26 janvier 2008

Le directeur de la police de Paris a été viré

Yannick Blanc, directeur de la police générale à la Préfecture de police de Paris, a été viré la semaine dernière. Il a appris son éviction par courriel, sans explications.

En juillet 2006, il avait déclaré au Monde que la circulaire du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, prise pour mettre fin à l’agitation déclenchée par RESF, allait conduire à régulariser « plusieurs milliers » de familles de clandestins.

Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy avait réagi en déclarant que « tous ceux qui parlent de chiffres aujourd'hui parlent de sujets qu'ils ne connaissent pas ».

Le directeur de la police générale à la Préfecture de police de Paris ne savait pas de quoi il parlait… C’est l’un des nombreux mots historiques de Sarkozy.
Depuis lors, il se savait dans le collimateur.

En outre il contestait (en interne) la politique des objectifs chiffrés d’expulsions, comme il l’explique maintenant : « Il est normal, dans ce domaine comme dans d'autres, de fixer des objectifs chiffrés, dit-il à l’AFP. Mais quand ce chiffre est devenu un enjeu politique, il a suscité des crispations, notamment des institutions judiciaires et des autorités consulaires, et cela est devenu un obstacle à l'efficacité du travail. Les résultats ne sont alors pas à la hauteur. » La PP s'était vu fixer un objectif de 3.680 expulsions pour 2007, et il y en a eu « environ 2.800 ».

Il a dit la vérité, il doit être exécuté.

Commentaires

Il nous font rigoler avec leurs chiffres dérisoires alors qu'il rentre chaque année en France plus de 400 000 immigrés!
De la poudre au yeux Hortefeux...

Ecrit par : deun | 26 janvier 2008

On ne pleurera pas son éviction. C’était de toutes façons un homme du système même s’il a été une victime collatérale des guéguerres internes.

Ecrit par : abad | 26 janvier 2008

En ces temps de discrimination positive, s'appeler "Blanc" relève en plus de la provocation.

Ecrit par : dominique | 26 janvier 2008

Je pense que pour une fois on peut se réjouir de cette éviction.

l'information complète donne en réalité un tout autre aspect à cette affaire. Si les faits rapportés par YD sont exacts, il en manque une partie.

M. Blanc est un ancien du cabinet du ministre de l'Intérieur du gouvernement Jospin, Jean-Pierre Chevènement,

S'il contestait "(en interne)" la politique des objectifs chiffrés d’expulsions, c'était surtout pour entraver cette politique!

La remarque d'YD aurait dû être :
Doit-il être exécuté pour avoir contesté Sarkozy verbalement, ou bien est-il virer pour ne pas vouloir atteindre les objectifs qui lui ont été fixés?
Là est la vraie question !

Et la réponse est claire quand on sait la suite.

Interrogé sur le poids de la mobilisation de RESF (Réseau Education sans Frontières) en faveur des sans-papiers depuis 2006, M. Blanc a estimé que cette action, "comme celle de bien d'autres associations humanitaires et d'élus", a été "l'objet d'un travail constant de sa part", qui lui a permis "d'étudier les dossiers".

"Il nous est arrivé de faire libérer des gens de centres de rétention", a-t-il dit, en soulignant "pratiquer volontiers le dialogue".

En juin 2007, une autre affaire l'avait sans doute desservi. Il avait été placé en garde à vue à l'Inspection générale des services (IGS) dans le cadre d'une information judiciaire sur un trafic présumé de titres de séjour à la préfecture de police...

---------------------------------------------------
Jacques Quastana a été nommé directeur de la police générale à la préfecture de police (PP) de Paris, où il a succédé à M. Blanc, par décret du président de la République du 16 janvier paru le 18 au Journal officiel.

