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Dans le monde - Page 5

  • En Irak

    Différentes personnalités irakiennes protestent contre les amendements au Code du statut personnel adoptés en catimini la semaine dernière par le Parlement et demandent leur retrait. Au moment du vote, une quinzaine de députés étaient sortis du Parlement pour tenter, en vain, que le quorum ne soit pas atteint (mais selon un député chrétien le quorum n’était réellement pas atteint).

    En résumé, ces amendements vont faire ressembler ce Code, qui était lors de sa promulgation en 1959 l’un des plus « progressistes » du monde arabe, à celui de l’Etat islamique. Ils rétablissent par la bande, de façon subreptice, ce que le « Conseil de gouvernement » chiite de 2003 avait tenté d’imposer : un décret qui comportait deux articles : 1. Application de la charia pour toutes les affaires de statut personnel. 2. Abrogation de toute loi non conforme à l’article 1. C’était tellement caricatural que le gauleiter américain qui parrainait le Conseil avait dû s’y opposer.

    Or deux amendements adoptés la semaine dernière aboutissent au même résultat : toute personne peut demander que le tribunal civil juge selon la charia, et aucune autre loi contrevenant celle-ci ne peut être appliquée.

    Cela aboutit à rétablir la dhimmitude, et à légaliser tout ce que contient la charia, dont le mariage des petites filles, l’interdiction pour des non-musulmans d’hériter de musulmans (mais l’inverse est permis), l’interdiction pour un non-musulman d’avoir la garde d’un enfant mâle musulman, lequel est forcément musulman s’il a un parent musulman (et la femme musulmane divorcée ne peut garder son enfant mâle que jusqu’à deux ans), l’invalidité des témoignages des non-musulmans s’il y a des témoins musulmans, les femmes musulmanes étant interdites de témoignage sauf cas particuliers, etc.

    Les défenseurs des droits des minorités, des femmes et des enfants appellent à ce que soit saisie la Cour suprême, qui pourrait juger la loi anticonstitutionnelle… ou pas, vu que la Constitution dispose que « l’islam est la religion officielle de l’Etat et une source fondamentale de la législation »…

  • Liban et Saoudie

    Le patriarche maronite Bechara Boutros Raï a rencontré hier le président libanais Michel Aoun au palais présidentiel de Baabda. Il n’y a eu aucune déclaration officielle, mais de source anonyme on a appris que le patriarche ne reportait pas son voyage à Riyad, et qu’il en profiterait pour rencontrer Hariri pour « l’interroger sur la situation ». Et il dira aux responsables saoudiens que le Liban « ne peut pas accepter les guerres des autres sur son sol, ni le conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite ».

    Mais l’Arabie saoudite a demandé hier à tous ses ressortissants de quitter le Liban « au plus vite »… Et le fait est que le conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite traverse le Liban comme on le voit avec le Président chrétien allié du Hezbollah et le Premier ministre de nationalité saoudienne…

    Le voyage du patriarche est prévu pour le 13 novembre. Il aurait reçu « l’autorisation de principe » de rencontrer Hariri (le chef de l’Eglise du Liban aurait l’autorisation de rencontrer le Premier ministre du Liban…), lequel avait dit qu’il rentrerait au Liban cette semaine…

  • Le Liban dans l’œil du cyclone

    Thamer al Sabhan, le ministre saoudien des Affaires du Golfe, a déclaré que les actes d’agression (non définis et non identifiés) commis par le Hezbollah libanais soutenu par l’Iran feront que le gouvernement libanais sera « traité comme un gouvernement qui a déclaré la guerre à l'Arabie saoudite ». Le ministre a ajouté que le message avait été transmis à Saad Hariri. Lequel, en annonçant sa démission du poste de Premier ministre du Liban, évoquait des un complot du Hezbollah et de l’Iran pour l’éliminer.

    Saad Hariri (qui a aussi la nationalité saoudienne) a été reçu hier par le roi Salmane pour évoquer la situation libanaise, et il est allé ce midi évoquer la même situation libanaise à Dubaï avec le prince héritier d’Abou Dhabi. Sans doute pour démentir son assignation à résidence, puis il est retourné à Riyad.

