d’« infidèles » sur Twitter… Encore a-t-il de la chance que les Dayaks aient abandonné leur sport favori : la chasse aux têtes…

    Il s’agit semble-t-il de Dayaks chrétiens. Leur accoutrement ne doit pas faire illusion : nombre de Dayaks de Bornéo sont aujourd’hui membres des classes supérieures.

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  • Ça ne traîne pas…

    Donald Trump n’est pas encore en fonction, mais le Sénat a déjà voté, ce jour, une résolution, par 51 voix contre 48, demandant aux commissions parlementaires concernées d’élaborer un projet de sortie de l’Obamacare. Le même texte doit être voté par les députés demain vendredi.

    Et il y en a qui affirmaient que Trump n’avait pas du tout l’intention de supprimer l’Obamacare, que ce n’était qu’une promesse de campagne…