[Oui, je sais lire les dépêches de l'AFP jusqu'au bout. Je n'ai pas cité la suite parce que ça ne me paraît pas du tout déterminant. Evidemment qu'il a "dialogué" avec RESF: c'était son boulot, et ce n'est certainement pas à cause de cela que Sarkozy l'a viré. Car c'est en tenant compte de RESF (donc du "dialogue") qu'il a pris sa circulaire. Qu'auparavant il ait été directeur de cabinet de Chevènement est encore moins déterminant. Enfin, si c'est pour souligner que c'est un homme de gauche, on ne peut pas non plus imaginer que Sarkozy l'ait viré pour cela, alors qu'il prend des gens de gauche dans son gouvernement, que son parti se félicite d'avoir plus de 1000 candidats de gauche sur ses listes, et qu'il est allé spécialement à Pau soutenir une liste UMP dirigée par un socialiste.
Y.D.]

Ecrit par : roland | 26 janvier 2008

@dominique

On peut même se demander s'il n'a pas été expulsé pour cela !

Ecrit par : Eric | 27 janvier 2008

Cher YD

Je pensais que vous auriez pu avoir une dépêche tronquée comme cela arrive fréquemment selon l’origine de celui qui diffuse la dépêche (Je venais justement de vous répondre également sur le sujet « le problème des banques » où l’auteur de la déclaration n’était pas inconnu).

Pour la suite de votre remarque, je n’en conteste pas le raisonnement. Cependant l’attitude de M. Blanc est ambiguë quand on occupe ce poste de directeur de la police. C’est en cela que je me réjouis de sa mutation. Qu’il est été mis au placard par Sarkozy par ce qu’il a contesté ou non, est le fait du prince. Ce n’est pas la première fois et certainement pas la dernière. Vous noterez cependant que l’Humanité de ce dimanche parle de Monsieur Blanc comme d’un "dignitaire "! Ça veut tout dire.

Je me suis aussi intéressé à son remplaçant Jacques Quastana. Son pedigree montre un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, sous-directeur à la sous-direction du conseil juridique et contentieux depuis 2001. Il semble être l’archétype du technocrate faisant partie de la classe supérieure.

Michel Dakar écrit à son propos « Il y a donc une espèce d'individus, une sorte de “peuple élu”, qui est d'essence supérieure, soit la race supérieure, qui a tous les droits, et les autres (les Français). » «C'est important qu'un fonctionnaire d'Etat, M. Quastana, en fasse l'aveu » « M. Jacques Quastana, avoue officiellement que l'Etat français est raciste. » ajoute-t-il encore. (Michel Dakar et l’Appel de Robert Faurisson)

Jacques Quastana semble être un personnage haut en couleur !
Ce Monsieur de 56 ans vient d’être nommé Directeur de la Police… C’est une belle fin de carrière pour un haut fonctionnaire. Il sera à la retraite en 2012 !

Ecrit par : roland | 27 janvier 2008

En ce qui concerne l’affaire de la Société Générale, la dépêche de l’AFP ne dit pas du tout que l’homme qui fait des confidences serait Bader al-Saad. Peut-être avez-vous d’autres informations, mais l’AFP parle d’« un responsable » qui est une autre personne. En outre, on ne voit comment celui qui demande pardon de ne pouvoir rien dire expliquerait ensuite tout ce qu’il pense. Voici le texte :
"Je suis vraiment désolé, mais je ne peux vraiment rien dire, pardon, pardon", implore Bader al-Saad, directeur du fonds souverain koweitien Kuwait Investment Authority (KIA), à qui l'on demande s'il compte renflouer la Société Générale: la banque a annoncé une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros pour les prochains jours.
KIA, qui a annoncé mi-janvier avoir investi 5 milliards de dollars dans les banques américaines Citigroup et Merrill Lynch, apparaît comme l'un des chevaliers blancs de la finance mondiale depuis le début de la crise du crédit immobilier aux Etats-Unis.
Un dirigeant financier explique sa discrétion par le fait qu'il se refuse à jeter la pierre à la Société Générale: "ça pourrait arriver à n'importe qui", confie-t-il.
La mésaventure de l'établissement "ne m'étonne absolument pas", ajoute ce responsable, avertissant que "ce genre de catastrophe va se reproduire et pour des montants encore plus énormes". (...)

Ecrit par : Yves Daoudal | 28 janvier 2008

Ecrire un commentaire