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Dans le monde - Page 4

  • En Indonésie

    Buni Yani a été condamné à 18 mois de prison pour ses diffamations envers Ahok, l’ancien gouverneur chrétien de Djakarta.

    Buni Yani est l’homme qui avait falsifié une vidéo d’un discours de Ahok et l’avait abondamment commentée sur internet, enflammant ainsi les musulmans contre le « blasphémateur » chrétien.

    La campagne montée contre Ahok, émaillée de gigantesques manifestations, avait eu pour résultat qu’il fut battu aux élections suivantes alors qu’il était auparavant en tête dans les sondages (et très populaire). Et le mois suivant, à l’issue d’un long procès, il fut condamné à deux ans de prison pour diffamation de l’islam.

    Sur la base de la vidéo de Buni Yani…

  • Le patriarche maronite à Riyad

    Les déclarations publiques, d’un côté comme de l’autre, sont purement diplomatiques et sans intérêt, comme en témoigne le communiqué officiel saoudien sur la rencontre entre le patriarche et le roi qui est, si l’on veut, assez amusant (comme exemple extrême de langue de bois) :

    « Lors de la réception ont été évoquées les relations fraternelles entre le Royaume et le Liban, et soulignée l'importance du rôle des différentes religions et cultures dans la promotion de la tolérance et de la non-violence, contre l'extrémisme et le terrorisme, et pour instaurer la paix et la sécurité pour les peuples de la région et du monde. »

    Le patriarche a rencontré le roi et le prince héritier. Les photos officielles montrent, sans surprise, le patriarche avec la croix pectorale non apparente. Mais il y a d’autres photos où la croix apparaît de façon spectaculaire, et sans aucun doute historique, au centre même de l’islam qui ne permet aucune manifestation religieuse autre que musulmane et a la croix en particulière horreur.

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    Le patriarche a également rencontré comme prévu Saad Hariri, qui ne paraît pas affecté d’être « retenu » (?) dans ce pays dont il a la nationalité et où vivent habituellement sa femme et ses enfants…

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  • Le patriarche Raï à Riyad

    Le patriarche maronite S.B. le cardinal Bechara Boutros Raï va aujourd’hui à Riyad, accompagné de deux évêques. Il doit rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane, puis Saad Hariri à l’ambassade du Liban où il passera la nuit avant de se rendre à Rome.

  • Faire tomber Roy Moore

    A un mois de l’élection sénatoriale de l’Alabama, le Washington Post a publié des témoignages de quatre femmes accusant le candidat républicain Roy Moore d’« agression sexuelle », il y a… quarante ans. Si l’on va voir plus près, on constate que pour trois d’entre elles ce n’est jamais allé plus loin que des « baisers ». La quatrième accuse Roy Moore d’attouchements alors qu’elle n’avait que 14 ans.

    Les Américains ont suivi de près les primaires républicaines de la sénatoriale de l’Alabama, dont la campagne a duré d’avril à septembre. Des millions de dollars furent dépensés pour contrer la candidature du « théocrate » Roy Moore (islamophobe, homophobe, etc.) : « Ma position a toujours été Dieu d'abord, la famille puis le pays. » S’il avait pour lui l’aile la plus à droite des républicains, dont Steve Bannon (et Chuck Norris et Sarah Palin), l’establishment du parti avait pris fait et cause pour Luther Strange, plus politiquement correct, et Donald Trump avait fait campagne personnellement pour celui-ci. Roy Moore remporta la primaire haut la main.

    Il est bien évident que si l’on ne voulait pas que Roy Moore soit le candidat républicain il fallait attaquer entre avril et septembre. Mais ce n’était pas encore la mode du lynchage pour « agression sexuelle ». Alors voici que d’éventuelles vieilles histoires surgissent à un mois de l’élection. Chacun voit qu’il s’agit donc, non pas de respecter le débat démocratique, mais d’empêcher l’élection d’un sénateur républicain. Car si l’adversaire démocrate de Roy Moore est élu, les républicains n’auront plus qu’une voix de majorité au Sénat, et pour tout dire pas vraiment de majorité, puisque plusieurs sénateurs étiquetés républicains ne sont pas de droite. Tandis que si Roy Moore est élu, la majorité républicaine est confortée et mieux orientée.

    Cela dit, Roy Moore tient bon, et même si les dirigeants républicains politiquement corrects le lâchent, il est vraisemblable qu’il sera élu. Ce qui sera une bonne chose pour les Etats-Unis.

  • En Irak

    Différentes personnalités irakiennes protestent contre les amendements au Code du statut personnel adoptés en catimini la semaine dernière par le Parlement et demandent leur retrait. Au moment du vote, une quinzaine de députés étaient sortis du Parlement pour tenter, en vain, que le quorum ne soit pas atteint (mais selon un député chrétien le quorum n’était réellement pas atteint).

