21 juin 2008

L’allocution du cardinal Castrillon Hoyos

J’ai attendu que quelqu’un traduise l’allocution du cardinal Castrillon Hoyos à la Latin Mass Society, à Londres, le 14 juin dernier, avant la messe de Westminster. Comme je ne vois rien venir, et que je crois ce texte important, je m’y suis collé. Voici donc ma traduction. N’étant pas vraiment anglophone, et n’étant surtout pas doué pour les traductions, je demande l’indulgence. Mais je crois être resté aussi près que possible de la pensée du président de  la commission Ecclesia Dei.

(…) La première chose que je veux vous dire est que j’apprécie le travail que la Latin Mass society d’Angleterre et de Galles a accompli ces quatre dernières décennies. Vous avez agi avec vos évêques et en respectant leur autorité, parfois sans obtenir tous les résultats que vous désiriez. Cependant, dans tout ce que vous avez fait, vous êtes restés fidèles au Saint-Siège et au successeur de Pierre. Et vous avez été fidèles en un temps très difficile pour l’Eglise – un temps qui a été une particulière épreuve pour ceux qui aiment et apprécient les richesses de l’ancienne liturgie.

Bien évidemment ces années n’ont pas été sans de nombreuses souffrances, mais notre bienheureux Seigneur les connaît et, dans sa divine providence, tirera pour vous de grands biens de vos sacrifices et des sacrifices des membres de la Latin Mass Society qui n’ont pas vécu assez longtemps pour être là aujourd’hui. A vous tous, de la part de l’Eglise, je dis merci d’être demeurés fidèles à l’Eglise et au vicaire du Christ, merci de ne pas avoir permis que votre amour de la liturgie classique de Rome vous conduise hors de la communion avec le vicaire du Christ.

Je dis aussi : Haut les cœurs ! car il est évident pour les jeunes d’Angleterre et de Galles qui aiment l’ancienne liturgie de l’Eglise, que vous avez très bien travaillé pour garder et transmettre cette liturgie à vos enfants.

Deuxièmement je veux parler du Motu Proprio Summorum Pontificum de notre bien-aimé Saint-Père le pape Benoît XVI. Je sais quelle grande joie la publication de Summorum Pontificum a apportée à vos membres et, d’ailleurs, à de nombreux fidèles catholiques dans le monde. En réponse aux prières et aux souffrances de tant de gens au cours de ces quatre dernières décennies, le Dieu tout-puissant a suscité pour nous un souverain pontife qui est très sensible à vos préoccupations. Le pape Benoît XVI sait et ressent profondément l’importance des rites de l’ancienne liturgie pour l’Eglise – autant pour l’Eglise d’aujourd’hui que pour l’Eglise de demain. C’est pourquoi il a publié un document juridique – un Motu Proprio – qui établit la liberté légale des anciens rites dans l’Eglise. Il est important de comprendre que Summorum Pontificum instaure une nouvelle réalité juridique dans l’Eglise.

Il donne aux fidèles ordinaires et aux prêtres des droits qui doivent être respectés par ceux qui sont en charge de l’autorité. Le Saint-Père est au courant qu’en certains lieux dans le monde de nombreuses requêtes de prêtres et de fidèles laïcs qui désiraient célébrer selon les anciens rites n’étaient souvent pas entendues. C’est pourquoi il a maintenant établi, de par son autorité, que célébrer selon la forme plus ancienne de la liturgie – tant le saint-sacrifice de la messe que les sacrements et les autres rites liturgiques – est un droit juridique, et non un simple privilège accordé à tous.

Certainement ceci doit être fait en harmonie tant avec la loi ecclésiastique qu’avec les supérieurs ecclésiastiques, mais les supérieurs doivent aussi reconnaître que ces droits sont maintenant fermement établis dans la loi de l’Eglise par le vicaire du Christ lui-même. Il s’agit d’un trésor qui appartient à toute l’Eglise catholique et qui doit être à la disposition de tous les fidèles du Christ. Ceci signifie que les prêtres de paroisse et les évêques doivent accepter les suppliques et les requêtes des fidèles qui le demandent, et que les prêtres et les évêques doivent faire tout ce qu’ils peuvent afin de procurer aux fidèles cet éminent trésor liturgique de la tradition de l’Eglise.