    Le président libanais Michel Aoun attend que Saad Hariri revienne à Beyrouth pour accepter éventuellement sa démission. Jusque-là il reste Premier ministre en titre.

    Dimanche, dans son homélie, le cardinal Bechara Boutros Raï n’a pas caché son inquiétude. Il a appelé à « soutenir l’appel lancé par le Président libanais, Michel Aoun, afin que soit protégée et renforcée l’unité nationale, en faisant preuve de patience et de discernement dans les choix à prendre pour empêcher que le pays ne soit englouti dans la spirale des conflits qui continuent à tourmenter le Proche-Orient », selon le résumé de l’agence Fides. Le Liban, a ajouté le patriarche maronite, ne doit pas être poussé à s’aligner de manière coercitive sur « des axes régionaux ou internationaux qui ne correspondent pas à sa nature, à ses valeurs et au rôle qu’il joue en tant qu’élément de coopération, de stabilité et de coexistence dans la région ».

    Il est clair que l’Arabie saoudite s’irrite de voir l’importance qu’a prise le Hezbollah depuis la guerre en Syrie, et le renforcement du pôle iranien tant en Irak qu’en Syrie et au Liban. Mais on ne voit pas à quoi la déstabilisation du Liban (ou une guerre contre le Liban ?!) pourrait lui servir, et l’on ne voit pas non plus à quoi peut lui servir une humiliation de la minorité sunnite du Liban en la personne de son chef de file Hariri.

  • En Arabie saoudite

    Samedi soir, quelques heures après la création par le roi Salmane d’une commission anticorruption dirigée par le prince héritier (et vice-Premier ministre etc.) Mohammed ben Salmane, 11 princes et 38 autres notables (ministres, anciens ministres, hommes d’affaires, dont le PDG du groupe Ben Laden) ont été arrêtés.

    Le conseil des oulémas a aussitôt réagi sur son compte Twitter que la lutte contre la corruption était aussi importante que le combat contre le terrorisme. (En septembre, ce sont plusieurs dizaines d’imams qui ont été arrêtés, notamment pour « extrémisme », mais certains pour libéralisme.)

    Parmi les personnalités arrêtées figure le fameux prince al-Walid ben Talal (20e fortune mondiale), que Jacques Chirac avait fait commandeur de la Légion d’honneur parce qu’il finançait des salles des « arts de l’islam » au Louvre – et il recevra ensuite la médaille de Grand Mécène et de Grand Donateur : « Grâce à vous, le Louvre, institution à vocation universelle, musée le plus visité sur la planète, mettra en lumière l’apport essentiel de l’Islam à notre culture, et à la longue épopée de l’humanité », dira Christine Albanel, ministre de la Culture, qui l’appelle « Monseigneur ».

    On ne sait pas ce que cache tout ce remue-ménage, ni d’ailleurs la démission surprise de Saad Hariri, mais ce qui est sûr est que le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane assoit son pouvoir, avec l’aval de son père, de façon spectaculaire.

    La démission de Saad Hariri inquiète au Liban, car elle peut remettre en cause le fragile équilibre politique. Elle a d’ailleurs été refusée par le président de la République jusqu’à son retour au Liban. Et elle peut remettre en cause la visite à Riyad du patriarche maronite, qui risque d’apparaître du coup comme une manœuvre politique.

    On ne peut que suivre les faits. Les questions trouveront des réponses quand d’autres faits les éclaireront…

  • Ambassade

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    Le Sénat américain a confirmé la nomination de Callista Gingrich comme ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège, par 70 voix contre 23. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas un bon score pour une nomination d’ambassadeur. Certains (démocrates) n’acceptent pas que Trump fasse ambassadeur quelqu’un qui n’a jamais eu de mission diplomatique.

    En réalité, Callista Gingrich (51 ans) est surtout la femme de Newt Gingrich (74 ans), ancien président de la Chambre des représentants (et avant cela artisan de la reconquête républicaine sous Clinton), dirigeant républicain de premier plan, soutien (tardif) de Donald Trump aux dernières élections.

    Retour d’ascenseur, donc. Mais on notera que cette confirmation a eu lieu le 16 octobre, jour de l’anniversaire de l’élection de Jean-Paul II. Or Callista Gingrich, directrice, conjointement avec son mari, de la société de production cinématographique Gingrich Productions, a produit un important documentaire sur la première visite de Jean-Paul II dans son pays.