    En résumé, ces amendements vont faire ressembler ce Code, qui était lors de sa promulgation en 1959 l’un des plus « progressistes » du monde arabe, à celui de l’Etat islamique. Ils rétablissent par la bande, de façon subreptice, ce que le « Conseil de gouvernement » chiite de 2003 avait tenté d’imposer : un décret qui comportait deux articles : 1. Application de la charia pour toutes les affaires de statut personnel. 2. Abrogation de toute loi non conforme à l’article 1. C’était tellement caricatural que le gauleiter américain qui parrainait le Conseil avait dû s’y opposer.

    Or deux amendements adoptés la semaine dernière aboutissent au même résultat : toute personne peut demander que le tribunal civil juge selon la charia, et aucune autre loi contrevenant celle-ci ne peut être appliquée.

    Cela aboutit à rétablir la dhimmitude, et à légaliser tout ce que contient la charia, dont le mariage des petites filles, l’interdiction pour des non-musulmans d’hériter de musulmans (mais l’inverse est permis), l’interdiction pour un non-musulman d’avoir la garde d’un enfant mâle musulman, lequel est forcément musulman s’il a un parent musulman (et la femme musulmane divorcée ne peut garder son enfant mâle que jusqu’à deux ans), l’invalidité des témoignages des non-musulmans s’il y a des témoins musulmans, les femmes musulmanes étant interdites de témoignage sauf cas particuliers, etc.

    Les défenseurs des droits des minorités, des femmes et des enfants appellent à ce que soit saisie la Cour suprême, qui pourrait juger la loi anticonstitutionnelle… ou pas, vu que la Constitution dispose que « l’islam est la religion officielle de l’Etat et une source fondamentale de la législation »…

  • Liban et Saoudie

    Le patriarche maronite Bechara Boutros Raï a rencontré hier le président libanais Michel Aoun au palais présidentiel de Baabda. Il n’y a eu aucune déclaration officielle, mais de source anonyme on a appris que le patriarche ne reportait pas son voyage à Riyad, et qu’il en profiterait pour rencontrer Hariri pour « l’interroger sur la situation ». Et il dira aux responsables saoudiens que le Liban « ne peut pas accepter les guerres des autres sur son sol, ni le conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite ».

    Mais l’Arabie saoudite a demandé hier à tous ses ressortissants de quitter le Liban « au plus vite »… Et le fait est que le conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite traverse le Liban comme on le voit avec le Président chrétien allié du Hezbollah et le Premier ministre de nationalité saoudienne…

    Le voyage du patriarche est prévu pour le 13 novembre. Il aurait reçu « l’autorisation de principe » de rencontrer Hariri (le chef de l’Eglise du Liban aurait l’autorisation de rencontrer le Premier ministre du Liban…), lequel avait dit qu’il rentrerait au Liban cette semaine…

  • Le Liban dans l’œil du cyclone

    Thamer al Sabhan, le ministre saoudien des Affaires du Golfe, a déclaré que les actes d’agression (non définis et non identifiés) commis par le Hezbollah libanais soutenu par l’Iran feront que le gouvernement libanais sera « traité comme un gouvernement qui a déclaré la guerre à l'Arabie saoudite ». Le ministre a ajouté que le message avait été transmis à Saad Hariri. Lequel, en annonçant sa démission du poste de Premier ministre du Liban, évoquait des un complot du Hezbollah et de l’Iran pour l’éliminer.

    Saad Hariri (qui a aussi la nationalité saoudienne) a été reçu hier par le roi Salmane pour évoquer la situation libanaise, et il est allé ce midi évoquer la même situation libanaise à Dubaï avec le prince héritier d’Abou Dhabi. Sans doute pour démentir son assignation à résidence, puis il est retourné à Riyad.

    Le président libanais Michel Aoun attend que Saad Hariri revienne à Beyrouth pour accepter éventuellement sa démission. Jusque-là il reste Premier ministre en titre.

    Dimanche, dans son homélie, le cardinal Bechara Boutros Raï n’a pas caché son inquiétude. Il a appelé à « soutenir l’appel lancé par le Président libanais, Michel Aoun, afin que soit protégée et renforcée l’unité nationale, en faisant preuve de patience et de discernement dans les choix à prendre pour empêcher que le pays ne soit englouti dans la spirale des conflits qui continuent à tourmenter le Proche-Orient », selon le résumé de l’agence Fides. Le Liban, a ajouté le patriarche maronite, ne doit pas être poussé à s’aligner de manière coercitive sur « des axes régionaux ou internationaux qui ne correspondent pas à sa nature, à ses valeurs et au rôle qu’il joue en tant qu’élément de coopération, de stabilité et de coexistence dans la région ».

    Il est clair que l’Arabie saoudite s’irrite de voir l’importance qu’a prise le Hezbollah depuis la guerre en Syrie, et le renforcement du pôle iranien tant en Irak qu’en Syrie et au Liban. Mais on ne voit pas à quoi la déstabilisation du Liban (ou une guerre contre le Liban ?!) pourrait lui servir, et l’on ne voit pas non plus à quoi peut lui servir une humiliation de la minorité sunnite du Liban en la personne de son chef de file Hariri.

