21 juin 2008
Le cri d’alarme des surveillants de prison
Les surveillants de prison ont manifesté hier dans tout le pays à l'appel de leur syndicat majoritaire, l'Ufap, une journée d'action en forme de "cri d'alarme" face au nombre record de détenus à l'approche de l'été.
Privés de droit de grève, les gardiens se sont rassemblés par petits groupes sur leur temps de pause ou de repos dans "75 à 80 %" des quelque 200 établissements, selon Jean-François Forget, secrétaire national de l'Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap/Unsa). Selon la direction de l'Administration pénitentiaire (AP), "moins de 500 surveillants pénitentiaires" ont répondu à cet appel, "soit 2 % des effectifs, un quart des établissements ayant été concernés".
Ils étaient généralement plusieurs dizaines devant leur prison, certains en uniforme, distribuant des tracts, réunis autour d'un pique-nique comme à Rochefort (Charente-Maritime), ou d'un barbecue devant la maison d'arrêt Saint-Paul de Lyon.
"On ne veut pas mettre le feu aux poudres (...) nous voulons alerter sur le malaise qui règne dans les prisons", a résumé David Calogine, un responsable parisien du syndicat. "On lance un cri d'alarme à l'approche de l'été pour mettre l'administration devant ses responsabilités", a renchéri Jean-Jacques Deflandre (Ufap Rhône-Alpes).
Les prisons françaises n'ont jamais été aussi remplies avec 63.838 détenus recensés au 1er juin, pour 50.807 places disponibles, soit un taux de surpopulation moyen de près de 126%.
Se disant "corvéables à merci", les surveillants ont insisté sur la pénibilité de leur mission, dans des établissements où la densité peut avoisiner les 200 % comme à Rochefort, Dijon ou Varennes-le-Grand (Saône-et-Loire).
Une récente circulaire de l'AP appelant à développer les activités sportives, les promenades et les parloirs pour "réduire les tensions" est jugée inapplicable. "Les détenus sont quatre par cellule, avec trois douches par semaine. Mettez-vous à leur place! Cette promiscuité n'est pas facile à gérer", a protesté une surveillante de la maison d'arrêt de la Santé à Paris.
Selon l'Ufap, dans toute la France, 1.700 détenus dorment sur des matelas à même le sol.
Les travailleurs sociaux pénitentiaires se sont aussi mobilisés vendredi pour dénoncer l'absence de reconnaissance de leur profession chargée de l'insertion des condamnés, une des priorités de Rachida Dati. Une soixantaine d'entre eux, vêtus de noir, ont accompagné un cercueil et un faux curé sous les fenêtres de la ministre, place Vendôme, pour un enterrement symbolique de l'insertion. (AFP)
18:59 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note




























Commentaires
La France n'est pas un Etat de droit, les magistrats envoient dans les prisons des gens qui y sont dans un état de promiscuité intolérable, contraire aux droits de l'homme et à la dignité humaine.
N'oublions pas celui qui a été mangé (en partie) par deux compagnons de cellule.
N'oubions pas Outreau qui n'a rien changé et où un des "accusés" est mort en prison. Les magistrats qui ont été cause de sa mort, vont bien, merci, leurs carrières sont au top ! Ils sont prêts à insulter les justiciables dans leurs torchons appelé par antiphrases "décisions de justice", ils tiennent un forme mes aïeux !
Les magistrats sont muets au sujet du scandale des prisons.
Ecrit par : Denis Merlin | 21 juin 2008
Parmis les innombrables prisonniers en trop, combien auraient du être reconduit à la frontière bien avant d'avoir commis les délits qui les ont conduit là ou ils sont.
Les politiques d'immigration incontrolées sans mettre en place les moyens d'intégrer et de loger ces nouveaux habitants ne pouvait conduire qu'a une explosion de la délinquance, entre autre conséquence néfaste. Aujourd'hui entrent en prison des gens qui sont la 3ème génération post-immigrés qui ne se considèrent toujours pas comme des Français, et pendant ce temps les responsables en charge de la politique nationale se penchent gravement sur le sort des cobayes géants ou la répression (la plus dure, cela va de soit) de 2 ou 3 insultes homophobes ou l'obligation de porter une veste fluorescente pour changer une roue.
Je reprend le mot de SDB, "ils sont fous"
Ecrit par : Lapin-agile | 22 juin 2008
Chez moi je dors sur un tapis de paille et je dors très bien.
Ils veulent pas des piscines non plus ?
Ecrit par : Eric | 22 juin 2008
Eric, je vous rappelle ce mot passé en proverbre "hodie mihi, cras tibi" dit par un condamné dont un de ses ennemis se réjouissait de la peine. "Aujourd'hui c'est moi, demain ce sera toi." Comme c'était à l'époque la peine de mort, effectivement quelques temps plus tard, le moqueur était condamné à mort et exécuté.
Le scandale des prisons françaises doit indigner tout homme de bien.
Ecrit par : Denis Merlin | 22 juin 2008
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