    Certains lui reprochent d’avoir eu une liaison de six ans avec Newt Gingrich avant de se marier avec lui (qui était marié avec sa deuxième femme…). Mais c’est sous son influence qu’il s’est converti au catholicisme en 2009.

    Callista Gingrich, qui était son assistante parlementaire, faisait partie du chœur de la basilique du sanctuaire national de l’Immaculée Conception à Washington. Et Gingrich y allait pour l’accompagner et l’entendre. Cela a « créé un environnement où peu à peu j’ai réfléchi et évolué sur la question de la foi », dit-il. Ajoutant que la visite de Benoît XVI en 2008 a été pour lui le « moment de la confirmation ». Lors des vêpres célébrées par le pape à la basilique, alors que Callista chantait, il s’est dit : « Voilà à quoi j’appartiens. »

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  • Au Népal

    Le Parlement du Népal a approuvé le nouveau code pénal. Il entrera en vigueur en août 2018.

    Il stipule que quiconque sera pris en flagrant délit de prosélytisme ou de déstabiliser une caste, un groupe ethnique ou une communauté quant à la religion, sera passible d’une peine de prison allant jusqu’à cinq ans.

    Cela s’applique à tous les citoyens et aux étrangers, y compris aux... missionnaires.

    Dans un déni qui vaut tous les aveux, le ministre de la Justice a déclaré que la loi « s’applique également aux hindous et aux bouddhistes parmi d’autres, elle ne vise donc pas seulement les chrétiens ».

    Dans un pays où 80% de la population est hindoue et où le christianisme se répand, il est bien évident que ce sont les seuls chrétiens qui sont visés.

    Cette loi ressemble à celles qui sont en vigueur dans plusieurs Etats de l’Inde « contre les conversions forcées ». Les extrémistes hindous s’en servent pour faire la chasse aux chrétiens et les accuser de « conversions forcées » pour de simples entretiens ou distributions de livres religieux. Après avoir été battus par les hindous, les chrétiens sont relaxés. Mais la loi du Népal va a priori plus loin puisque la distribution de textes religieux, ou le simple fait pour un prêtre de répondre à des questions, peut être condamnée comme du prosélytisme.

  • A propos de nos chers frères Rohingya

    Comme on pouvait le lire sur le site même du Vatican, l’exode de musulmans Rohingya de Birmanie au Bangladesh est dû non pas aux « persécutions contre nos frères musulmans », comme le dit François, mais aux attaques de l’armée Rohingya (Armée du salut Rohingya de l’Arakan - ARSA) contre des postes de l’armée birmane. Ces attaques coordonnées ont commencé le 25 août, au lendemain même de la publication d’un plan de Kofi Annan parrainé par l’ONU, plan qui est pourtant en faveur des Rohingya.

    Le 25 août, 12 soldats birmans et une centaine de soldats de l’armée Rohingya ont été tués. Depuis, quelque 300 autres personnes sont mortes, environ 125.000 Rohingya sont passés au Bangladesh (qui est leur pays d’origine), et plus de 25.000 non-musulmans (bouddhistes et hindouistes) ont été évacués.

    AsiaNews a recueilli des témoignages d’habitants des villages où se trouvaient les postes de l’armée birmane attaqués. Tous disent que leur village a été assiégé par des troupes très nombreuses et qu’ils ont eu la vie sauve grâce à la contre-attaque de l’armée régulière qui les a évacués.

    AsiaNews rapporte d’autre part que l’agence Mizzima News, fondée par des journalistes birman en exil, cite des sources de services de renseignement indiquant que les 23 et 24 août l’Inde et le Bangladesh ont intercepté trois appels téléphoniques entre le commandant en chef de l’ARSA Hafiz Tohar et des islamistes du Pakistan liés à l’Etat islamique. Ces appels auraient joué un rôle clé dans l’offensive du 25 août. Selon les mêmes sources, l’ARSA et ses soutiens, à savoir l’Etat islamique et les services de renseignement pakistanais (qui sont depuis longtemps un fief taliban), avaient précisément pour objectif de torpiller le plan de Kofi Annan que le gouvernement de Aung San Suu Kyi avait l’intention d’appliquer.