En cette période qui suit immédiatement la publication du Motu Proprio, notre tâche la plus urgente est de procurer la célébration de la forme extraordinaire du rite romain là où elle est le plus désiré par les fidèles et là où leurs « légitimes aspirations » n’ont pas encore été satisfaites. D’un côté, aucun prêtre ne doit être contraint, contre sa volonté, de célébrer selon la forme extraordinaire. De l’autre côté, ces prêtres qui ne souhaitent pas célébrer selon le Missel romain de 1962 doivent être généreux pour répondre aux requêtes des fidèles qui le désirent.

De la façon que je vois les choses, deux facteurs sont nécessaires. 1 - Avant tout il est important de trouver une église en un endroit central, qui convienne au plus grand nombre des fidèles qui ont demandé cette messe. Naturellement, ce doit être une église où le curé veut bien accueillir ces fidèles, de sa propre paroisse et des paroisses avoisinantes. 2 – Il est essentiel qu’il y ait des prêtres qui souhaitent célébrer selon le Missel romain de 1962 et rendent ainsi cet important service pastoral chaque dimanche. Souvent il peut y avoir un ou plusieurs prêtres, dans un doyenné ou un secteur du diocèse, qui peut souhaiter ou même être désireux de célébrer cette messe. Les évêques doivent être sensibles à ces dispositions pastorales et doivent les faciliter. C’est un objectif fondamental de Summorum Pontificum. Il est particulièrement triste de voir des prêtres auxquels on interdit de célébrer la forme extraordinaire de la messe en raison de mesures restrictives qui ont été prises et qui vont à l’encontre des intentions du Saint-Père et ainsi à l’encontre de la loi universelle de l’Eglise. (…)

Permettez-moi de le dire franchement : le Saint-Père veut que l’ancienne forme de la messe devienne une occurrence normale dans la vie liturgique de l’Eglise, de sorte que les anciens rites puissent devenir familiers à tous les fidèles du Christ– jeunes et vieux – afin qu’ils puisent dans leur beauté tangible et leur transcendance. Le Saint-Père le veut pour des raisons pastorales aussi bien que pour des raisons théologiques. Dans la lettre accompagnant Summorum Pontificum, le pape Benoît écrit :

« L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Eglise, et de leur donner leur juste place. »

Ceci m’amène au troisième point. Vous êtes à bon droit convaincus que l’usus antiquior n’est pas une pièce de musée, mais l’expression vivante du culte catholique. S’il est vivant, nous devons croire aussi qu’il va se développer. Notre Saint-Père a également cette conviction.

Comme vous le savez, il a choisi motu proprio – c’est-à-dire de sa propre initiative – de modifier le texte de la prière Pro Judaeis dans la liturgie du vendredi saint. L’intention de la prière n’est en aucune manière affaiblie, mais on a conçu une formulation qui respecte les sensibilités.

De même, comme vous le savez aussi, Summorum Pontificum a disposé que la liturgie de la parole soit proclamée en langue vernaculaire sans être lue d’abord par le célébrant en latin. Dans la messe pontificale d’aujourd’hui, bien sûr, les lectures seront solennellement chantées en latin, mais pour des célébrations moins solennelles la liturgie de la parole peut être proclamée directement dans la langue du peuple. Voilà déjà un exemple concret de ce que notre Saint-Père a écrit dans la lettre accompagnant le Motu Proprio

« Les deux Formes d’usage du Rite Romain peuvent s’enrichir réciproquement: dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. La Commission Ecclesia Dei, en lien avec les diverses entités dédiées à l’usus antiquior, étudiera quelles sont les possibilités pratiques. »

Naturellement, nous serons heureux de votre contribution à cette importante question. Je vous demande simplement de ne pas vous opposer par principe aux nécessaires adaptations que notre Saint-Père demande.

Ceci m’amène à un autre point important. Je sais que la réponse de la commission pontificale Ecclesia Dei en ce qui concerne l’observance des fêtes d’obligation a causé un certain trouble dans certains groupes. Il convient de noter que la date de ces fêtes reste la même dans le missel de 1962 et dans le missel de 1970. Lorsque le Saint-Siège a donné à la conférence épiscopale de tel pays la permission de transférer certaines fêtes au dimanche suivant, cela doit être observé par tous les catholiques de ce pays. Rien n’empêche de célébrer l’Ascension, par exemple, le jeudi précédent, mais il doit être clair que ce n’est pas une messe d’obligation, et que la messe de l’Ascension doit aussi être célébrée le dimanche suivant. C’est un sacrifice que je vous demande de faire avec joie, comme signe de votre unité avec l’Eglise catholique de votre pays.