  • En Arabie saoudite

    Samedi soir, quelques heures après la création par le roi Salmane d’une commission anticorruption dirigée par le prince héritier (et vice-Premier ministre etc.) Mohammed ben Salmane, 11 princes et 38 autres notables (ministres, anciens ministres, hommes d’affaires, dont le PDG du groupe Ben Laden) ont été arrêtés.

    Le conseil des oulémas a aussitôt réagi sur son compte Twitter que la lutte contre la corruption était aussi importante que le combat contre le terrorisme. (En septembre, ce sont plusieurs dizaines d’imams qui ont été arrêtés, notamment pour « extrémisme », mais certains pour libéralisme.)

    Parmi les personnalités arrêtées figure le fameux prince al-Walid ben Talal (20e fortune mondiale), que Jacques Chirac avait fait commandeur de la Légion d’honneur parce qu’il finançait des salles des « arts de l’islam » au Louvre – et il recevra ensuite la médaille de Grand Mécène et de Grand Donateur : « Grâce à vous, le Louvre, institution à vocation universelle, musée le plus visité sur la planète, mettra en lumière l’apport essentiel de l’Islam à notre culture, et à la longue épopée de l’humanité », dira Christine Albanel, ministre de la Culture, qui l’appelle « Monseigneur ».

    On ne sait pas ce que cache tout ce remue-ménage, ni d’ailleurs la démission surprise de Saad Hariri, mais ce qui est sûr est que le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane assoit son pouvoir, avec l’aval de son père, de façon spectaculaire.

    La démission de Saad Hariri inquiète au Liban, car elle peut remettre en cause le fragile équilibre politique. Elle a d’ailleurs été refusée par le président de la République jusqu’à son retour au Liban. Et elle peut remettre en cause la visite à Riyad du patriarche maronite, qui risque d’apparaître du coup comme une manœuvre politique.

    On ne peut que suivre les faits. Les questions trouveront des réponses quand d’autres faits les éclaireront…

  • Ambassade

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    Le Sénat américain a confirmé la nomination de Callista Gingrich comme ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège, par 70 voix contre 23. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas un bon score pour une nomination d’ambassadeur. Certains (démocrates) n’acceptent pas que Trump fasse ambassadeur quelqu’un qui n’a jamais eu de mission diplomatique.

    En réalité, Callista Gingrich (51 ans) est surtout la femme de Newt Gingrich (74 ans), ancien président de la Chambre des représentants (et avant cela artisan de la reconquête républicaine sous Clinton), dirigeant républicain de premier plan, soutien (tardif) de Donald Trump aux dernières élections.

    Retour d’ascenseur, donc. Mais on notera que cette confirmation a eu lieu le 16 octobre, jour de l’anniversaire de l’élection de Jean-Paul II. Or Callista Gingrich, directrice, conjointement avec son mari, de la société de production cinématographique Gingrich Productions, a produit un important documentaire sur la première visite de Jean-Paul II dans son pays.

    Certains lui reprochent d’avoir eu une liaison de six ans avec Newt Gingrich avant de se marier avec lui (qui était marié avec sa deuxième femme…). Mais c’est sous son influence qu’il s’est converti au catholicisme en 2009.

    Callista Gingrich, qui était son assistante parlementaire, faisait partie du chœur de la basilique du sanctuaire national de l’Immaculée Conception à Washington. Et Gingrich y allait pour l’accompagner et l’entendre. Cela a « créé un environnement où peu à peu j’ai réfléchi et évolué sur la question de la foi », dit-il. Ajoutant que la visite de Benoît XVI en 2008 a été pour lui le « moment de la confirmation ». Lors des vêpres célébrées par le pape à la basilique, alors que Callista chantait, il s’est dit : « Voilà à quoi j’appartiens. »

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  • Au Népal

    Le Parlement du Népal a approuvé le nouveau code pénal. Il entrera en vigueur en août 2018.

    Il stipule que quiconque sera pris en flagrant délit de prosélytisme ou de déstabiliser une caste, un groupe ethnique ou une communauté quant à la religion, sera passible d’une peine de prison allant jusqu’à cinq ans.

    Cela s’applique à tous les citoyens et aux étrangers, y compris aux... missionnaires.

    Dans un déni qui vaut tous les aveux, le ministre de la Justice a déclaré que la loi « s’applique également aux hindous et aux bouddhistes parmi d’autres, elle ne vise donc pas seulement les chrétiens ».

    Dans un pays où 80% de la population est hindoue et où le christianisme se répand, il est bien évident que ce sont les seuls chrétiens qui sont visés.

    Cette loi ressemble à celles qui sont en vigueur dans plusieurs Etats de l’Inde « contre les conversions forcées ». Les extrémistes hindous s’en servent pour faire la chasse aux chrétiens et les accuser de « conversions forcées » pour de simples entretiens ou distributions de livres religieux. Après avoir été battus par les hindous, les chrétiens sont relaxés. Mais la loi du Népal va a priori plus loin puisque la distribution de textes religieux, ou le simple fait pour un prêtre de répondre à des questions, peut être condamnée comme du prosélytisme.