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Réflexions - Page 3

  • La jeunesse de l’âme

    Toute personne qui commence à prendre de l’âge prend peu à peu conscience du décalage qui s’opère entre son corps et son esprit. Alors que le corps vieillit, l’esprit reste intact. Les jeunes ne peuvent pas avoir conscience de cela, parce qu’il y a chez eux adéquation parfaite entre le corps et l’esprit : tous deux sont « jeunes ». Ils peuvent toutefois constater chez nombre de vieux que si leur corps est affaibli et diminué, leur esprit « reste jeune ». En fait, plus on vieillit, plus on se rend compte que notre esprit, lui, ne change pas, qu’on pense et qu’on réfléchit à 80 ans exactement comme à 20 ans. Je parle ici du « mécanisme » de la pensée, qui reste identique même si l’on a changé d’opinion sur des sujets importants, changé de goûts en matière de culture, etc. L’expérience accumulée n’y change rien non plus, sinon qu’elle enrichit cette pensée et cette réflexion. On connaît l’adage : Quand on aime, on a toujours 20 ans. Cela est très profondément vrai : on est toujours le même « dans sa tête » et « dans son cœur ».
    Il y a là, me semble-t-il, une preuve évidente de l’immortalité de l’âme. Je n’ai jamais rien lu à ce sujet. D’autres que moi ont pourtant certainement déjà fait ce constat, et en ont traité de façon plus savante et plus profonde. Si des lecteurs ont lu de tels livres, je leur serais très reconnaissant de m’en faire part.
    Dans la Bible, comme je crois dans toutes les anciennes doctrines, le centre de l’être est le cœur (comme il l’est physiquement). C’est le cœur qui est le « siège » de l’âme. Cela a le mérite de distinguer la pensée discursive, produite « par le cerveau », et l’âme spirituelle proprement dite, qui n’est pas tributaire du cerveau.
    Il est pourtant saisissant de constater que si l’on demeure le même « dans son cœur », on reste aussi le même « dans sa tête » (sauf maladie spécifique ou dégénérescence, bien sûr, je ne parle ici que des personnes en bonne santé). Pourtant le cerveau lui aussi vieillit ? Logiquement, il devrait lui aussi vieillir comme le reste. Mais l’idée reçue selon laquelle on perd des milliers (ou des millions) de neurones par jour est aujourd’hui battue en brèche, et même le dogme selon lequel notre stock de neurones, contrairement aux autres cellules, ne peut pas se renouveler. Et ceux qui croient en l’autodestruction des neurones affirment que cela n’a aucune influence sur les capacités intellectuelles. De fait le cerveau reste curieusement intact, comme on peut le constater chez des gens très vieux qui ont gardé l’esprit vif, ce qui est très impressionnant quand le corps de ces personnes est réduit à l’état de loque.
    Le prix Nobel de médecine John Eccles, qui a passé toute sa vie à étudier les neurones du cerveau, a fini par conclure qu’aucune théorie sur leur fonctionnement ne permettait d’expliquer la conscience, et particulièrement la conscience de l’unicité du moi. Il en a été conduit, lui qui était agnostique, à conclure à l’existence nécessaire d’une entité surnaturelle, autrement dit une âme (immortelle, puisqu’elle ne dépend pas de la matière), et à postuler l’existence de psychons agissant comme une interface entre l’âme (qui n’est donc située nulle part, mais qui est le « cœur » de notre être) et les dendrons du cortex cérébral. S’il existe une âme surnaturelle, c’est qu’il existe un Dieu. Et Eccles est devenu chrétien…
    Dans certains schémas, pour faire comprendre l’interaction, Eccles montre les dendrons comme enveloppés par les psychons. On ne peut s’empêcher d’y voir les neurones comme protégés par l’âme qui veille sur ses instruments physiques. Ce qui correspond aussi à ce que constatent les chercheurs, à savoir que le neurone est physiquement la plus protégée de nos cellules.
    Si le cerveau ne vieillit pas, ou vieillit beaucoup moins que le reste de notre corps, c’est parce qu’il est en contact avec l’âme qui reste éternellement « jeune ». Cette mise en évidence de l’âme, dont l’existence est ainsi prouvée par l’expérience et rendue nécessaire par la science, détruit radicalement le matérialisme dans lequel baigne notre monde.
    On en revient ici à la réflexion récurrente de Joseph Ratzinger, aujourd’hui Benoît XVI, sur les rapports entre foi et raison, sur la science qui en se coupant de Dieu mutile l’homme, sur la nécessité d’intégrer toutes les dimensions de la personne humaine. Laquelle est créée par Dieu pour vivre dans son Amour éternel.

  • Supprimer les partis politiques ?

    Le mensuel La Nef publie dans son numéro de septembre un "appel à la suppression des partis" politiques.

    Le débat sur l'existence des partis politiques est légitime, mais il est très théorique, dans la mesure où notre démocratie, où toute démocratie actuelle, ne vit qu'à travers les partis politiques.

    Selon les signataires de l'appel, le parti politique empêche la réflexion souverainement libre de la personne, ne peut procéder que par l'intimidation, est donc intrinsèquement mensonge. Et quiconque veut jouer un rôle politique doit passer sous les fourches caudines des partis, se plier aux idées ou programmes qu'ils défendent.

    Cette vision est curieuse. Elle implique qu'on ne pourrait pas librement adhérer à un parti, à ses idées, à ses objectifs, et que tout membre d'un parti politique serait embrigadé à son corps défendant, passant sous des fourches caudines pour être élu... sur un programme qui n'est pas vraiment le sien.

    Cela ne correspond évidemment pas à la réalité. On ne peut pas adhérer à un parti, militer dans un parti, en ayant conscience d'être soumis à une intimidation. Il y a une contradiction patente entre le fait d'adhérer et de passer sous les fourches caudines. Et il est pour le moins étrange de penser que tous les membres des partis politiques ont abdiqué leur liberté et se sont mis au service du mensonge.

    Le parti politique, nous disent encore les signataires de l’appel, est quasiment incapable de raisonner en terme de bien commun, et ce n’est pas un hasard si ce concept a disparu du langage politique.

    Eh bien ce n’est pas vrai. Je connais un parti politique dont le programme fait mention du bien commun dès sa première page, et qui pose le bien commun en principe, dans son chapitre sur les institutions. Et le numéro 2 de ce parti, en clôture de son université d’été, au début de ce mois, a commencé son allocution par ce propos : « Notre seule boussole est le bien commun. » Il ne s’agit pas d’un parti marginal, mais de celui dont le représentant est arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle.

    Le débat est tellement théorique que les signataires de l’appel oublient de dire comment on peut supprimer les partis politiques. Or les partis politiques ne sont rien d’autre que des associations à but politique. Pour les supprimer, il n’y a pas d’autre solution que d’interdire les associations à but politique. Ce qui est le propre d’un régime totalitaire : le contraire de ce qu’ils appellent de leurs vœux.