Enfin, je vous demande vos prières pour ceux d’entre nous qui ont été appelés à assister le Saint-Père dans cette tâche délicate qui consiste à faciliter l’usage de l’ancienne tradition liturgique de l’Eglise. S’il vous plaît, soyez patients avec nous : nous sommes très peu nombreux, et il y a tant à faire. Et il y a tant de questions à étudier, et quelquefois nous pouvons faire des erreurs !

Que la Bienheureuse Vierge Marie, la Mère de Dieu, intercède pour tous en ce pays qui est si magnifiquement appelé « la dot de Notre Dame », et que par ses prières tous les fidèles du Christ en viennent à puiser plus profondément dans les grandes richesses de la liturgie sacrée de l’Eglise sous toutes ses formes.

On lira aussi l’homélie du cardinal Castrillon Hoyos lors de cette messe de Westminster. Je signale ceci. Il cite l’article 1368 du Catéchisme de l’Eglise catholique :

« L’Église, qui est le Corps du Christ, participe à l’offrande de son Chef. Avec Lui, elle est offerte elle-même tout entière. Elle s’unit à son intercession auprès du Père pour tous les hommes. Dans l’Eucharistie, le sacrifice du Christ devient aussi le sacrifice des membres de son Corps. La vie des fidèles, leur louange, leur souffrance, leur prière, leur travail, sont unis à ceux du Christ et à sa totale offrande, et acquièrent ainsi une valeur nouvelle. Le sacrifice du Christ présent sur l’autel donne à toutes les générations de chrétiens la possibilité d’être unis à son offrande. »

Et il commente :

« Ceci est nécessairement l’orientation fondamentale de tous les catholiques lors du saint sacrifice de la messe. Tous, prêtres et fidèles, nous sommes appelés à nous unir, nous et nos souffrances, à l’offrande du Christ. Ceci est la plus fondamentale dimension de la « participation active » à la messe dans tout rite reconnu de l’Eglise catholique. »

Commentaires

Evidemment, c'est charitable de la part du cardinal. C'est apaisant, merci monsieur le cardinal, merci très saint père.

Ce qu'il y a d'extraordinaire et je n'aurais jamais cru assister dans ma vie déjà longue à une chose pareille : l'aveu que Paul VI et sa camarilla (pourtant Paul VI a écrit des choses importantes) violaient les droits des croyants à prier au moyen de formules autorisées par l'Eglise, lesquelles ne pouront jamais être interdites (c'est le bon sens).

Paul VI a préféré l'éclosion d'un schisme à la reconnaissance, ou plutôt à la confirmation des droits des croyants.

Oui l'Eglise est divine, elle survit même à des papes fanatiques et prévaricateurs et qui ne respectent pas les droits de l'homme et les droits des croyants.

Il ne fallait pas désespérer pendant la crise (qui continue d'ailleurs car les prières ne peuvent, selon moi, être interdites pour les cérémonies officielles de la paroisse).

Ecrit par : Denis Merlin | 21 juin 2008

Il ne suffit pas de décréter, aussi bonne soit l'intention, que l'art n'a pas sa place dans les musées, pour le réanimer.
L'intention de "réformer par la liturgie" fut aussi celle de Vatican II, de Joseph Ratzinger alors, et elle était sans doute aussi pure.
À une société chrétienne correspond un art chrétien, à une société musulmane un art musulman, et à une société laïque un art laïc. L'art n'est que la flèche posée sur les arcs de la cathédrale et qui la parachève.

Ecrit par : Lapinos | 22 juin 2008

Attention aux désinformations médiatiques
Sur plusieurs sites internet et dans plusieurs journaux, on lit que « Benoît XVI a introduit plusieurs éléments de la liturgie ancienne dans les célébrations qu'il préside ». Ce genre d'affirmation vient de personnes qui ne connaissent rien en liturgie en général et rien à la liturgie actuelle en particulier :