    Il n’est pas question de nier que les Rohingya sont victimes d’injustices de la part de l’Etat (comme toutes les minorités en Birmanie), et de persécutions de la part des bouddhistes, mais parler de cette affaire, comme le fait le pape, en passant sous silence l’existence de l’armée Rohingya et le fait que l’exode est dû à l’offensive de cette armée islamiste, c’est un sommet de désinformation.

  • En Egypte

    Le député égyptien Mohamed Fouad, membre de la commission pour l’urbanisme, lance un appel au Premier Ministre, Sherif Ismail, pour que le gouvernement publie les décrets d’application de la loi concernant la construction des églises.

    Cette loi a été votée il y a un an, le 30 août 2016. Mais elle n’a toujours pas de décrets d’application… ce qui permet de comprendre en partie pourquoi la situation ne s’arrange pas…

  • Le pataquès de Lahore

    « Nous désapprouvons l’utilisation politique de la chaire sacrée par la fille de l’ancien Premier ministre. Cela a blessé les sentiments des chrétiens non seulement au Pakistan mais à travers le monde. Nous présentons officiellement nos excuses pour ce qui s’est passé. »

    Telle est la déclaration de Mgr Sebastian Francis Shaw, archevêque de Lahore, suite à l’énorme polémique déclenchée chez les chrétiens du Pakistan par la visite de Maryam Nawaz à la cathédrale du Sacré-Cœur de Lahore en pleine campagne électorale.

    Le 1er septembre, Maryam Nawaz est arrivée à la cathédrale accompagnée de l’évêque anglican, d’un ministre fédéral et d’un ministre provincial (chrétiens), au milieu de mesures de sécurité exceptionnelles. Maryam Nawaz est la fille de Nawaz Sharif, chef de la « Ligue musulmane du Pakistan (N) » (N comme Nawaz), qui a été destitué de son poste de Premier ministre après les révélations des « Panama Papers », et elle a été adoubée par son père comme son héritière politique. Des élections anticipées auront lieu le 17 septembre.

    En chaire, devant les caméras de télévision, Maryam Nawaz a défendu son père, a appelé à voter pour lui et pour son parti et a vertement critiqué, nommément, ses rivaux, dont Imran Khan et Pervez Musharraf.

    La réaction a été immédiate chez les chrétiens, avec demande de démission de Mgr Shaw qui prend parti dans une campagne électorale.

    Mgr Shaw dit qu’il a été trompé par Maryam Nawaz, car celle-ci avait dit qu’elle voulait seulement demander la prière des chrétiens pour sa mère qui est hospitalisée en Angleterre pour un cancer. Il avait été prévu, dit l’archevêque, qu’elle mentionne ses 11 ans de scolarité au couvent de Jésus et Marie de Lahore, les études de son père au lycée Saint-Antoine, et qu’elle demande des prières pour sa mère.

    Mais le fait est que Mgr Shaw avait présenté Maryam Nawaz en disant, après avoir évoqué ses prières pour sa mère : « Que Dieu vous donne le succès, votre élection changera le cours de ce pays. L’axe économique Chine-Pakistan (CPEC, faisant partie de l’initiative chinoise « Une ceinture, une route ») stimulera l’économie et étendra davantage encore ce réseau »…

  • Israël : les Eglises se rebiffent

    Les « chefs des Eglises de Jérusalem » publient une déclaration conjointe condamnant de nouvelles violations du Statu Quo qui régit les Lieux Saints, de la part des autorités israéliennes :

    Nous voyons dans ces actions une tentative systématique de saper l’intégrité de la Ville Sainte de Jérusalem ainsi que de la Terre Sainte et d’affaiblir la présence chrétienne.

    Voici le texte intégral de la déclaration, avec en exergue cette citation d’Isaïe :

    « Apprenez à faire le bien : recherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur. »

    (Ce « mettez au pas l’oppresseur » sonne bien ici, mais c’est une interprétation moderne qui ne correspond ni à la Septante, ni à la Vulgate, ni à la majorité des Bibles protestantes, ni à la Bible du rabbinat français… ni au contexte : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, assistez l’opprimé, faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. »)

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