03 mai 2008
Le CFCM…
La Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris (GMP) a décidé « à l'unanimité » de ne pas participer aux élections du CFCM, prévues le 8 juin, et préconise « l'abstention » car elle « ne peut admettre de se voir reléguée à un rôle secondaire et une place insignifiante, voire fantomatique », déclare Dalil Boubakeur. Et il en appelle à « toutes les autorités » pour rouvrir le dialogue.
Les élections du CFCM doivent avoir lieu après désignation des délégués et élection des CRCM (conseils régionaux du culte musulman). Actuellement, le nombre de délégués qui votent pour la constitution des Conseils régionaux du culte musulman (CRCM) est fonction de la surface des mosquées ou lieux de culte (1.000 m2 = 10 délégués).
Selon la GMP, ce critère profite à « des lieux de culte récemment édifiés, en périphérie urbaine voire dans les campagnes, qui ont des surfaces importantes » et a favorisé « l'émergence d'une représentativité qui ne reflète en rien la sociologie de l'Islam ».
« Cela fait des années que nous avons dénoncé ces critères de représentativité comme injustes. Nous demandons l'équilibre des représentations et le consensus pour qu'il n'y ait ni vainqueur, ni vaincu », a ajouté Dalil Boubakeur, qui a aussi fustigé « la faillite de 80% des CRCM qui ne se réunissent même pas ». Sic.
Selon Chems Eddine Hafiz, secrétaire national de la GMP, « la seule façon de garantir la pérennité de notre surface au CFCM, qui est en l'état actuel de 15%, est d'en garder la présidence ».
Ben oui. Et alors ? Où est le problème ? Sarkozy avait nommé Dalil Boubakeur président du CFCM avant qu’il y ait des élections, Dalil Boubakeur a été « élu » président du CFCM alors qu’il n’avait que 10 sièges sur 43, pourquoi est-ce que ça ne continuerait pas ? Parce que l’UOIF voudrait prendre sa place ? Parce que les Marocains sont plus forts que les Algériens ? Eh bien il n’y a qu’à faire de Boubakeur le président à vie…
De toute façon le CFCM n’est qu’une coquille vide. C’était le fantasme de Sarkozy, de faire de l’islam une religion d’Etat. On voit le résultat. Sans surprise : c’était du Sarkozy.
17:00 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




























Commentaires
Pourquoi chercher à structurer une religion qui ne l'est pas et ne veut pas l'être. On court après le mythe d'une religion d'État, ce qui est un non sens, en particulier à propos de l'islam. L'inculture d'un Sarkozy est flagrante sur cette question.
Ecrit par : Roland le breton | 04 mai 2008
Soliman était un chef religieux ET surtout un chef politique ; rien n'empêche de structurer l'islam à l'échelle d'une nation, comme c'est encore le cas de certains petits pays musulmans, très éloignés évidemment de la puissance de l'Empire de Soliman. La théocratie parfaite, c'est plutôt le catholicisme qui, en dehors de l'Etat pontifical, la rend impossible.
Le fait que le pouvoir royal de Louis XIV et Louis XV s'appuyait sur le catholicisme des Jésuites, aussi organisés fussent-ils, n'a pas empêché la contestation janséniste.
Sarkozy ne veut pas faire de l'islam une religion d'Etat, il est plutôt poussé par certains de ses conseillers démocrates-chrétiens comme le consternant frère Philippe Verdin à instaurer une sorte de laïcité positive comme aux Etats-Unis, qui consiste "grosso modo" à diviser pour mieux régner.
D'où les déclarations amènes de l'Elysée vis-à-vis des musulmans, du pape ou de l'église de Scientologie. La religion laïque d'un côté, des sectes plus ou moins prospères et n'ayant pas droit de cité de l'autre : Sarkozy veut rompre avec ça. Cet état d'esprit n'est pas bon pour le commerce et le taux de croissance, dans son esprit, j'imagine.
Le problème de cette laïcité positive, c'est qu'elle est centrée sur l'Etat et part de l'ignorance complète de ce qu'est une religion ; ce qui est significatif, c'est que des chrétiens puissent accorder du crédit à une thèse aussi peu catholique alors que les musulmans, eux, dans leur grande majorité, la méprisent, car pour eux Dieu passe avant l'Etat.
Un chrétien pour qui l'Etat devient plus important que Dieu, sous couvert de "laïcité positive", au regard des théologiens les plus modernes, Bernanos, Péguy, et même Claudel, on peut le tenir pour un renégat : on ne peut servir deux maîtres et le Royaume de Dieu n'est pas de ce monde - au moins les musulmans n'ont pas perdu ça de vue.
Ecrit par : Lapinos | 04 mai 2008
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