Où voit-on, en effet, que le pape reprend des éléments de la liturgie ancienne ? Serait-ce l'agenouillement pour recevoir la communion ? Sûrement pas puisque ce geste a toujours fait partie de la liturgie actuelle. Qu'en France il n'ait plus été possible de communier à genoux est un autre problème qui n'a rien à voir avec la liturgie actuelle mais plutôt avec la désobéissance des clercs qui ont enseigné que pour être dans l' "esprit du Concile", il ne fallait plus s'agenouiller à la messe. Faut-il rappeler à ceux qui se veulent fidèles à l'enseignement conciliaire que le missel actuel demande aux fidèles de se mettre à genoux durant la consécration ? Où cela se fait-il ? Où cela peut-il se faire ? En peu d'endroits... puisqu'on a presque partout enlevé les agenouilloirs dans les églises, probablement pour laisser davantage de place aux fidèles qui composent nos assemblées de plus en plus réduites. Serait-ce la célébration vers l'Orient ? Relisons le missel actuel pour constater qu'elle n'a jamais été abrogée par Vatican II. Elle fut interdite en France où l'on a partout placé des caisses ou des tables pour célébrer systématiquement la messe "face au peuple". Serait-ce les beaux ornements (chasubles, aubes, surplis) ? Ils n’ont jamais été supprimés par la restauration liturgique voulue par Vatican II. Mais en France on a préféré généraliser l'emploi d'aubes-djellabas portées sans cordons et qui contribuent à l'enlaidissement de la liturgie. Serait-ce le latin et le grégorien ? Ils n'ont jamais été supprimés par le Concile. Bien au contraire : Vatican II a donné une place de choix à ces deux éléments constitutifs de la liturgie romaine. Mais en France, on a interdit l'usage du latin et du grégorien aussi bien dans les paroisses que dans les séminaires.



Conclusion : contrairement à ce qui est affirmé dans les médias, Benoît XVI n'introduit aucun élément de la liturgie ancienne dans les célébrations qu'il préside. Il ne fait que nous montrer la distinction que devraient avoir nos messes si ceux qui sont chargés de les célébrer respectaient vraiment ce concile Vatican II qu'ils prétendent connaître et appliquer.

Ecrit par : Siam | 24 juin 2008

Lefebvristes: le Vatican n'exige plus la reconnaissance de Vatican II (Afp)
Dépêche Afp, ROME, 23 juin 2008 :

"Le Vatican a renoncé à exiger de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X la reconnaissance du concile Vatican II pour passer l'éponge sur le schisme provoqué il y a vingt ans par ce mouvement catholique intégriste fondé par Mgr Lefebvre, selon un vaticaniste italien.

Les cinq conditions posées dans une lettre du Vatican aux Lefebvristes concerneraient la reconnaissance de l'autorité du pape et l'engagement à ne rien dire contre l'Eglise, mais ne feraient aucune allusion au concile Vatican II, a assuré mardi le vaticaniste de Il Giornale, Andrea Tornielli, sur son blog (http://blog.ilgiornale.it/tornielli).

Jusqu'à présent le Vatican exigeait la reconnaissance des enseignements du concile Vatican II (liberté religieuse, oecuménisme) et de la réforme liturgique qui a suivi pour lever l'excommunication qui a frappé en 1988 les adeptes de Mgr Marcel Lefebvre.

Andrea Tornielli avait révélé lundi des tractations en cours entre le Vatican et le supérieur de la fraternité Saint Pie X, Mgr Bernard Fellay. Il assurait cependant que les conditions posées par le Vatican, et toujours refusées par les Lefebvristes, restaient inchangées.

Mais mardi le journaliste, généralement bien informé sur les milieux intégristes, indique avoir pu prendre connaissance de la lettre qui ne fait aucune mention explicite ni de Vatican II, ni de la nouvelle liturgie.

Le pape Benoît XVI avait repris le dialogue avec les intégristes quelques mois à peine après le début de son pontificat.

Il avait reçu Mgr Fellay en août 2005. En juin 2007, il a publié un décret pour autoriser largement la célébration de la messe ancienne en latin dite "tridentine" considérée comme la seule valide par la fraternité Saint Pie X."



***

Notons comme d'habitude le ton méprisant de l'Afp au sujet des 'intégristes' et la désinformation employée pour discréditer la fraternité Saint Pie X. La fraternité Saint Pie X reconnait l'autorité du pape. Elle ne considère pas la messe tridentine comme 'la seule valide'. Elle considère qu'il y a une protestantisation de la nouvelle messe et en dénonce les dangers si elle s'oriente définitivement dans le sens de la réforme (abus liturgiques, fantaisies, innovations, inventions de toutes pièces des rubriques, oublis d'autres, etc.)

