18 mars 2008
Les pêcheurs en colère
Une centaine de marins pêcheurs du Morbihan et des Côtes-d’Armor ont bloqué la RN 12 dans les deux sens, hier, avant de se rendre au Guilvinec pour obtenir du « comité de crise » une relance du mouvement de grève. Ils n’ont pas obtenu cette décision, mais le porte-parole du comité, Philippe Le Moigne, a déclaré : « Je comprends leur exaspération. Depuis plusieurs semaines, j’alerte l’Etat parce que les gars sur place veulent des chiffres, des dates. Le plan Barnier est parti en lambeaux. Ce n’est plus que du clientélisme avec une caisse où l’on puise de temps en temps pour calmer ceux qui rouspètent le plus. Pour moi, c’est foutu. Aujourd’hui la situation est trop tendue... »
Une réunion s’est tenue en urgence à Lorient, avec la direction des Affaires maritimes. En vain. Les pêcheurs de Lorient, qui ont repris la grève depuis huit jours, envisagent de poursuivre leur mouvement.
Vendredi dernier, une centaine de pêcheurs avaient déjà mené des actions sur les routes bretonnes et jusqu’en Mayenne pour demander l’application du plan pêche.
Le 12 mars, le comité de crise du Guilvinec avait écrit à Michel Barnier pour lui demander l’exonération des charges pour tous les navires, en attendant la mise en place du plan gouvernemental. Il faisait « le constat amer que la situation n’évolue pas de façon satisfaisante et suffisamment rapide pour la mise en place du plan Barnier pour le retour aux équilibres économiques des navires et l’amélioration des salaires des équipages, comme promis par le président de la République le 6 novembre ».
Une exonération de charges avait été mise en place dans l’attente de l’application du plan Barnier. Mais elle a cessé le 1er mars, et le plan Barnier joue toujours l’Arlésienne...
Philippe Le Moigne ajoutait à l’AFP : « Les aides promises ne sont pas arrivées. Il y a un gros retard à l’allumage. Plus personne ne comprend ce qui se passe. On a l’impression d’être trimballés, et la tension est à son comble sur tout le littoral... Quand le président Sarkozy est venu nous voir, le 6 novembre, le litre de gazole était à 0,50 euro. Il est aujourd’hui à 0,60 euro et avec un baril à près de 110 euros, il atteindra à 0,70 dans une quinzaine de jours alors que le seuil de rentabilité des navires est calculé sur une base de 0,30 euro. »
On se souvient comment Nicolas Sarkozy était allé héroïquement au Guilvinec, bravant la colère des marins pêcheurs, et qu’il s’était vanté d’avoir aussitôt réglé le problème... On a là une illustration parmi tant d’autres des effets d’annonce et de ce qui s’en suit, ou plutôt ne s’en suit pas.
12:48 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



























Commentaires
Ca va barder ! Tant mieux !
Ecrit par : stéphane | 18 mars 2008
«« Les aides promises ne sont pas arrivées. » : les pêcheurs n’ont pas compris que les promesses n’engagent que ceux à qui elles sont faites ! Maintenant que les élections sont passées, ils peuvent toujours courir pour obtenir quelque chose : Sarkozy et Bruxelles veulent les mettre définitivement au chômage, et ce processus va désormais s’accélérer.
Ecrit par : abad | 18 mars 2008
d
De Gaulle avait dit des Paysans:"Ils sont comme les anciens combattants. Quand il n'y en aura plus, le problème sera résolu". Or le ministère de l'Agriculture est aussi celui de la pêche. Il est donc mormal que le dernier poilu ayant, disparu, on accélère la disparition des pêcheurs !
Ecrit par : Alexis Arette | 21 mars 2008
Ce qui croient encore au super menteur 2 , devraient savoir qu'ils n'a rien à faire de nos pêcheurs , il a reçu ce qu'il voulait être président de cette France et des Français qu'ils détèstent .
Ecrit par : GRASSER | 18 mai 2008
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