Dans un de ses sermons, Mgr Lefebvre, le fondateur de la fraternité Saint Pie X, a dit : "La Très Sainte Messe est dénaturée, elle est devenue équivoque, ambiguë. Les protestants peuvent la dire, les catholiques peuvent la dire. A ce propos, je n'ai jamais dit, et je n'ai jamais suivi ceux qui ont dit que toutes les Messes nouvelles sont des messes invalides. Je n'ai jamais dit une chose comme celle-là, mais je crois qu'il en effet très dangereux de s'habituer à suivre la Messe nouvelle, parce qu'elle ne représente plus notre catéchisme de toujours, parcequ'il y a des notions qui sont devenues protestantes, il y a des idées protestantes qui ont été introduites dans la nouvelle messe. Tous les sacrements ont été d'une certaine manière dénaturés" (Mgr Lefebvre, Sermons historiques, Lettre préface de Mgr Fellay, Les Classiques retrouvés, Editions Servir, éd. 2001, p. 126-127).

Comparez ce que dit Mgr Lefebvre et ce que dit aujourd'hui le pape Benoît XVI dans sa lettre aux évêques accompagnant son Motu proprio au sujet de la nouvelle Messe: "(le nouveau Missel) finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité; cette créativité a souvent porté à des déformations de la Liturgie à la limite du supportable. Je parle d’expérience, parce que j’ai vécu moi aussi cette période, avec toutes ses attentes et ses confusions. Et j’ai constaté combien les déformations arbitraires de la Liturgie ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l’Eglise."

Ecrit par : Siam | 24 juin 2008

Bien vu Siam.

On ne peut que constater que certains curés et certains prêtres sont schismatiques. Ils ne tiennent pas compte des lois de l'Eglise comme vous le démontrez. Ils ne veulent pas de raison en théologie, comme s'ils considéraient la raison comme étrangère à cette matière.

Pourquoi taire que cette génération était soutenue, encouragée officiellement ou en sous-main par un pape (Paul VI) ?

Ces prêtres éloignent les fidèles et organisent le vide autour d'eux. Ils n'auront vraisemblablement pas de successeurs. Mais ils auront fait beaucoup de mal au catholicisme.

Le symptome de leur folie, à ma vue de simple fidèle, se manifeste par l'engagement de frais pour détruire la beauté des sanctuaires alors que des gens mouraient de faim sur la terre. Comme le disait M. Madiran à l'époque au sujet des évêques : ce sont des misérables.

Ecrit par : Denis Merlin | 25 juin 2008

C'est une vision libérale de l'histoire récente de croire qu'en restaurant l'"esprit du Concile", en le réformant, ou en le déclarant nul et non avenu, voire comme le camp progressiste le croit en accomplissant pleinement la réforme conciliaire, comme par miracle, tout ira mieux.

La pénétration des principes chrétiens par les principes laïcs est un phénomène beaucoup plus grave. Lorsque Guizot déclarait il n'y a pas si longtemps aux Français : "Enrichissez-vous !", ce genre de morale suscitait encore des réactions de protestation de la part des catholiques. Aujourd'hui, le "Travailler plus pour gagner plus" de Sarkozy, non seulement ne soulève aucune protestation, mais encore il se trouve une majorité des catholiques pour l'approuver et voir en Sarkozy et sa laïcité positive un espoir de restauration chrétienne. Proprement renversant.
J'ai en tête un débat récent entre Philippe Verdin, le "dominicain de Sarko", et Jacques Julliard, politologue américanophile au "Nouvel Obs" : eh bien c'est ce dernier, pourtant théoricien laïc, qui est obligé de rappeler au dominicain que la théocratie n'est par un principe très chrétien, que dans le christinianisme le culte de l'Etat et de ses institutions, à quoi le principe laïc aboutit ("C'est un devoir chrétien de voter"), ce culte est complètement subversif.

Et là où on voit que ce n'est pas simple ignorance de l'histoire la plus récente par ce Philippe Verdin, c'est qu'il balaie d'un revers large Bernanos, Péguy, Veuillot ou Bloy, bref les quelques penseurs dissidents qui dès le début se sont dressé courageusement contre la subversion laïque. Les attaques de certaines gazettes démocrates-chrétiennes et gaullistes contre les lefebvristes, en tant qu'ils perpétuent plus ou moins la tradition antilaïque de Veuillot ou Péguy, ces attaques poursuivent le même but. Difficile d'ailleurs de ne pas voir en De Gaulle la métaphore de Ponce-Pilate.

Le jubilé de saint Paul sera sans doute "piquant" à observer, car il est assez difficile de faire de ce grand prosélyte l'apôtre du désengagement démocrate-chrétien ou du repli consensuel dans la "sphère privée".

Ecrit par : Lapinos | 25 juin 2008

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